LOUIS XIII ET SES CONTEMPOIIAIWS
reur comme la vérité à s'enfouir dans des mémoires, dans des récits, dans des lettres dont la plupart étaient publiées soit à l'étranger, d'où elles pénétraient malaisément en France, soit en France, mais très- longtemps après qu'avaient disparu les accusateurs et les accusés. Combien d'idées fausses, combien de jugements erronés ne seraient pas parvenus jusqu'à noua, avec leurs funestes effets, s'ils avaient été immédiatement soumis à l'épreuve souveraine de la contradiction I Aujourd'hui la parole est à la défense au moment même où se produit l'accusation ; les apologies accompagnent presque toujours' les diatribes, et le droit de tout attaquer est corrigé par le droit de tout défendre. Autrefois l'opinion publique, comprimée, était ce qui ne se disait pas, mais ce qui s'écrivait dans do longs, dans d'amers réquisitoires, que l'histoire accueille trop souvent avec une confiance imméritée.
Louis XIII a été une des victimes les plus maltraitées dans ces souvenirs, qui sont le plus fréquemment une revanche du silence imposé dans le cours de la vie, revanche prise par l'écrivain qui fait la postérité conlidente de ses injustes plaintes. Louis XIII n'avait pas le caractère ouvert, le visage sympathique, le sourire attachant de son père ; il n'eut pas non plus ce cortège de grands hommes qui devait célébrer la gloire de son fds. Son aspect était austère et grave, sa personne un peu sévère, et il n'eut auprès de lui qu'un seul véritablement grand homme, Richelieu, mais qui fut aussi le plus impopulaire ;