BIENVEILLANCE DU ROI
père, celui-ci lui demanda comment il s'appelait maintenant. « Louis XIV, » répondit l'enfant avec naïveté. « Pas encore, » dit le roi en souriant*.
A partir de ce moment, et si vives que fussent ses souffrances physiques, une complète quiétude d'esprit se remarqua chez le malade. Sa bienveillance et sa bonté parurent encore accrues*. Il y avait eu en lui un grand allégement. Ce prince, qui dès le premier jour avait placé si haut le sentiment de la responsabilité royale, se sentait désormais affranchi du lourd fardeau de la couronne. Il voyait accomplis tous ses devoirs de souverain; il croyait avoir assuré la tranquille transmission du trône et rendu incontesté le gouvernement de la régente. Son rôle de roi était terminée II pouvait se consacrer tout entier à son salut. Dès lors il n'y eut plus dans son esprit d'antagonisme -douloureux entre les sentiments de l'homme et les devoirs du roi. Il put céder sans scrupule à son penchant d'indulgence et de douceur. L'homme excellent, le fils repentant, l'époux dévoué se retrouvèrent en lui. Louis, débarrassé de la couronne, manda ceux que, comme roi, il s'était vu contraint de frapper. Il témoigna à plusieurs reprises, et publiquement, de vifs regrets pour les rigueurs exercées contre Marie de Médicis, et il se plaignit d'avoir été obligé d'entreprendre tant de guerres*. Cessant de voir dans Anne d'Autriche l'Es-
* Mémairei de Monglat, p. 136, col. 2.
* L'idée d'une belle mùrt, etc., p. 15.
* Néanmoins le roi fit, le 8 mai, une déclaration sopplémentaire par laquelle le dnc de Longueville fut adjoint aux membres da conseil de régence.
* L'idée d'une belle mort^ etc„ pp. 16 et 17.