MORT DE LOUIS XIII
suprême. Tour à tour chacun des prêtres jette Teau bénite sur le corps; puis, selon Tusage*, la musique de la chapelle royale vient se ranger autour du lit et chanter en chœur le De profundis,
t Mémoires de ilf >'« de Montpensier, p. 20. Louis XIII était mort dans la quarante-deuxième année de son âge, le même jour du mois de mai- et presque à la même heure que trente-trois ans auparavant était mort Henri IV. Voici le procès-verbal de l'autopsie de Louis XIII. Il n'a pas encore été publié. Il est tiré du fonds Dupuy, t. 672, fol. 206 : « Les tégumens tant communs que particuliers émaciéz et consumez. Les Intestins grêles boursouflez et olarards, naçeans dans une sanie séreuse, épaisse au fonds et cendrée. La face extérieure du foye roux pasle et comme s'il avoit esté bouilly. Dans la capacité de l'estomac un ver aemy pied de long et de la grosseur d'un lacet avec plusieurs petits flottans sur une quantité d'humeurs brun et noir dit atrabilaire. Le fond de l'estomac effleuré et marqueté par la rigueur des vers environ la grandeur de la paulme de la main. Le premier boyau gresle dit duodénum continue à l'estomac d'une grosseur extraordinaire surpassant la naturelle de quatre fois davantage qu il ne doibt estre et plein d^humeur jaune brun, bile poiracée. Le deuxième dit jéjunum fort plein de semblable matière et bien enflé. I^ troisième iléon plein de mesme humeur mais un peu moins. Le caecum, qui est le quatrième des boyaux et des gros ulcéré et plein de mesme matière, mais plus épaisse et meslée de sanie. Le suivant, dit colon érodé, et despouillé jusqu'au delà de la tunique intérieure et charnue. Le dernier dit rectum percé joignant le colon en son commencement par érosion d'uu pus verdastre et ulcéré comme l'autre jusques a l'anus. Au milieu d'icelui quelque sang caillé. Le trou fait audit boyau par Vérosion étoit de candeur à passer le tuyau d'une grosse plume d oye. Le pus qui en découloit avoit remply toute la capacité de l'hypogastre dit lo petit ventre et au delà. Un fort grand ulcère au bas mésentère ou mecolon
aul marquoit quel avoit esté l'abcéz d'où tant de matière sortoit. Au rein roit une petite vomique de la grosseur d'une noisette pleine d'une humenr noiraetre épaisse et huileuse. La partie cave du foye desviée de sa tunique et toute la substance sy aride qu elle sembloit estre bouilly, se séparant soubs les doigts et n' avoit aucun sang ni humeur. 8a flgure fort grande, la vessie de flel presque vuide et ce quil y avoit de bile estoit fort jaune et fort eapais. La rate fort petite et fort ronde. Les poulmons fort grands dont le droit adhérent un peu par le hault et coupé rendant une sanie au travers de la substance comme par une éponge pressée. Le gauche fort adhérent et ulcéré vers la partie supérieure avec grande déperdition de substance a placer un œuf et plein de sanie. La grandeur du cœur médiocre, la subs tance peu flestrie, et dans Taureille droite, à l'issue de la veine cave, un(
apparence de chair glanduleuse ressemblant à une fagoue quy n'estoit qu un sang espais et blanchi par une intempérie habituelle. »