Ibid., p
peut avoir besoin des renforts italiens dont les bandes s’expatrient si facilement. Jadis Charles, son père, a conquis Savone et Gênes, à grands frais. On n'en fait rien. C'est loin, Gènes. Sforza est l'ennemi de la maison d'Orléans qui a des intérêts en Astesan et des domaines. Peu importe : Louis fera amitié indissoluble avec Francesco, puisqu'il a la plus belle armée d'Italie. Sforza a contraint à la retraite les Orléanais : peu lui en chaut. Louis cédera au duc de Milan tous ses droits sur Savone et Gênes. Il louera les talents de l’ancien condottiere, Francesco, l’usurpateur devenu duc de Milan, et sa prudente tante, Blanche Marie Visconti. Louis l’admire en tout, son cher duc de Milan, son héros. C’est pour la paix de l'Italie : mais c’est aussi pour la sécurité du domaine de France”. |
Charles de France a demandé une Université pour Bourges. Louis approuve?. Il confirme les privilèges d’Abbeville*. Doullens est dépeuplée : c’est parce qu'on n'’entretient plus les maisons. Ordre de les réparer avant six mois, sinon on les mettra en criée‘. Quand il visite Tournai, Louis pense à Arras dont les foires ontété jadis si florissantes. Louis y créera une foire franche annuelle; car de telles foires sont bonnes pour y faire abonder les biens et les richesses ÿ. Et il réglemente la juridiction de l’évêque.
Dans l’été de 1464, le roi est tantôt en Normandie, tantôt en Picardie. Il peut bien être inquiet sur ces deux provinces. Mais Louis est partout. Il prend sous sa sauvegarde les religieux de Notre-Dame de Boulogne-sur-mer’, confirme des privilèges pour les habitants de Verdun dans la sénéchaussée de Toulouse, des coutumes pour l’Albigeois, et de très nom-
1. L'acte est daté d’Abbeville, le 22 décembre 1463 (Ord., XVI, p. 146). Voir uussi les dépêches des ambassadeurs milanais, la mémoire de Pierre Troignon sur les
affaires de Savone (ms. fr. 20490, fol.-5ÿ. — Cierge de 160 1. envoyé à Notre-Damede-l'Annonciade de Florence (Bibl. nat., fr. 325171, fol. 303 v°). 2. Ord., XVI, p. 150. — 3. Ibid., p. 154. — 4. Ibid., p. 157. — 5. Ibid,
p. 167. — 6. Ibid., p. 163. — 7. :Ibid., p. 224. 8. Ibid., p. 226.
breuses villes du Languedoc’. Mais le roi fera payer la taille aux gens nobles ou d’Église lorsqu'ils acquerront des héritages roturiers en Languedoc *?. Privilèges pour Saint-Omer; foires à Luilli en Picardie“. Le roi est curieux de tout! Au mois d'octobre, à Rouen, il découvre le royaume d’Yvetot*, dont la chanson a popularisé la légende. Le premier roi Clotaire, fils de Clovis, a tué le seigneur d'Yvetot. Un certain Guillaume Chani, possesseur du fief, allègue de vieilles franchises données en réparation de ce meurtre. Il était exempt de tailles avant la descente des Anglais. Louis confirme ces privilèges, après avoir fait vérifier « que la dicte terre et seigneurie d’'Yvetot est et a esté, ou temps passé, vulgairement appellée royaume, et qu’elle a esté tenue franche... »
Louis passe à Paris au mois de janvier 1465. Il crée quatre commissaires nouveaux examinateurs au Châtelet. La juridiction est chargée. Les anciens protestent naturellement. Louis a réfléchi à la valeur des cours souveraines distinctes. Le roi précise et confirme l’autorité de la Chambre des comptes’. Le Parlement a pour office de rendre la justice; la Chambre des comptes doit régler les litiges en matière de finances : « Comme tantôt après nostre avenement à la couronne, s’est assavoir ou mois de novembre mil quatre cent soixante et ung, nous considérant que la conduite et police de la chose publique de nostre royaulme, dont nous sommes le chief, consiste principalement en justice et en faict de finances... »
C'est vrai que Louis est un chef. Et si nous examinons quels sont ceux qui travaillèrent, ces années-là, avec lui,
1. Ord., XVI, p. 226, 251-253, — 2. Ibid., p. 268. — A Dieppe, au mois de juin, il reçoit l’ambassadeur de Georges Podiébrad, roi de Bohème. Il lui accorde son alliance, mais avec de sages réserves (U. Legeay, I, p. 369-371).
3. Ord., XVI, p. 250. — 4. Ibid., p. 273, — 5. Ibid., p. 271. — Au mois de juin 1464, Etiennette, femme de Jean Le Tellier, marchand de Rouen, écrit au roi. Louis a pensé marier sa fille à son valet de chambre, Pierre de Lisle. La fille n’entend pas se marier. La Normandie est libre (Bibl. nat., ms. fr. 6960, fol. 635).