LA VILLE DE COMPIEGXE-SUR-L'OISE
.sou. s LOUIS XIII
D"apr('s Ci.. Ch. vtii.lox. — Caljinct Jcs Ivsfanipcs. lîil)li(ithL-<|Ui- X.aicinale.
portée du canon, d'où ils ne pourraient sortir sans défiler devant nous par des gorges fort serrées, dont nous tenons les éminences. J'ai fait la meilleure chère du monde à .M. le Comte: il s'en est allé très satisfait de moi, et moi de lui: il a grande aflection de faire quelque chose de bien. Je finirai celle-ci en vous assurant de la continuation de mon affection, qui sera toujours telle que vous la pouvez désirer.
Le maréchal de la Force trouve toujours difficulté à tout.
La peste est très fort h Novon''; le pauvre de ^'cnnes l'a sur l'épaule, M'""-' la
4. Les Espagnols ayant traverse la ligne Je la Somme, le roi redoutait qu'ils ni- franchissent la ligne de l'Oise, et alors ils se seraient trouvés aux portes de Paris. — 5. Xoyon, ville sur l'Oise, au nord de Compiégne.
26o LETTRES DE LOUIS XIII A R I C H E L I E LI
Comtesse a couché cette nuit à Senlis et est allée ce matin à Compiègne; Sardiny est avec elle.
Chantilh', 3 septembre 1636.
La peste n'a pas augmenté à Senlis depuis les trois maisons que je vous ai mandé hier; j'en ai fait sortir tous les réfugiés de Picardie'; je crois qu'elle ne passera pas plus avant.
J'ai envoyé à Compiègne les ordres dont je vous envoie la copie. Hocquincourt^ est revenu, qui dit que toute l'infanterie, et le canon des ennemis est delà la Somme, et que la cavalerie est deçà. Il vient de venir un paysan, qui quitta les ennemis dimanche la nuit, lequel dit la même chose et plusieurs particularités que Nogent^ vous dira.
Je verrai demain, proche de Senlis, le reste de la cavalerie que M. d'Angoulême doit envoyer. Je voulais envoyer un gentilhomme savoir de vos nouvelles; mais Nogent a voulu avoir cette commission. M. de Noyers vous aura dit quelques petites particularités que je lui écrivis hier au soir.
Louis.
On reproduit ici cet ordre, parce qu'il fait partie de la collection des lettres de Louis XIII, à Chantilly, et qu'il est très probablement inédit, comme les lettres.
Chantilly, 3 septembre 1636.
Copie de l'ordre envoyé à Compiègne.
Le roi désire savoir de M. le vjcomte de Briqueville la quantité de maisons, qui se trouvent frappées de peste dans Compiègne, ou qui en sont soupçonnées; que l'on fasse sortir de la ville toutes les personnes qui en sont frappées ou soupçonnées; que l'on aie le soin de faire purger et aérer toutes les dites maisons et les fermer, que Ton fasse sortir de la ville toutes les personnes réfugiées en icelles; que l'on fasse promptement enlever toutes les immondices du camp et des envi- Lettre 300. — Archives de Chantilly.
I. Les réfugiés de la province de Picardie qui avaient fui devant l'invasion espagnole. — 2. Charles de Monchv, marquis d'Hocquincourt, maréchal de camp, gouverneur de Péronne, en octobre 1636, puis, maréchal de France en 1651, fut tué dans les rangs espagnols, la veille de la bataille des Dunes, 13 juin 1658.
3. Le comte de Nogent, capitaine des gardes de la porte du roi.
Lettre 301 . — Archives de Chantilly.
rons de la ville, et nettoyer le tout; que si les huttes des soldats y sont restées, que l'un aie à les conserver. là du tout que dessus Sa .Majesté en désire savoir réponse par le retour du valet de pied, porteur de ce paquet.
Louis.
Avec ce que dessus y avait une lettre du roi portant ordre de satisfaire au mémoire qui accompagne la lettre de Sa .Majesté.
Chantilly, 3 septembre 1636, 3 heures après-midi.
Le chevalier de Treilly vient de revenir de la guerre, lequel rencontra hier, près de Roye', Jean de A\'erth- avec douze escadrons : savoir cinq de chevaux légers et sept de dragons, qui avaient chacun un tambour à cheval, ce qui les lui fit juger dragons.
