JOURNÉE DES DUPES
Richelieu adresse un Mémoire au roi sur la détention du comte de Cramail, et nous y trouvons cette phrase significative par le nom de celui qui devait le premier la lire : « Ce fut lui (le comte de Cramail), qui donna les conseils les plus violents à la journée des Dupes, et, entre autres. Votre Majesté ayant mené à Versailles le cardinal avec elle, il conseilla plusieuris fois à la reine d'y aller pour y faire un vacarme, et, armé de l'autorité de mère, tâcher de l'en tirer par violence*. »
En appelant Richelieu à Versailles, Louis XIII avait donné une nouvelle preuve de l'énergie de son caractère et de la constance de son affection. Il venait de rompre une fois de plus avec ceux qui voulaient ramener la France à la politique de Concini ; il venait de se maintenir avec éclat dans la glorieuse voie de son père, dans celle que suivront après lui Miusarin et Louis XIV. C'est la journée du 10 no*vembre 1630 et non celle du 11 que l'histoire aurait dû nommer la journée des Dupes^ taï c'est le 10 novembre que le roi a fait donner l'ordre à Richelieu de le suivre à Versailles. Quoi qti^il en soitj cette journée compte parmi celles qui honorent le plus Louis XIIL
Mais Marie de Médicis ne se tint paà encot^e pôùi* vaincue. Cette princesse, qui, à force de persistance dans ses désirs et d'habileté insidieuse poui? les faire triompher, avait fini par entraîner la volonté hési= tante d'Henri IV et par le déterminer à la cérémonie
» Papiers d'État et lettres de Richelieu, t. V, p. 331.