‹ Louis XIII et RichelieuChapitre 42 sur 137 · B4 CONSTANCE DE L*AFFECTION · texte numérisé non relu

B4 CONSTANCE DE L*AFFECTION

Il n*cn est rien. La période que nous venons de raconter est celle où les adversaires du cardinal ont cru lui faire courir les plus ^ands dangers et ont poussé rillusion à ses dernières limites; mais elle ne marque pas le moment où Louis XIII a le plus soutenu son ministre, car, en réalité, il n'a pas cessé de Taimer et d'avoir en lui une confiance entière.

Aux faits significatifs que nous avons exposés, nous pourrions en joindre bien d'autres ; nous pourrions montrer que, dans l'adversité aussi bien que dans la prospérité, le roi s'est toujours appuyé sur Richelieu, parce qu'ils avaient une politique semblable, tendant à un but unique, et que, ce but admis parle roi, Richelieu, le poursuivant avec génie, n'avait plus rien à redouter de son maître. Nous pourrions rappeler, par exemple, la campagne de 1636, qui fut d'abord si malheureuse, et durant laqueUe on vit le prince de Condé échouer en Franche- Comté, Piccolomini pénétrer en Picardie, franchir la Somme, prendre Corbie et menacer Paris. Si l'ascendant exercé par Richelieu avait été dû seulement à ses succès, nul doute qu'il eût été alors fort compromis. La France murmurait sous le poids des impôts nouveaux qui l'accablaient; le parlement refusait d'enregistrer les «édits bursaux ; les mécontents relevaient la tète, Paris était dans la consternation, et des cris de fureur s'y élevaient contre le cardinal. Vit-on à ce moment Louis l'abandonner et se dérober à ce prétendu joug que lui aurait imposé précédemment le bonheur de Richelieu ? Jamais, au con-

traire, il ne se montra plus affectueux, plus confiant/ plus résolu à le défendre. On aurait dit que la mauvaise fortune achevait-de resserrer les liens qui unissaient ces deux esprits inégaux, mais pareillement dévoués au bien du pays et à l'agrandissement de l'autorité royale.

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