Il essaya de les attirer pour en attraper quelqu'un pour savoir des nouvelles; pas un ne se voulut débander du gros, et ne vont plus moins de si.\ cents chevaux. Ils furent repaitre à un château nommé Conchy-les-Pots, puis s'en retournèrent à Roye, oij plusieurs paysans lui assurèrent que le Prince Thomas' était avec 14000 chevaux, ce que ledit Treilly ne croit pas, mais bien que Piccolomini ' y est avec toutes ses troupes et celles de Jean de Werth. Le dit Treilly voulait vous aller trouver pour vous dire cela ; je lui ai dit que je vous le manderais et qu'il valait mieux qu'il s'en retournât. Saint-Simon est venu ici, qui dit que .M. le Comte est satisfait que mon frère y aille, pourvu qu'il commande toujours l'avant-garde, et qu'il crovait qu'on le voulait renvoyer en Champagne, et que, voyant que cela n'est pas, il témoigne être content aux conditions que dessus.
J'ai renvoyé quérir la cavalerie qui était à Beauvais, et n'y renverrai point d'autre. Il vient de venir un habitant de Montdidier, qui dit que 2.000 chevaux parurent hier, à 4 heures, aux portes de Montdidier; la cavalerie et partie de l'infanterie de la garnison sortirent ; ils escarmouchèrent bien deux heures sans perte d'aucuns des nôtres. Ceux de .Montdidier leur prirent 12 hommes, et entr'eux un qui se dit lieutenant-colonel de Jean de ^^'erth. Ledit habitant dit que, après qu'il a été sorti cette nuit de la ville, on y a tiré le canon. Je vous envoie une lettre de
Lettre 302. — Archives de Chantilly.
I . Koye, ville de Picardie, en arrière de la ligne de la Sumnic, au nord-est de Montdidier. — 2. Jean de Werth. dont il sera souvent question, était un chef de partisans fort réputé à cette époque. .\près une carrière très accidentée, il était au service de TEmpereur; il fut fait prisonnier par les Français en 1638; remis en liberté en 1642. il prit sa retraite après le traité de Westphalie.
3. Le prince Thomas, frère du duc de Savoie, au service d'Espagne. — 4. Ottavio Piccolomini, né en 1599, était un général italien au service de l'Empereur; il mourut feld-maréchal en 1656.
Guébriant par laquelle vous verrez l'insolence de ceux de ^'ervins^ laquelle il ne
faut pas souffrir.
Louis.
Il est besoin d'envo3'er 2 prêts pour 3 compagnies de Bourbonne et une de Brézé qui sont à Creil: autrement ils se débanderont.
Chantilly, ce 4 septembre 1636.
Mon cousin, j'envoie ce gentilhomme e.xprès pour savoir de vos nouvelles, n'en ayant point eu d'aujourd'hui, ce qui me fait craindre que vous vous soyez trouvé plus mal que de coutume.
Je vous prie me mander si vous viendrez jamais loger à la ^'ictoire' ou à Senlis. S'il n'y a rien qui presse, je serais bien aise de demeurer encore demain ici; je vous prie me le mander par ce porteur. Je suis plus révolté que jamais contre le régiment de Comarin : je crois qu'à la fin, il faudra séparer les compagnies dans les autres régiments, si on veut s'en bien servir.
Il n'est venu nulles nouvelles des ennemis, depuis ce que je vous mandais hier.
Assurez-vous de mon affection qui sera toujours telle envers vous que vous le
pouvez désirer, et prierai le bon Dieu de tout mon cceur qu'il vous redonne la
santé telle que je la désire.
Louis.
Chantillv, ce 4 septembre 1636.
Je donnerai ordre de faire arrêter les capitaines qui ont quitté Doullens'.
Je suis en peine de votre mal: je vous prie que j'en sache souvent des nouvelles.
J'ai peur que Dubois^ soit enlevé ou tué: j'aimerais mieux le faire loger au bois de ^'incennes, en lui donnant la liberté de chasser dans le parc'.
5. Vervins en Thiérache, chef-lieu d'arrondissement du département de l'Aisne.
Lettre 303. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CLVIIL) I. L'abbaye de la Victoire, près Senlis.
Lettre 304. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-^CLIX.)
I. Doullens en Picardie, au nord d'Amiens, chef-lieu d'arrondissement de la Somme. — 2. Dubois,
ancien capucin, apte à tous les métiers, personnage fort suspect.
3. Louis XIII dit généralement » envoyer au bois de Vincennes * pour ■? emprisonner au château
de Vincennes >.. Cet emprisonnement était gradué suivant les cas. On voit qu'ici le prisonnier aurait
pu se promener dans le parc du château.
J'attends à toute hciiic un valet de pied que j'ai envoyé à Compiègne, pour savoir l'état du mal et les ordres qu'un v aura mis.
.M. de Noyers m'a envoyé les noms des officiers absents de la garnison deDoullens que Rambures' a procurés, afin que je fasse arrêter ceux qui se trouveront ici.
J'envoie dans ce paquet un contrôle à Des Cures', atin qu'il ne prenne point nos logements comme il le fait tous les jours.
