‹ Louis XIII et RichelieuChapitre 107 sur 137 · LA CRISE MORTELLE · texte numérisé non relu

LA CRISE MORTELLE

moi et à cette compagnie que vous êtes en un véritable repentir de tous les péchés et infidélités de votre vie passée, serrez-moi la main. » Richelieu la lai serre fortement et à plusieurs reprises ^

Pendant que se poursuit l'entretien suprême entre le carme et le cardinal, Fun exhortant le moribond, Tautre répondant par signes, l'évêqùe de Chartres, debout au milieu des assistants agenouillés, récite les prières des agonisants. A ce moment le spectacle est vraiment sublime. La voix monotone et grave de i'évêque est couverte par les sanglots de l'assemblée Non-seulement la chambre du malade, mais les pièces avoisinantes sont envahies et obstruées. Partout des cris, des larmes^ le désespoir. Seul le mourant reste calme. Il s'efforce seulement de suppléer par le regard et le geste à la voix qui lui manque. Sa tête allongée et merveilleusement fine continue à avoir cette double expression de distinction et d'énergie qui la caractérise. Son visage toujours altier ne porte aucun signe avant-coureur de la mort. Sa bouche ne grimace pas ; son menton, que prolonge une royale, n'est nullement déformé ; son regard, encore expressif, se porte tour à tour vers les assistants et vers le cieli A ce moment suprême, lorsque le cerveau demeure intact comme il est demeuré chez Richelieu ', et que c'est le reste du corps qui

,. * Journal de ce qui ê'eat fait et pané, etc., p. 5.

• On tit rautoi>8ie de Richelieu, et on lui trouva le poumon gâté et deux abcès dans la poitrine, mais le cerveau en excellent état. C'est, sans doate, ce qui fut l'origine de ce bruit populaire et absurde que rapporta Aaberi dans son histoire, et selon lequel «< on aurait constaté ches le cardinal des organes de Tentendement doubles et triples, ce qui, ajoute le aalf écrivain.

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