Ibid., p
9. 1bid., p. 225; cf. G. Forgeo, Jean Balue et les remarques de Godefroy, dans Lenglet du Fresnoy, Preuves, II, p. 624.
est devenu évêque d’Angers, à la place de son bienfaiteur qu'il a fait disgracier. Balue vient d'obtenir le chapeau de cardinal en récompense du zèle mis à abroger la Pragmatique Sanction. Et les ambassadeurs du roi viennent signifier à Charles que, s’il veut lui laisser'les mains libres en Bretagne, Louis le laissera tranquille avec les Liégeois!.
Le connétable prend la parole : « Monseigneur, vous ne choisissez point, car vous prenez tout et voulez faire la guerre à vostre plaisir à noz amys, et nous tenir en repox sans oser courre sus à noz ennemys comme vous faictes aux vostres. Il ne peult se faire : le roy ne le souffriroit point.» Mais Charles de Bourgogne n'est pas un homme à qui l’on peut faire entendre raison. Il a une grosse armée; il réduira le peuple rebelle. Les Liégeois sont exterminés devant Saint- Trond?; Charles va assiéger Liége. Ilentre en grand triomphe dans cette puissante cité où l’on avait jeté aux brasiers des rues de petites figures de cire à la mort de Philippe. Il fait raser les murs de la ville et impose aux Liégeois l'amende. Les métiers perdent leurs droits politiques et leurs monopoles. Et l’on porte devant Charles à Bruxelles les bannières. Le perron, symbole de l'autonomie communale, est transporté sur la place de la Bourse, à Bruges, comme un trophée*.
Mais si Charles est orgueilleux et vindicatif, Louis est impatient. Il entre en Bretagne,prend Champtocé et Ancenis". Les ducs de Normandie et de Bretagne sollicitent les secours de Charles de Bourgogne qui écrit au roi de ne pas poursuivre son entreprise contre ses alliés, des gens qu'il a compris dans sa trêve. Et comme il n'obtient pas de réponse satisfaisante, Charies se porte vers Péronne qu'il vient de
1. Commynes, 1, p. 105. — Louis, comte de Saint-Pol, a renscigné Ie roi sur la prise de Liége (Bibl. nat., ms. fr. 20485, fol. 53).
2. Ibid., p. 109-111; Gachard, Coll. de doc. inéd., 1, p. 170.