INTRIGUES DE MARIE DE MÉDIGI
du sacre qu'il refusa d'abord, cette princesse qui avait régné d'une façon absolue pendant la minorité de Louis XIII et espéré conserver le pouvoir tant qu'elle vivrait, recourut, pour le ressaisir, après la journée des Dupes, à ses moyens ordinaires. La violence ayant échoué, elle revint à rintrigue. La femme délaissée et profondément irritée avait un moment dominé en elle Tltalienne cauteleuse. Celle-ci prit bientôt sa revanche.
Le roi avait réconcilié son frère et Richelieu, entre lesquels il avait ménagé une entrevue qui fut de part et d'autre des plus cordiales ^ Mais on sait le fond que l'on pouvait faire sur Gaston d'Orléans. Plein d'esprit comme son père, dissimulé comme sa mère, mais n'ayant ni la finesse de celle-ci, ni la bravoure d'Henri IV; faible et irrésolu; aussi disposé à s'humilier devant ses ennemis qu'à être infidèle à ses amis qu'il a toujours abandonnés au moment du danger, entrant dans toutes les conspirations parce qu'il était incapable de résister à ceux qui l'y entraînaient, et en sortant toujours avec honte, parce qu'il n'avait pas la force de s'y maintenir; placé, par le hasard de la naissance, à portée d'une couronne qu'il ne sut ni défendre ni saisir, ce prince, à qui il a été donné de recevoir de sa fille, la grande Mademoiselle, des leçons do courage, et de tous des leçons de dignité, n'a jamais eu le gouvernement de lui-même. Touràtour sa mère, ses favoris, Richelieu, LouisXIII, Anne d'Autriche, le cardinal de Retz, l'ont dirigé à
* Mémcireê de Banompierre, p. 3tl, col. 2.