‹ Louis XIII et RichelieuChapitre 129 sur 137 · MORT DE LOUIS XIII · texte numérisé non relu

MORT DE LOUIS XIII

la tenant serrée dans ses bras et versant avec elle d'abondantes larmes. Il fait ensuite approcher le Dauphin et le duc d'Anjou qu'il béait en pleurant. Puis il appelle son frëre, le prince de Gondé, plusieurs maréchaux, et enfin ses valets de chambre, qu'il remercie de leurs soins et à chacun desquels il presse les mains. Se tournant alors vers l'évéque de Meaux : « Il faudra bientôt, lui dit^il, lire les prières de l'agonie. Je les ai toutes. marquées dans le livre que vous tenez. » On allume les cierges, et le prélat commence ces exhortations admirables par lesquelles l'Église encourage et fortifie le chrétien dans le passage de la vie à l'éternité. Sur la funèbre nouvelle, la chambre royale s'est à peu près remplie. Les princes, lés ducs et pairs, les chevaliers de l'ordre, les évêques sont accourus, et en &i grand nombre que l'air manque absolument autour du lit. Un des valets de chambre, se sentant suffoqué, n'évite un évanouissement qu'en jetant sur son visage l'eau du bénitier qu'il porte à la main^ Gaston et le prince de Coudé entraînent de force la reine et ses deux enfants. L'œuvre de destruction s'accomplit. Le roi, dont le dernier mot a été in manus tuas^ domine^ commendo spiritum^ n'entend et ne voit plus. Succès* sivement ses jambes, ses bras se glacent et restent immobiles. Quelques hoquets entendus à d'asseï longs intervalles révèlent seuls la lutte persistante. Enfin, à deux heures trois quarts, un spasme, que suit une immobilité absolue, indique le déchirement

I Relation de Dabois.

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