Bibl. nat., ms. fr. 22511, fol. 320Y
2. Ord., XVII, p. 332 ($S octobre) : « Comme pour le bien et utilité de la chose publique, conservation et entretenement de la sustentation de tout le peuple, le faict de la marchandise soit l’une des principales choses et plus nécessaires... »
3. Ibid., p. 339. — 4. Ibid., p. 341. — 5. Ibid., p. 344 (novembre 1470).
6. Ibid., p. 362 (4 janvier 1471). — Sur l'argent indispensable, cf. Lenglet du Fresnoy, Preuves, III, p. 154.
7. Leltres, IV, p. 162. Les comptes des années 1469-1470 attestent un prodigieux travail diplomatique (Bibl. nat., ms. fr. 6768, 6459). — 8. Le 4 octobre, ordre au grand maître de rejoindre Louis, Le duc de Bourgogne veut tenir « termes de roy ou royäulme de France » (Lettres, IV, p. 151).
relle avec l’aide de ses hommes d’armes!. Le roi Louis entendait sagement s'appuyer sur le consentement de la nation, sur les bonnes villes de France, sur les trois États convoqués à Tours?. Autour du roi, étaient réunis tous ceux qui avaient à se plaindre de l’arrogance ou des empiétements de Charles le Téméraire. Il y a là Sicile, le duc de Bourbon, le Marquis du Pont, des gens du Parlement, des grands officiers. Îls reconnaissent la véracité de ses dires. Louis se fait décharger des obligations prises à Péronne puisque Charles n’a pas cessé de conspirerÿ. Ses gros navires ont dû être. retenus dans les havres de la Normandie : ses marins avaient proféré des injures contre le roi, tué et enlevé des gens, bouté le feu. Charles porte la croix rouge et l’ordre de la Jarretière; il a fait connaître aux gens de Calais son amour pour les Anglais; il a rompu la foire d'Anvers... Tous ces outrages, dit Louis, nous les avons tolérés. Car nous ne voulons agir qué par mûre délibération de notre conseil.
Il n'est pas question de déclarer la guerre devant une: assemblée qui compte beaucoup de gens de justice. Mais le roi Louis trouva autre chose qui devait déplaire beaucoup plus à l’orgueilleux duc de Bourgogne : il le fit ajourner par un huissier à comparaître devant le Parlement de Paris! Ainsi, comme il se trouvait dans la ville de Gand et se rendait à la messe, Charles, le grand duc, vit venir l'huissier du Parlement de Paris. Il est si furieux qu il le fait garder plusieurs jours. |
Charles le Téméraire n'était pas prêt. Mais le roi était prêt. Dès'la fin de novembre, il a levé une armée avec des chefs qui sont Louis de Bourbon, Alain d’Albret, le bâtard d’'Armagnac, maréchal de France. Le 4 janvier, Louis dénonce
. Commrynes, t. Ï, p. 177-178.
. Ord., XNII, p. 353; Lenglet du Fresnoy, Preuves, III, p. 68. ‘ Lenglet du Fresnoy, Preuves, J1, p. 145. Cf. La prolestation que Charles le Téméraire adressa au roi René ({bid., p. 148). 4. Lettres, IV, p. 166-168, Ordre au comte de Dammartin de se préparer (en: glet du Fresnoy, Preuves, III, p. 155). Ordre aux trésoriers de retenir la moitié des
l'entreprise de Charles, « soy disant duc de Bourgogne », contre la chose publique, l’allié du «soy disant roy d’Angleterre », Édouard. Ils veulent détruire la maison de France; et Louis demande des prêts aux religieux'. Les Lyonnais envoient de l'artillerie et en fondent?. Bourré devra trouver de l'argent à Paris, n'importe où, dans la « boîte à l'enchanteur* »! | |
Le duc Charles, de son côté s'occupe de réunir une armée. Il ne pouvait croire tout ce qu'on lui rapportait au sujet d'Amiens‘. Il était alors cn Hollande où il voyait ses serviteurs filer, les uns après les autres, auprès de Louis. Au mois de décembre 1470, on vit le connétable entrer dans Saint-Quentin et demander aux habitants le serment de fidélité au roi. |
Alors Charles de Bourgogne comprit que ses affaires allaient bien mal. Il se rend à Doullens; avec quatre ou cinq cents chevaux seulement, il sedirige vers Amiens pour empêcher la ville de tourner.
