‹ Louis XIII et RichelieuChapitre 108 sur 137 · MORT DE RICHELIEU · texte numérisé non relu

MORT DE RICHELIEU

entraine vers la tombe, la vie se déroule tout entière en un instant, et, au moment de disparaître, on embrasse d'un seul coup d'œil tous les actes de son existence. Ce grand génie vit-il alors l'image des échafauds qu'il avait fait dresser? Regretta-t-il sa politique implacable, sa sévérité sanglante? Maudit-il cette main de fer qui avait courbé sous le joug les plus hautes têtes? Non, car jamais son regard n'est demeuré plus calme et son visage plus tranquille*. Il dut contempler l'œuvre accomplie et remercier Dieu de lui avoir donné le temps de l'achever. Il dut j sans forfanterie et avec un légitime orgueil, revoir la France agrandie et forte, un pouvoir central solidement établi, la bourgeoisie substituée déjà à la noblesse, l'Espagnol vaincu, la Lorraine et la Savoie annulées, le Portugal séparé de TEspagne, la CataT logne conquise. Il s'humilia, mais seulement comme un chrétien plein de foi qui va comparaître devant son juge.

Vers midi, au moment où le Père Léon paraphrase Vin manus tuas, Domine, un premier hoquet se fait entendre*. On croit que c'est la fin. Mais le maladç s'étant agité, le carme reprend l'invocation dernière. Aussitôt un second hoquet très-faible, presque un soupir, annonce que cette grande âme a rompu ses liens.

passa, dans Topinion des plus habiles anatomistes, pour un prodige de nature et comme une cause nécessaiire de cette force de jugement extraordinaire que l'on avait admirée en sa conduite. » On voit par là que Vanatomie était alors dans le même état d'iDfériorité que la médecine.

■ Journal de ce qui s'est fait et passé » etc^ pp. 6 et 7.

* Idem et Béeit ae ce qui s'est passé, etc., t. 300, v*.

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