DOCUMENTS NOUVEAUX
liens d'amitié étroite qui n'ont cessé d'unir le souverain et son immortel conseiller.
Les lettres figurent au premier rang parmi les instruments de l'histoire. Leur importance tient à deux conditions : la situation de celui qui les a écrites, leur authenticité certaine.
De ces deux conditions indispensables, la première est remplie, puisqu'il s'agit d'un roi de France, ayant régné dans une des périodes les plus importantes de notre histoire nationale.
Quant à l'authenticité, on va voir qu'elle est incontestable. Ces lettres sont au nombre de deux cent quarante-huit. Sur ce nombre, deux cent quarantequatre ont été transcrites par nous dans les archives du ministère des affaires étrangères. Toutes sont adressées au cardinal de Richelieu ; toutes, écrites entièrement de la main de Louis XIII, portent au dos cette suscription de la même écriture : « A mon cousin le cardinal de Richelieu. » •
Au contraire des lettres, signées de Louis XIII, adressées à divers personnages et que l'on peut croire avoir été pour la plupart inspirées, ou même dictées par le cardinal, les lettres que nous allons publier ne sauraient, précisément parce qu'elles sont adressées à Richelieu, être que l'œuvre personnelle du roi. Au surplus, pour qui les a eues entre les mains, le doute n'est pas possible. Elles ont été évidemment écrites par la même personne qui les a signées. Dans toutes, c'est la même écriture allongée, à grands traits, tenant une large place, irrégulière dans sa