Le grand maître Antoine de Chabannes est actif. Il a reçu du roi l'ordre de diriger ses troupes vers Roye et Montdidier. Il s'est présenté devant Amiens, le 3r janvier. Le comte de Dammartin a la manière forte; une grande compagnie de gens d'armes et d'archers l’accompagnent. Il veut la ville : les échevins se réunissent pour délibérer. On ira vers
gages des officiers pour entretenir l'armée (/bid., p. 154). Cf. Arch. nat., K. 71, n° 1. — Contribution extraordinaire sur la Ilaute-Auvergne, le 4 janvier (Arch. nat., K. 71, n° 2); sur l'élection d’Alençon et le comté du Perche (Arch. nat., K. 71, n° 4). |
1. Lelires, IV, p. 181-182. — 2, Jbid., p. 182-183. — 3. Ibid., p. 184.
4. Au mois de mars 147r, le roi ratifie les privilèges de la ville et donne aux habi- ‘tants des ressources pour réparer les fortifications et pour les besoins du commerce (Ord., XVII, p. 4ot). ‘
5. Lettres, IV, p. 185. Exemption de toute imposition foraine pour les loyaux habi- lunts de Saint-Quentin (Ord., XVII, p. 365, 16 janvier 1471). Les étrangers auront le droit de s'y établir, puisque c'est une voie de commerce ({bid., p.378). Rémission générale pour les habitants (/bid., p. 369). — Payement aux habitants de Saint-Quentin qui ont eu des frais à la reddition de la ville (Bibl. nat,, ms. fr. 32511, fol. 314).
6. Lelires, IV, p. 18+; Arch. de la ville d'Amiens, BB. 11, fol. 14,
la porte de Beauvais pour savoir ce qu’il exige. Et Chabannes leur dit simplement qu’il était venu de par le roi afin que la ville lui fit obéissance, comme à son souverain et naturel seigneur, et que si les habitants d'Amiens la refusaient, il procéderait si rigoureusement « que la ville en seroit destruite, et en seroit à toujours mémoire perpétuele ». Ges rigueurs répugnaient à M. ie grand maître « pour l’amour du bon peuple de ladite ville ». Philippe de Morvillier a causé avec le maire. Le lendemain, les Français entraient dans Amiens et, le jour de Notre Dame, tout le peuple se rendait à la cathédrale en chantant le Te Deum. On fait le serment au roi aux cris de « Noël! ».
Alors Louis écrit à Chabannes : « Je loue Dieu et Nostre Dame, et congnoiz le bon service que vous m'avez fait. » Le roi est toujours à Compiègne ‘. Il emprunte de l'argent, fait chercher des pionniers en Bretagne, et accorde des privilèges à Saint-Quentin *. De Noyon, le roi stimule maintenant ses chefs et ses gens. Le duc de Bourgogne marche dans la direction de Corbie, à ce que croit Louis. Le roi est furieux après Dammartin qui à agi en « hardi merdoux » en faisant passer la Somme à ses gens. Si le duc s’installe au Mont Saint-Quentin de Péronne « je ne l’eslongneray de cestan ‘ ». Qu'on le tienne au courant de tout.
Charles de Bourgogne n'avait pas osé se loger dans la ville d'Amiens. Cela avait donné du cœur aux habitants. Les gens du roi sont dans la place‘ et les échevins rangent dans leurs coffres leurs nouveaux privilèges.
Le duc de Bourgogne se retire alors sous Arras. Puis il reprend sa marche vers la Somme, s’arrêtant vers Picquigny, où il délibère de passer la rivière sur un pont. Il y eut une escarmouche favorable au duc Charles qui repoussa les
1. Lettres, IV, p. 190.— 2.1bid., p. 195. — 3. Ibid., p. 199. — 4. 1bid., p. 2or. 5. Ibid., p. 203. | 6. Voir la relation publiée par Mile Dupont, Commynes, IT], p. 272; Arch. de la ville d'Amiens, BB. 11, fol. 5. |
francs-archers de la ville courant sur lui, et il s'empara du château. Charles de Bourgogne s'approche alors d'Amiens et reste environ six semaines devant la cité. La ville était défendue par les francs-archers du roi et par le connétable. Tristan l'Ermite est là, l’actif et juste prévôt des maréchaux, qui veille au logis des troupes, au prix raisonnable du vin. Cette belle place, que l'on répare en hôte, il ne faut pas la perdre’. Et Charles de France va joindre ses forces à celles. de son frère : « Ce sera la fin des Bourgongnons*.» L'amiral tient bon dans Roye*. Si les Bourguignons approchent, le roi lui conseille des sorties de nuit : « Car je les congnois bien et me semble que vous y besongnerez mieulx que
autrement. »
À Beauvais, le roi fait porter les longues lances ferrées. fabriquées à Orléans *. | |
Le roi Louis était toujours à Beauvais, et il ne semblait pas montrer un grand désir de livrer bataille. Il n’aimait pas ces combats où l’on risque si gros. Ce n’était pas dans la Somme d'ailleurs que Louis devait trouver un avantage sérieux, mais en Bourgogne où son armée infligea aux Bourguignons une grave défaite dans le Mâconnais . Une trêve survint, une trêve de trois mois « pour tousjours mectre Dieu devers nous, et essaier, s’il est possible, réduyre la matiere à bonne conclusion, sans effusion de sang humain°».
Le roi, qui a fait ses Pâques à Amiens, le 14 avril 1471 réside à Ham chez le connétable, en mai et en juin‘.
1. Lettres, IV, p. 352. — 2. Ibid., p. 207. — 3. Ibid., p. 208.
4h. Ibid., p. 210. — 5. Commynes, I, p. 190.