Louis.
Chantilly, 5 septembre 1636.
Je viens de recevoir nouvelles de Lambert ; l'infanterie arriva hier aux environs de Meaux ; la cavalerie n'y arrivera que demain dimanche.
J'ai envoyé les ordres pour l'aire marcher lundi toutes ces troupes-là, et leur ai envoyé les quartiers qu'ils devaient prendre, qui sont entre Meaux' et Nanteuil', pour être mardi, près de Sefilis, aux lieux que je leur manderai lundi.
Il est à propos de faire avancer les recrues qui sont à Pontoise pour les séparer mardi dans les régiments, qui sont bien plus faibles qu'on ne nous avait mandé, la plupart des recrues qu'ils avaient eu des élections' s'en étant enfuis, depuis qu'ils ont approché de la rivière de Yonne, parce qu'ils étaient de là proche. Navarre seul a perdu 300 hommes. Je leur fais prendre du pain en partant de Meaux pour lundi et mardi; il faut pourvoir à Senlis et Crépy pour mercredi.
Je viens d'avoir nouvelles de .Montdidier que Neufvillette, qui était allé à la guerre' avec 30 chevaux, a été chargé"; il a perdu 6 de morts, et quelques autres prisonniers, et s'est retiré avec le reste.
Louis.
Chantilly, 7 septembre 1636, 2 heures soir.
Ma pensée sur la jonction des deux armées était de renforcer .M. le Comte de 2.500 chevaux, savoir : de votre régiment, de celui de Saint-Simon et de celui de
4. Jean de Rambures, maréchal de camp, mestre de camp du régiment des gardes, et gouverneur de i:)oullens. mort au siège de la Capelle, le n octobre 1637.
5. Des Cures des Fourneau.\ était maréchal-général des logis de l'armée.
Lettre 305. — Archives de Chantilly.
1. Meaux sur la Marne. — 2. Nanteuil le Haudoin, sur la route de Paris à Reims. — 3. Pays d'élections. La France était divisée en pavs d'états et en pars d'élections.
4. Aller à la guerre : aller au combat. — 5. A été chargé par un parti de cavalerie ennemi.
Genfelt, et 12 compagnies des nouvelles levées, afin d'aller prendre un logement entre La Neuville-le-Roy et Averny foù M. de la Force prendra son logement le même jour), pour le couvrir, ayant pour la plus grande part (comme vous savez) toutes nouvelles troupes qui n'ont pas besoin de voir les ennemis d'abord'.
Mandez-moi votre avis demain matin là-dessus, afin que je donne les ordres nécessaires, n'y ayant point de temps à perdre. Aussi que si on retient toutes les troupes qui sont ici, celles qui viennent et le canon pour passer à Pont, ayant depuis Pont-Sainte-Maxence à défiler une lieue sur une chaussée étroite, ils ne passeront pas en trois jours avec leurs bagages ; toutefois, si vous le jugez à propos mandez-le, il sera exécuté.
Je ne manquerai de me rendre demain à Senlis à 4 heures du soir. Si vous ne trouvez M. le Comte assez fort de cavalerie, on le renforcera encore, ou bien, au lieu des nouvelles, on lui en baillera encore des vieilles. Pour des armes, je n'en ai ramassé que de quoi armer 200 hommes, que j'ai donnés à Cunningham, parce que ils ne valaient pas beaucoup de chose. Je n'ai nulles nouvelles de la plupart de ceux qui doivent aller quérir des gens à Pontoise ; c'est pourquoi, il me semble qu'il faudrait faire conduire ici par Bezançon les gens qui restent à Pontoise pour les mettre dans les régiments à mesure qu'ils passeront. M. de La Meilleraye m'avait dit en partant qu'il enverrait prendre les siens; je n'en ai pas ou'i parler depuis. Mon frère faisait état de ne partir avec l'armée que de hier en huit jours; je lui ai dit qu'il fallait qu'il partit jeudi pour le plus tard.
Zamet', comme vous savez, est mort ; je ne disposerai de rien que je ne vous aie vu.
Chantilly, 8 septembre 1636, 8 heures matin.
Mon cousin, je vas donner tous les ordres pour effectuer ce que vous me mandez. Je vous envoie un mémoire que j'avais fait hier au soir, par lequel vous verrez quelque chose à quoi il faut pourvoir promptement. Je vous avais mandé par le mémoire ci-joint que M. de la Force ne partirait que un jour après M. le Comte: mais, depuis, j'ai pensé, suivant votre avis, qu'ils se peuvent loger le même jour, M. le Comte entre La Neuville-le-Roy et Averny, et M. de La Force à Averny et en deçà. Je ne vois pas que on puisse marcher plutôt que jeudi, tant pour les
Lettre 306. — Archives de Chantilly.
