Amb. Mil., I, p
2. M. Orwile W. Mosher en a fait un joli choix, p. 142 et 155. Leur cynisme est parfois apparent, comme le mot qu'il dit de sa mère (Kervyn de Lettenhove, Lettres et Négociations, t. I, p. 239). Louis veut par là savoir ce que les gens pensent. — La reine Marie d'Anjou devait mourir, le 24 novembre 1463. Voir ses legs, Bibl. nat., ms. fr. 20490, fol. 30.
3. Lettres, IL, p. 39. Cf. A. Degut, Louis XI el ses ambassadeurs (Revue historique, 1927).
Pour travailler près de lui, il faut bien le connaître, le deviner, comprendre le double jeu qu’il joue souvent. Il dira plus tard à MM. du Bouchage et de Solliers qu’il ne peut pas leur envoyer des instructions précises. Si les Bourguignons mentent, il faut mentir aussi : « Et vous voyez bien, sanglantes bestes que vous estes, qui ne tient qu’à l’en prier, et n’y adjoustez foy qu'à ce que vous verrez '!. » « J'ay ceste matiere à cueur », répétera-t-il souvent; ou bien : « Faictes en faire justice, du plus grand jusques au plus petit *. »
Louis se renseigne sur tout. Il a des hommes partout. Un domestique part avec un lévrier qu'il présentera à un prince, ou pour chercher un chien ou un oiseau : c’est un agent de liaison ou de renseignements du roi Louis.
Au nombre de ses agents et de ses correspondants, il faut compter les bonnes villes. Louis leur ouvre son cœur; il connaît leurs besoins et leurs aspirations. Il sait comment il convient de parler aux gens fidèles de Tournai, à ses amis de Reims ou de Troyes, à ceux d'Amiens qui sont à la frontière, aux Lyonnais qui sont des commerçants. C’est lui qui établira à Lyon les grandes foires, vaste entreprise de guerre économique dressée contre Genève*. Car après la fin de la guerre de Cent ans, on avait vu la ruine des célèbres foires internationales de Champagne. Le commerce s'était fixé à Genève. L'argent sort alors du royaume au préjudice de la chose publique. Tous les étrangers pourront venir à Lyon; on acceptera toutes les monnaies. Mais aucun Français ne pourra désormais se rendre à Genève. Louis fixe dans cette ville l’important commerce des draps d’or et de soie, qu'il étendra, un peu plus tard, à Tours“. Car Louis agitenvers les bonnes villes en marchand. Il leur demande de l'argent; maisil leur