Commynes, I, p
4. Ibid., p. go; Arch. nat., K. 70. On trouvera le texte de l'accord dans les Ordonnances, XVI, p. 378-386. Cf. 394 ; J. Quicherat, Lettres, p. 393, 396; Lenglet du Fresnoy, Preuves, Il, p. 500.
dire sérieusement qu'il entend acquitter une vieille dette de reconnaissance, les frais du sacre. Le duc de Bretagne a gagné son procès d’'Église,la régale. Il a acquis le droit souverain de faire battre l’or, la confirmation du don du comté d'Étampes. Et Jean d'Anjou s’en va avec une décharge d’hommage pour ses châtellenies de Lorraine ‘. Le duc de Bourbon devient lieutenant-général du roi au delà de la Loire®. Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol, qui avait conduit l'avant-garde de l’armée de Charolais, est nommé connétable de France. Dans la grande salle du Palais, devant la table de marbre, il a reçu l'épée de la main du roi et fait le serment; ils se sont baisés sur la bouche, ce qui n’a pas dû leur être agréable. Bourguignons et Bretons entreront dans Paris, mais en ordre et désarmés.
Qui a perdu, qui a gagné? Commynes dit joliment : « II n'y eust jamais de si bonnes nopces qu’i n'en y eust de mal disnés#. » Le roi accompagne Charolais qui se retire dans ses Flandres. On échange de bonnes et sages paroles. Mais Louis se tient sur ses gardes ; et Charolais couche tout armé au milieu des gens du roi qui lui font cortège. Il reçoit les hommages des gens de la Somme, prend possession des villes de Picardie qu’il y a neuf mois le roi avait rachetées pour 4oo 000 écus d’or. Il marque un point. Mais Louis est débarrassé d’une formidable coalition, et il a réservé son armée. Lui aussi peut marquer un point. [Il va répétant : Sapiens nihil invitus facit5ÿ. On a voulu lui imposer un conseil de trentesix réformateurs ! Pas d’atteintes aux droits de la couronne.
1. Ord., XVI, p. 394, 398, 4or, 4o2, 4o8, 411, 428, 4h47, 450. — Guillaume Jouvenel des UÜrsins sera réintégré, le g novembre, dans l'office de chancelier, du consentement de Pierre de Morvillier (J. Quicherat, Lettres, p. 403); le 6 janvier, il touche sa pension de 14 4oo livres (Bibl. nat., ms.fr. 26090, p. 451).
2. Huilhard-Bréholles, 11, p. 346. Lettres de pardon pour lous ceux qui ont pris part aux troubles (Ibid.,p. 350). Dunois est remis en possession de terres confisquées (Bibl. nat., ms. fr. 20488, fol. 107). Il retrouve sa pension.
3. Jean Maupoint, p. 83. è | hk. Commynes, I, p. ao. — 5. Amb. Mil., III, p. 376.
Trente-six réformateurs quand trente à Athènes ont mis l’État en péril’! La bourrasque passera, comme celte pluie sinistre qui tombe lorsqu'on signe à Vincennes le traité *.
Charles de France a gagné Rouen où il fait son entrée comme duc de Normandie; et il se querelle déjà avec le duc de Bretagne au sujet du butin. Ils vont en venir aux mains et se quittent brouillés3. Louis traite à Caen avec le duc de Bretagne et va faire rentrer la Normandie entre ses mains ‘. Autre point pour le roi qui va pouvoir regagner son cher domaine du Centre, après avoir simplement sauvé sa vie et la couronne. Charles se portera avec son armée contre les Liégeois(. Puisque son frère se fait Breton, Louis se fera Bourguignon. À cheval, il passe la revue des troupes qui eussent pu l'emmener captif7. Comme à Genappe, il festoye Charolais®. On eût dit deux frères : « Un seul cœur pour deux corps°?. » Le roi annonce le mariage de sa fille aînée avec Charolais !°.
1. Amb. Mil., IV, p. 71. — Les lettres patentes désignant les réformateurs sont dans Lenglet du Fresnoy, Commynes, Preuves, Il, p. 512-519. Voir le projet de réformation de la justice (Bibl. nat., ms. fr. 20492, fol. 3, 4; ms. fr. 20486, fol. 66).