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ses amis. Cette « feste » dura huit jours et la ville fut prise un dimanche, le 30 octobre 1468.
Liége n'avait plus d’ailleurs ni murailles, ni portes, ni fossés, ni artillerie. Elle était seulement défendue par quelques valeureux hommes de pied du pays de Franchimont qui, la veille, en perçant des trous dans les maisons, avaient failli enlever et Charles et Louis.
Le roi dut prendre part à l'assaut, si on peut donner ce. uom à l'entrée des Bourguignons dans une ville démantelée.
C'est un dimanche : les gens sont attablés. Le peuple s'enfuit et passe la Meuse, se réfugie dans les églises. Louis. marche à loisir dans les rues et fait taire ceux qui crient : Vive le roi! Charles le conduit jusqu’au Palais. Les églises. sont pillées comme la cité. Louis se met à table avec Charles. Il affecte de montrer une joie qu’il n'avait point ; et il loue même le courage du duc, ce qui peut paraître assez ironique puisqu'il se contenta de tuer de sa main un homme qui était à l'entrée du Palais. Mais dans son cœur Louis n'avait qu'un désir : s’en retourner le plus vite possible en son royaume. Le roi flatte un furieux. Puis ce fut l'exode des pauvres Liégeois qui, mourant de faim, de froid et de sommeil, gagnaient le pays des Ardennes. Un lamentable cortège de femmes et d’enfants?. Et commence l'immense incendie qui devait durer sept semaines.
Le lendemain, le roi quittait Liége et s’entretenait calmement avec Charles. Il n’avait plus rien à faire ici; il désirait aller à Paris, le plus tôt possible, pour faire ratifier leur accord par la cour de Parlement, puisque c’est la coutume de France. Louis laissait entendre que là encore il pourrait servir Charles. L'été prochain, il le retrouverait et
1. Commynes, I, p. 151-158, — Cf. la lettre de Jean de Mazilles, échanson du duc de Bourgogne (Mile Dupont, Commynes, Preuves, III, p. 242), celle de Robert Vion, (Ibid., p. 250), celle d'Antoine de Loisy (Lenglet du Fresnoy, Preuves, III, p. 82) ; Adrien d'Oudenbosch, col. 1338.
2. Commynes, I, p. 164-167. Mile Dupont, Commynes, Preuves, ILE, p. 242-249 ;. H. Pisenne, Hist. de Belgique, IE, p. 287.
passerait un mois avec lui en Bourgogne : on ferait bonne chère!
Tout en murmurant, le duc Charles doit se rendre à ses
raisons. Mais avant le départ de Louis, Charles fit encore
apporter le traité et il le relut. Il voulut y faire insérer de nouvelles clauses en faveur de Messieurs du Lau, d'Urfé et de Poncet de Rivière. Cette requête déplut au roi qui demanda la même faveur pour Messieurs de Nevers et de Croy. Charles, qui les détestait, n’insista pas. |
On prend congé, et le roi quitte Charles sous la conduite de Monseigneur d’Esquerdes et du seigneur d’Émeries, grand bailli de Hainaut !.
Au brasier de Liége répondent les feux de joie, les sonneries de cloches, les Te Deum retardés sur l’ordre de Charles le Téméraire. Ils fêtent dans les Flandres la paix
conclue à Péronne :.