PREUVES DE CE QUI PRÉCÈDE
son salut*. » Le P. Griffet va plus loin encore, et déclare « que, dès ses plus tendres années, elle eut dessein de se faire religieuse, et que, malgré la faveur du roi, elle resta toujours dans la résolution de se retirer. » Ailleurs il raconte que mademoiselle de la Fayette déclara elle-même « qu'elle avait eu ce dessein dès sa jeunesse; qu'elle voulait entrer dans Tordre de la Visitation, qui n'était point trop austère ; qu'elle n'avait aucun sujet de chagrin ; que personne ne lui avait conseillé de quitter le monde, dont elle connaissait la vanité, et que le seul regret qu'elle aurait en le quittant était de satisfaire, par sa retraite, l'ambition et la malignité de ceux qu'elle croyait avoir raison de ne pas aimer'. »
Louis Xtll n'était pas opposé à la résolution de mademoiselle de la Fayette, et il a, dans cette affaire, comme dans toutes les autres, constamment agi de concert avec Richelieu, ainsi que le prouvent les deux lettres suivantes. La première a été écrite, le 29 janvier 4636, par le P. Carré à Richelieu. « J'écris ce mot, en grande tristessse, à Votre Eminence, dit le dominicain, non pour les affronts et ignominies que je viens de recevoir, mais pour le danger où je vois la vocation de mademoiselle de la Fayette; car, outre un grand discours que me fit hier mademoiselle de Vieux-Pont', que M. Sanguin'' lui avoit fait des dé-^ plaisirs et ressentimens du roy^ qui étoient comme
> Mémoires de madame de Motteoille, collection Michaud, 2« série^ t. Xj p. 33. col; 1.
« Histoire de Louis XIII, t. III, pp^ 7 et 9; * Fille d'honneur de la reine > « Maître d'hôtel du roii