Arch. de la Côte-d'Or, B. 1761; Arch. du Nord, B
&. Chastellain, V, p, 227. — Voir la lettre adressée à Lille (Lenglet du Fresnoy, Preuves, II. p. 6o7).
On le croyait dur, l’ennemi du vieux duc. Mais Charolais pleure son père; il tord ses mains dans sa douleur et longtemps il pleure. Alors Charles, duc de Bourgogne, découvre les biens sans nombre laissés par Philippe, tant de bijoux et d’aiguillettes. Aux funérailles magnifiques de Bruges, on découpe quinze cents draps noirs pour le deuil des gens de la maison qui sont si nombreux. Seize cents torches brillent. Le poële est de drap d'or.
Le roi Louis suit tout de loin, des marches de Touraine, les commotions de Gand et de Malines. Voici déjà Charles aux prises avec ses gens de métier, qui veulent leurs franchises et arborent leurs blancs chaperons. Charles est maintenant résolument anglais ?, par son projet de mariage avec la fille du roi Édouard, par la rivalité qui existe entre lui et le roi qui se souvient du Bien public. Louis est furieux du mariage anglais entre Marguerite d’York et Charles : il veut le rompre. S'il négocie, lui, avec les Anglais, c'est pour la paix du royaume. Le roi est inquiet d'ailleurs. Il sait que Charles a convoqué le ban et l’arrière-ban, et qu’il a l'intention de mettre une garnison dans Amiens. Mais Louis déclare aux habitants qu’il n’a jamais eu l'intention de commencer la guerre, « pour les grands maulx et dommages incroyables qui s’en peuvent ensuyr* ».Ilest prêt cependant et passera avec la reine la grande revue de ses montres, trente mille hommes bien armés, entre la porte Saint-Antoine et la porte de Charenton®. Car Louis est l’homme de la paix,
1. Chastellain, V, p. 313. — Charles le Téméruire lui ft part courtoisement et humblement du décès (Lenglet du Fresnoy, Preuves, 11, p. 620).
2. Dès le 3r avril 1466, on verra le roi Louis demander au chancelier le double de l'article ou le texte du traité d'Arras par lequel le duc de Bourgogne s'engageail à ne conclure aucune trêve avec les Anglais sans le consentement du roi (Lettres, HI, p- 79). Voir aussi le mémoire des « entreprises que M. de Charolois et ses officiers ont faites sur les droits du roy et autorité de la couronne ». (Le Grand, Bibl. nat., ams. fr. 6974, fol. 276.)