‹ Louis XIII et RichelieuChapitre 2 sur 137 · DIDIER · texte numérisé non relu

DIDIER

Cou frança son ex vœu d' occupe rhumi injuste ont en Louis rieux c et quC; Rîchel] minist] admir£

C'est celle entreprise, qu'ils se sont contenlés d'indiquer sans vouloir l'exécuter, peut-être faute de preuves matérielles, c'est cette entreprise, impérieusement réclamée par la vérité jusqu'à ce jour méconnue, qui est l'objet de ce livre. Déjà la log^ique nous interdisait jusqu'à un certain point de voir en Louis XIII l'esclave couronné de Richelieu. Le prestige royal était alors trop éclatant, l'autorité de la couronne était alors trop incontestée, pour qu'un roi de France fût réduit à conserver durant dix-huit années, et à protég-er, contre l'animadversion de tous, un ministre qu'il aurait détesté. D'autre part, une étude approfondie du caractère de Louis XIII, et de sa vie tout entière, depuis le berceau jusqu'à la mort, permettait d'éclairer d'un jour nouveau les actes de ce prince, et autorisait à lui restituer le rôle vraiment considérable qu'il a joué. Enfin plus de deux cents lettres inédites trouvées par nous aux archives des affaires étrang-ères, toutes écrites à Kiclielieu de la main mi'me du roi, et révélant le plus souvent une participation dii-ccte et inlellig-ente

•sei afl î n

ïsp )oqi

an:; 3ri ms

•ur 1 ri

la j

lei léfi

— vin —

oyons dans l'autre un collaborateur incessant, actif, intelligent, autant qu'un ami sincère de son ministre. Esprits inégaux, mais également dévoués à la chose publique, ils ont uni leurs efforts pour atteindre le même but, et, loin d'être un obstacle au cardinal, Louis XIII a été son plus utile auxiliaire.

Il n'est que deux façons de mettre en œuvre les documents. Ou bien on les reproduit textuellement, en les accompagnant de commentaires; on enchâsse alors chacune des pièces dans des exposés historiques qui les éclairent, et permettent au lecteur de tout comprendre, et de ne rien ignorer de ce qu*il a intérêt à connaître. Ou bien on se borne à en faire le fond du récit dont ils sont la base autant que la preuve.

Nous avons, dans ce livre, adopté tour à tour ces deux méthodes. Les lettres inédites, données dans la seconde partie de cet ouvrage, sont encadrées dans des résumés historiques, qui, pour la plupart, conduisent le lecteur d'une

lettre à une autre, et dans lesquels sont passés en revue les principaux événements du règne.

Par là l'intérêt des documents est accru, et, mis à leur place véritable, ils acquièrent leur signification réelle et toute leur valeur.

Au contraire, dans la première partie du livre, destinée à l'étude du caractère de Louis XIII , et dans la troisième, consacrée aux derniers mois du roi et du ministre, un récit continu nous a paru préférable. Tout entier construit à l'aide de documents authentiques, ce récit n'est pas moins exact que les commentaires historiques qui remplissent la seconde partie, mais la vie peut y circuler plus librement. L'histoire ne comporte pas seulement une exactitude toute sèche. Un récit peut être à la fois véridique et animé. Quand l'historien a prolonge assez consciencieusement ses recherches pour tout connaître de ce qui a été, il a le droit de le compléter par ce qui a dû être, à la condition toutefois de puiser seulement dans les sources autorisées les éléments dont l'imag-ination de l'écrivain

fera jaillir la vie. Il va sans dire que nous parlons ici non pas de l'ima^nation qui crée, mais de l'imagination qui évoque, voit et reproduit une scène dans toute sa réalité. Connaître les événements est bien ; mais s'efforcer de les faire revivre de la vie que le cerveau de l'écrivain leur restitue, est mieux. De ce que l'ima^nation, livrée à elle-même, conduirait à de funestes écarts, il ne s'ensuit pas qu'on doive la proscrire. L'histoire est un drame oij l'art met en œuvre et anime les matériaux judicieusement choisis, patiemment accumulés par la science.

En terminant cet avant-propos, c'est pour nous un devoir, autant qu'un plaisir, de remercler les archivistes de nos divers dépôts. Partout d'une obligeance affable et empressée, ils savent mettre leurs trésors à la disposition de tous, et, s'ils on jouissent avec les mêmes délices que l'avare, ils font volontiers participer autrui à leurs jouissances. Nous adressons

aussi nos remercîments à notre collaborateur, M. Pierre Bertrand, qui a mis le dévouement le plus intellig-ent à la recherche des documents nombreux et variés sur lesquels est établie chacune de nos affirmations.

Mabius TOPIN.

le 24 décembre 187S.

Page 1