‹ Louis XIII et RichelieuChapitre 56 sur 137 · PORTÉE RÉELLE DE CET ÉPISODE · texte numérisé non relu

PORTÉE RÉELLE DE CET ÉPISODE

centre d'une tragi-comédie dans laquelle se sont fait jour bien des ridicules et aussi de tristes passions. Le chevalier de la Fayette, madame de Senecé et Tévêque de Limoges ont été les personnages comiques, les auteurs autant que les dupes d'une intrigue nouée autour du roi et de mademoiselle de la Fayette, et dont Richelieu s'est contenté d'être le spectateur. M. Cousin a cru rendre l'héroïne plus intéressante en la faisant précipiter vers le couvent par Richelieu. Cette fois, comme presque toujours, la vérité toute pure est d'un plus grand intérêt qu'une fiction imaginée par la passion des contemporains, et trop aisément adoptée ensuite par l'histoire. C'est volontairement que mademoiselle de la Fayette a fui la cour. Son immolation est d'autant plus admirable que personne ne l'y a contrainte. Ses tristes parents voulaient la retenir. Louis XIII l'aimait, Anne d'Autriche elle-même l'estimait ; Richelieu, à qui le roi ne laissait rien ignorer de ses sentiments, et qui savait d'ailleurs mademoiselle de la Fayette incapable de se prêter aux combinaisons intéressées de ses parents, la faisait surveiller sans la combattre. La touchante fille d'honneur de la reine n'a donc pas cédé aux coups de ses ennemis. Elle a fui , redoutant les sentiments qu'elle éprouvait autant que ceux qu'elle inspirait; elle a fui non pas la haine, mais l'amour ; elle a fui non Richelieu, mais Louis XIII, et Surtout la brillante et méprisable situation où d^indignes parents voulaient l'avilir.

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