‹ Louis XIII et RichelieuChapitre 133 sur 137 · LOUIS XIII DANS LA RÉMJTÉ · texte numérisé non relu

LOUIS XIII DANS LA RÉMJTÉ

Pour cela il à suffi de rechercher rinstinct domU nant de Louis XIII. Cet instinct dominant a été la passion du bien de TÉtat et de .la grandeur de la cou« ronne. Cette passion s'est souvent heurtée contre les inclinations de Thomme ; mais elle a toujours prévalu. Il y a eu entre les sentiments du fils, de Tépoux, du frère, de Tami et les devoirs du souverain de fréquents et douloureux antagonismes. Mais la lutte a déchiré le cœur du monarque sans se manifester jamais au dehors. Elle n'a laissé de traces visibles que sur le visage mélancolique et souffreteux d'un roi dont les itnmolations étaient intérieures et qui n'a jamais fait parade de son dévouement à la chose publique. Il agissait sans ostentation; il donnait son opinion avec rései*ve; mais les avis qu'il donnait étaient toujours éclairés ; il écoutait plus qu'il ne parlait ; il laissait voloutiers à autrui le rôle prépondérant parce qu'il lui importait peu de savoir qui paraîtrait contribuer le plus à atteindre le but, pourvu que le but fût atteint. Quant à Topinion de la postérité, il la négligeait autant que Richelieu mettait de soin à se la rendre favorable. Il subordonnait si complètement au bien de l'État l'intérêt de sa personne, que non-seulement il n'a jamais été jaloux du cardinal (ses lettres le prouvent), mais encore il n'a pas pu l'être. Il plaçait d'ailleurs trop haut la dignité de la couronne pour qu'il ait pu concevoir de l'envie à l'égard de celui dans lequel il voyait, et qui s'est toujours contenté d'être le premier de ses sujets. Entre ces deux esprits inégalement doués, mais également

Page 1