‹ Louis XIII et RichelieuChapitre 41 sur 137 · ELLE PART POUR LA FLANDRE · texte numérisé non relu

ELLE PART POUR LA FLANDRE

quîëme moyen, qui était de se séparer d'elle, « afin que son esprit eût le loisir de se désabuser*. » On voulut éviter que Paris fut témoin de Téclat de la rupture : la cour se transporta à Compiègne, d'où, le 23 février, Louis XIII s'éloigna subitement, en y laissant sa mère, à laquelle le maréchal d'Estrées était chargé de donner Tordre de se rendre à Moulins. Mais Marie de Médicis se refuse à exécuter cet ordre, demeure à Compiègne, y intrigue, s'y agite, prie, menace, tour à tour semble se soumettre, puis s'abandonne à de véhéments éclats de colère, mais toujours en vain. Enfin, convaincue de l'impuissance dans laquelle elle se trouve de fléchir son fils, elle s'adresse à l'Espagne, part de Compiègne le 19 juillet 1631, et se réfugie en Flandre'. Louis XIII n'essaya rien pour la retenir, et il n'éprouva aucun regret Bien au contraire, il donna, le 20 juillet, ordre au duc de Chaulnes de faire avancer des troupes vers la frontière du nord, pour la protéger contre les tentatives qu'à ce propos, et sous ce prétexte, pourraient faire les Espagnols du côté des Flandres*.

Les espérances exagérées conçues par Marie de Médicis, et qu'elle avait aisément fait partager à son entourage, ont conduit les contemporains, dans leurs mémoires, et, à leur suite, la plupart des historiens dans leurs récits, à placer en l'année 1631 le point culminant de la fortune de Richelieu, réduisant à néant ces espérances et les projets de ses ennemis.

^ Mémoires ^e Richelieu, livre XXI, p. 319, col. 2. « Mercure franéais, ti XVII, p. 342.

* Papiers de Jflichelieii, t. IV, p. 182.

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