I.c 24 juin
La mort du maréchal de Toiras ' n'empirera pas nos affaires en Italie, du moins selon ma pensée ; au contraire, je crois que M. de Savoie, n'ayant plus un tel esprit avec lui, sera plus aisé à gouverner.
Saint-Simon m'a demandé pour M. d'Esche - les chiens pour renards et pour lièvres, ce qui est la même chose qu'avait M. de Toiras'. J'ai cru les lui devoir accorder et que vous ne le trouverez pas mauvais. M. de Souvré ' les demandait aussi ; mais je l'avais promis dès hier à Saint-Simon ; et puis on ne s'accommode pas toujours bien avec M. de Soux ré.
Le maréchal de Brézé ira, ce soir, coucher à Paris, et se rendra demain matin à ConHans. Il vous parlera de quelques affaires, ce dont je l'ai chargé, aj-ant entière confiance en lui. ^'otre mémoire m'a tiré un peu de peine du côté du cardinal de la ^'alette, non seulement pour sa personne que j'aime extrêmement, mais aussi pour mes affaires.
J'ai vu le nonce qui m'a parlé de force affaires, dont vous entretiendra .M. de Brézé.
LOL'IS.
Fontainebleau, ce 27 juin 1636.
On m'a dit, ce matin, à mon réveil, que le train du maréchal de Brézé ' était allé à Paris, ce qui m'a confirmé dans une pensée que j'eus, lorsque vous me mandates de l'envoyer à Paris pour les recrues des troupes de Hollande : c'est que vous trouvâtes cette occasion pour l'oter d'ici, de peur qu'il ne fit quelque chose, qui me fut désagréable sur l'affaire dont je vous ai écrit.
Il vous souviendra que mon mémoire portait que je n'en étais nullement fâché
Lettre 289. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CLIV.)
1. Le maréciial de Toiras. au service du duc de Savoie, avait été tué le 14 juin dans le Milanais.
— 2. D'Esche, père d'une des filles d'honneur de la reine.
3. Toiras avait conservé la charge de lieutenant de vénerie avec la direction de la meute des chiens
pour les renards et les lièvres. Tout ce qui touchait à la vénerie avait, grâce au goût du roi pour
la chasse, une très grande importance. C'est l'emploi de Toiras que demandait Saint-Simon. —