M. de Souvré, fils de l'ancien gouverneur de Louis XIIL
Lettre 290. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CL'V.)
I. Le train, c'est-à-dire les bagages et le mobilier, dont chacun se faisait suivre à cette époque dans tous les déplacements.
contre lui; je vous puis assurer que je ne l'ai été en aucune façon du monde, et vous prie que, s'il n'y a que ce sujet-là qui vous empêche de le laisser revenir ici, et qu'il me soit utile à Paris (pour mes affaires ou les vôtres), de me le renvoyer, étant très aise de l'avoir auprès de inoi, car je m'y fie extrêmement.
On dit que dans le Comté il y a grande quantité de blé. Il me semble qu'il serait bien d'écrire à M. le Prince de m'en faire serrer le plus qu'il pourra, et en faire des magasins, tant pour nos troupes que pour l'ôter aux ennemis, qui s'en pourront servir.
Je me suis un peu trouvé mal, hier au soir; j'eus un peu d'émotion avec froid ; à cette heure je me porte bien, et vas à la chasse pour me divertir.
Je vous prie de faire en sorte qu'on puisse attraper ce mousquetaire-, de quoi
je vous écrivais hier; il se promène par Paris effrontément; je vous avoue que cette
affaire me tient au cœur.
Madrid '. 26juin 1636.
J'ai trouvé quatre hommes pour commander les compagnies de trois cents hommes qu'on proposa l'autre jour. Le chevalier du Guet^ rne vient dire que le baron du Bec s'était retiré en Hollande ; en ce cas, il serait à propos d'en faire écrire à Charnacé' pour le faire arrêter en ce pays-là.
M. de Chavigny m'enverra deux lettres, l'une pour le Roi d'Angleterre', l'autre pour la Reine ° ma sœur, par le marquis de Gordon qui s'en va.
Je donne demain audience au nonce, à onze heures.
Louis.
Fontainfbleau, 3ojuin 1636.
Mon cousin, j'ai reçu avec grande joie la nouvelle' que vous m'avez mandée, de
2. Il s'agit sans doute d'un duel qui venait d'avoir lieu, malgré l'édit contre les duels.
Lettre 291. — Archives de Chantilly.
I. Le château de Madrid, au bois de Boulogne. Il avait été construit par François I". Mal entretenu, Louis XIII ne l'utilisait guère que comme rendez-vous de chasse. — 2. Chef de la police officielle.
3. Charnacé était toujours ambassadeur en Hollande. — 4. Charles I".
5. Henriette-Marie de France, sœur de Louis XIII, sixième enfant de Henri IV et de Marie de Médicis, née le jeudi 26 novembre 1609, avait épousé Charles I''^ en 1625 ; elle mourut en 1669.
Lettre 292. — Archives de Chantill)'.
I. Les Espagnols venaient d'être battus à Buffalora par le duc de Savoie et Créqui, le 22 juin.
la victoire qu'il a plu au bon Dieu de nous donner en Italie: je l'en ai déjà remercié sur le champ, et le ferai encore ce soir. J'espère faire ma fête dimanche, après que je serai revenu de vous voir. J'irai mercredi coucher à Tigery, oij vous me manderez le lieu où je vous trouverai jeudi à i heure après-midi. Assurez-vous de
mon affection, qui sera toujours telle que vous la pouvez désirer.
Louis.
Fr)nt;unebleau, 6 juillet 1636.
La Roche vous retournant trouver et m'ayant dit l'état de l'armée, où il y a 10 000 hommes de pied effectifs et plus de 4 000 chevaux, m'a fait venir une pensée qui est de faire revenir de cette armée en celle de Picardie Gassion', afin de l'opposer à ces marauds de Croates-, et aussi que, s'il y a quelques convois à faire ou à envoyer à la guerre pour prendre langue des ennemis', personne ne le peut faire si bien que lui ; c'est une pensée que j'ai eue, laquelle je remets toute à ce que vous jugerez à propos.
Louis.
Fontainebleau, 6 juillet 1636.
Je VOUS envoie la relation que vous m'avez envoyée, par laquelle je vois comme le combat a été grand et opiniâtre. Il serait bien nécessaire de les renforcer ' ; mais je ne vois pas que ce soit chose qui se puisse à cette heure.
Saint-Simon m'a rendu compte de tout ce que vous lui aviez commandé, tant du Languedoc que du lèvement du siège de Liège, de l'avancement de M. le Comte vers Mézières, du renfort d'hommes et d'argent que demande M. de Créqui, que des ordres que vous avez donnés à M. de Chaulnes de faire jeter Guébriant dans Guise, en cas qu'il ne peut entrer dans La Capelle ', ce qui est très à propos.
Lettre 2q3. — Archives de Chantill)-. '
! Gassion avait d'abord servi sous les ordres de Gustave-Adolphe ; puis il passa au service du roi, dont il était fort apprécié. — 2. Les régiments de Croates, recrutés par l'Empereur, étaient des bandes de pillards.