‹ Louis XIII et RichelieuChapitre 25 sur 137 · LA COUR DE LOUIS XIII · texte numérisé non relu

LA COUR DE LOUIS XIII

car même le despotisme nécessaire, même le despotisme que justifient de ^ands résultats à obtenir, n'est sainement apprécié et compris qu'à une cer«taine distance. La postérité néglige les moyens passagers, pour voir seulement Toeuvre durable. Les contemporains, au contraire, ne jugent d'ordinaire le despotisme que par les coups rigoureux qu'il porte ) et, se refusant à admirer la grandeur du but poursuivi, considèrent uniquement la voie choisie pour l'atteindre.

Louis XIII n'a donc pu rendre très-sympathique ni sa personner, naturellement froide et réservée, ni son règne, vide de grands génies, à l'exception d'un premier ministre exécré par ses contemporains. L'amour, qui avait fait les délices de la cour de François P' et l'animation grossière autant que bruyante de celle d'Henri IV; l'amour, qui devait embellir, quoique d'un ton plus majestueux, la cour de Louis XIY, s'éclipsa, effarouché, durant le règne do celui qui sut rester fidèle à ses devoirs d'époux, bien qu'aimant assez peu la reine. Sauf dans l'entourage intime de celle-ci, oti l'on devisait encore des choses de la galanterie, mais en secret et en se garantissant contre les indiscrets, l'aspect général de la coui" était glacial, dépourvu de vie, de lumière, de grâce. Pour faire disparaître la licence du règne précédent, on était allé jusqu'à la sécheresse. On se maintenait dans l'exécution méthodique d'un cérémonial rigoureux, dans l'observation ponctuelle de la règle. Comme il arrive presque toujours, on était tombé

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