Ord., XVI, p. 292. — 7. 26 février, Ord., XVI, p
nous ne trouvons guère que des secrétaires, et quelques commandants d’armées.
Nous voyons Jean Bourré, l’Angevin’, qui est fils d'un bourgeois, a étudié le droit à Paris, le sert depuis le Dauphiné où il a été clerc des Comptes, et l’a suivi à Genappe. Au début du règne, Bourré est toujours « clerc notaire et secrétaire royal », signant les lettres de nominations aux offices. Il paraît que cela rapporte gros. Louis ferme les yeux. Il est bien servi. L'homme est travailleur, fin, rapide, avec des allures de gentilhomme. Qu'est-ce que cela peut bien faire s’il touche par lettres des commissions de cinquante écus comme l’a dit le venimeux Thomas Basin? Jean Bourré est moralement parfait. Il a une vie de famille. Il s'enrichit. Tant mieux, puisque le roi peut puiser dans sa bourse. Et Jean Bourré élève de nobles demeures en Anjou. Il chasse comme un privilégié. Il aime les belles choses, les manuscrits, les tapisseries, les. belles pierres. C'est déjà un seigneur. Louis l’anoblira donc en 1465. Et il lui passera au cou l’ordre royal de saint Michel. Le roi fera de Bourré un ambassadeur puisqu'il connaît ses affaires « plus qüe nul autre ». Jean Bourré fut son maître des Comptes; il demeure son ami. Ainsi un roi agit envers un bon commis. Maintenant, le roi l’appelle « M. du Plessis ».
Et Louis a, en ce temps là, près de lui surtout des secrétaires : Louis Toustain, vieux serviteur, Bardois, Le Prévost, Castel, Tilhart, De Laloere, Rolant. Mais nous pouvons remarquer Étienne de Poysieu, dit Cadorat, si dévoué, dont le frère est archevêque de Vienne; le bailli de Rouen Jean de Montespedon, dit Houaste; Jean de Reïilhac, d'Aigueperse, ancien serviteur de la maison de Bourbon, qui est un bon secrétaire et fait figure d’ambassadeur. Pierre Doriole, fils
1. G. Bricard, Un servileur et compère de Louis XI, Jean Bourré, seigneur du Plessis, 1892; Joseph Vacsen, Calalogue du fonds Bourré (Bibl. de l'École des chartes, t. XLIII, 1882). |