‹ Louis XI. Tome second: Le roiChapitre 92 sur 289 · Ibid,, p · texte numérisé non relu

Ibid,, p

14. 4 juin 1472 (Deux-Sèvres, arr. de Melle).— Au mois d'octobre, Louis concédera des privilèges à Notre-Dame de Celles. Il rappelle sa singulière dévotion au monastère fondé en l'honneur de la Vierge « pour la prospérité de nous, nostre royaume, et de

sur l’Anjou qu'il a tant convoité. Le roi arrive, le 18, aux Ponts-de-Cé et à Angers, d’où il va expédier tant d'ordres vers la Picardie; et c'est de Béhuard qu'est datée la lettre de provision d'office de chancelier de France pour Pierre Doriole, général des finances.

Pierre Doriole est le fils d’un maire de la Rochelle. C’est un homme d’uneintelligence aiguë.Ila d'abord servi très fidèlement Charles VII comme maître des comptes ; pour Louis, Doriole a rempli des ambassades en Castille, jugé l'affaire de l'évêché de Nantes, inspiré à la duchesse de Savoie la politique qu'elle dut suivre, recueilli de l'argent pour le rachat des villes de la Somme. Doriole a trahi le roi en 1465, et fut un moment général des finances de Charles de France. Il est passé à la cour de Bretagne! Voilà l'homme dont Louis va maintenant se servir et qui succède à Guillaume Jouvenel des Ursins. Peut-être Louis préfère-t-il qu'il en soit ainsi :carilsait sur lui des secrets, et peut toujours le destituer ou le faire arrêter comme un traîlre. Pierre Doriole a instruit le procès de Balue, et il s'est emparé de sa bibliothèque. Il fera par la suite tant d’autres procès! Le roi réclame partout son général des finances, le charge de nombreuses chevauchées. Aujourd’hui Pierre Doriole est son chancelier, puisqu'il sait tant de choses du royaume".

. Au mois de mai 1472, la puissante armée de Charles de Bourgognese tenait rassemblée sous Arras.C'était la plus belle qu'il ait jamais eue : 1200 lances d'ordonnance comptant trois archers pour un homme d'armes ?. Le connétable veille

nostre très chier et très amé fils Charles, Daulphin de Viennoys et de noz autres enfants » (Ord., XVII, p. 543). | |

1. Ord.,XNII, p.516 ; Bibl. nat., ms. fr. 325 re, fol. 327. Cf. Feugère des Forts, op. cil.

2. Commynes, I, p. 229. — Au mois de mai l’ordre est donné à Guyot Pot, gouverneur du comté de Blois, de faire convoquer le ban et l'arrière-ban pour s'opposer aux cutreprises du duc de Bourgogne (Arch. nut., K. 71, n° 19). — La Normandie est mise en défense contre une invasion possible du duc de Bourgogne (Bibl. nat., ms. fr. 20 489, fol. 14).

sur les frontières de Picardie, et il réclame la présence du grand maître. Louis lui donne l’ordre de se rendre à Senlis, où lui-mêmele rejoindra au retour de son voyage en Poitou”. Charles descend vers Nesles-en-Vermandois; et, pour la première fois en France, il commence à mettre le feu partout où il passe. Nesles, dont les murailles avaient été démantelées, cest prise. Ses défenseurs sont pendus sans pitié, ou bien on leur coupe les deux poings. Ainsi se venge, inhumainement, le duc Charles de la perte d'Amiens et de Saint- Quentin*?. Le roi Louis s’indigne“. Il écrit au grand maitre : « Si vous povez trouver moien de lui faire le cas pareil en son pays, vous le faites, et partout ou pourrez sans y riens cspargner.J'ay bien esperance que Dieu nous aydera à nous en venger, atendu le meurtre qu'il a fait faire, tant dedens l'église que ailleurs... Se ladite place eust été abatue et rasée, comme j'avoie ordonné, il n’en fust pas ainsi avenu. » Louis donne l’ordre de démanteler Noyon, d'occuper fortement Compiègne. Il s'étonne que les garnisons d'Amiens et de Saint- Quentin n'aient pas tenu la campagne pour harceler les Bourguignons *.

Mais sur ces entrefaites meurt le duc de Guyenne.

C'est en ce temps-là la guerre des calomnies. Charles de Bourgogne accuse Louis de cette mort et se montre exaspéré. Il veut venger la mort de Charles de France, « destitué de sa duché de Guyenne, mais aussi de sa vie, piteusement, ‘par poison, maléfices, sortilèges et invocations diaboliques ».

Louis met dans sa main les places de son frère.

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