‹ Louis XIII et RichelieuChapitre 21 sur 137 · PORTRAIT DE LOUIS XIII · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE LOUIS XIII

était exposée la cause de la royauté, qui était alors la cause de la nationalité française, et il confondit le culte de cette royauté, que Louis XIV devait pousser jusqu'à la superstition, avec son amour du bien public. Il s'effaça beaucoup et parut accepter souvent le second rôle. On a dit que ce fut par faiblesse et par le juste sentiment de son infériorité. Que Louis XIII ait été inférieur à Richelieu, c'est incontestable. Qu'il l'ait reconnu, nous le croyons d'autant plus que nous tendons à prouver la vive affection, la profonde admiration du roi pour son grand ministre. Mais ne peut-on pas trouver une autre cause de cet effacement volontaire dans la nécessité où se trouvait Louis XIII de placer la royauté hors de toute atteinte ? Les favoris qui se succédèrent au pouvoir furent tous abhorrés de leurs contemporains. Luynes comme Concini, Mazarin comme Richelieu, moururent exécrés, tandis qu'au-dessus de leur mémoire détestée s'élevait révérée et de plus en plus inattaquable l'autorité royale. Louis XIII suivit la politique nationale de ses ministres ; mais, en retour, ceux-ci prirent pour eux seuls le lourd fardeau de la haine publique. Henri IV a été l'objet de plusieurs tentatives d'assassinat, La personne de Louis XIII a été toujours écartée des divers complots de son règne. Il a obtenu et mérité de ses contemporains

Montglat. Voulez-vous lui faire dire que vous lui baisez les pieds? — Non, répond le prince. — Et la mule ? — Non, pas davantage. » Un autre jour^ en 1614, on dit devant lui que le cardinal de Joyeuse est le doyen des cardi-

naux et que c'est une qualité de telle prééminence, que si Sa Majesté était à Rome, il la précéderait. « Le roi, après avoir un peu ruminé et branlant la tête, raconte Héroard, dit : Nous sommes en France. A Rome comme à Rome. »

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