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les toiles. Louis augmente le nombre des lances d’ordonnances. Metz conquis, il espère obtenir le service de la Ligue d'Allemagne et pousser alors assez avant pour « rogner les ailes du duc de Bourgogne qui l’a grandement offensé ». Le roi, qui vient de rire un instant auparavant, s’est tu. Que voit-il après la conquête de Metz? le Rhin de sa jeunesse? Galéas, il le comblera d’honneurs puisqu'il n’a pu mettre une couronne sur le front de Francesco. Le roi se tait. Que fera-t-on de Charolais, un allié ou un adversaire ?
Ainsi médite Louis au temps où Charolais, l'écervelé, cherchait en France à séduire les villes frontières’, à mater le roi. Mais ses agents ont contracté avec les Liégeois une nouvelle alliance”. La grande cité démocratique, travaillée par l'argent, était en révolte chronique. Charolais, qui venait de châtier Dinant d’une manière barbare, se retourne contre Liégeÿ. Il déploie son armée; et les Liégeois, la veille de la Nativité Notre-Dame, implorent sa pitié. Mais ils n’ont pas baïillé à temps leurs otages. Il y a courte trêve et l’on apporte au roi la nouvelle de la mort de Philippe le Bon. |
Ce fut le 15 juin 1467 : Philippe le Bon avait soixante et onze ans. Le vieux duc était depuis deux ans en enfance, passant ses jours dans une petite chambre où il trempait de vieilles lames, réunissait des débris de vitrages. C'était puéril et touchant. L’apoplexie a frappé le grand sanguin colérique‘. Charolais regarde les lames et les débris : il saura jouer autrement.
1. Archives de la ville d'Amiens, BB. 10, fol. 94, 99. — Avertissement donné à Compiègne d'être sur ses gardes « ct que aucuns entendoient fort la mestre en la main de Mgr de Charolois » (Arch. com. de Compiègne, CC. 13, fol. gr). Agenda de Bourré mentionnant la visile des places pour s'assurer qu'elles sont en état de défense (Bibl. nat., ms. fr. 20490, fol. 16).