I. On voit que Louis XIII connaissait bien les défauts de ces régiments levés trop rapidement ou renforcés à la hâte. Il fallait leur laisser le temps d'être un peu disciplinés et de s'aguerrir. — 2. Jean Zamet, baron de Muret, était petit-fils du célèbre financier de Lucques, qui fut naturalisé français en 1581, et mourut surintendant de la maison de la Reine Marie de Médicis, en 1614.
raisons que je vous ai mandées par le mémoire ci-joint que parce que les troupes de Bourgogne ne sauraient être arrivées à Compiègne plutôt que mercredi à 2 heures après midi. Je m'en vas faire ma fête' pour prier le bon Dieu qu'il vous redonne la santé parfaite, qu'il nous donne la victoire sur nos ennemis et une bonne paix ensuite.
Je ne manquerai de vous aller voir demain ii La \'ictoire-.
Louis.
LA VILLE DE SENLIS, près Paris,
sous LOUIS XIII D'après le dessin original de Duviert. — Cabinet des Estampes, Bibliothèque Nationale.
Senlis, 17 septembre 1636, 8 heures soir.
On me vient de dire que mon frère' fait état de tirer les garnisons d'Amiens et Abbeville ; si cela est, nous serons affaiblis d'autant, parce que nous faisons état
Lettre 307. — Archives de Chantilly.
I. La fête de la Vierge, 8 septembre. — î. Labbaye de la Victoire, près Senlis. Lettre 308. — Archives de Chantilly.
I. Louis XIIL qui avait été obligé de presser son frère de se rendre à Tarmée, se défiait naturellement de ses projets.
de les prendre avec nous; il serait h propos de lui mander de ne les prendre pas.
J'avais mandé, ce matin, à M. de Noyers d'écrire à Beauvais par le sieur de Beaurecourt afin que les 2 régiments, qui sont là, se remplissent et se tinssent prêts à marcher dans quatre jours; je ne sais si cela a été fait; si il n'est fait, il est à propos de le faire promptement si on veut s'en servir, parce que on m'a assuré que ceux de la ville les veulent licencier, ayant déjà réduit les compagnies à 60 hommes.
Faites-moi savoir où l'on a donné rendez-vous à M. de Longueville et quand.
Louis.
Senlis, le i8 septembre 1636.
La compagnie du baron de Senac est de chevau-légers; elle est assez bonne et de 50 maîtres. Je l'ai vue ; il la faudrait séparer dans les vieilles compagnies qui sont faibles, ou la donner à quelqu'un.
M. d'Angouléme m'a proposé d'aller à Château-Thierry, ce que j'ai extrêmement approuvé. Je me porte très bien.
J'ai encore entretenu le major qui a proposé de faire les opérations relatives à Corbie'. Il dit qu'il n'v a pas moyen de se loger au deuxième pont, parce qu'il est trop vu de la ville, et qu'on ne peut aller derrière la chaussée ni travailler, parce que c'est tout marais.
Senlis, le 20 septembre 1636.
Je VOUS prie me mander si nous continuons dans la résolution de partir lundi', parce qu'il faut donner aujourd'hui à midi les ordres aux troupes qui sont derrière de marcher demain auprès de Pont.
M. de Senlis = veut faire publier le jubilé pour lundi. Regardez s'il ne serait
Lettre 309. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CLX.)
I. Corbie, petite ville forte sur la Somme, à l'Est d'Amiens. Elle avait été prise par les Espagnols, Louis XIII décida de la reprendre. Le succès du siège décida du sort de la campagne, et détermina la retraite des Espagnols.
Lettre 310. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CLXl.)
1. Louis XIII voulait partir pour Roye, qui venait d'être reprise par les Espagnols. — 2. L'évoque de Senlis.
point il propos de le faire remettre jusqu'à mardi ou mercredi, alin qu'il ne commençât point le jour du départ.
Louis.
Nous n'avons ici ni mèches ni plomb.
i" octobre 1636.
-Mon cousin, il ne se peut rien ajouter au mémoire que vous m'avez envoyé. Je crois que le meilleur avis que vous puissiez prendre est d'aller à Amiens.
Espenan ' vient d'arriver; il apporte, sur toute chose, de nouvelles diftkultés, qu'il faut surmonter. Assurez-vous de mon affection.
Demuin ', 3 octobre 1636, 8 heures matin.
Il serait à propos d'envoyer commandement à ceux de Reims de faire garder Neufchàtel sur Aisne, qui n'en est qu'à deux lieues, étant le seul passage où les ennemis peuvent passer à cette heure ladite rivière.
Si vous jugez que je puisse encore demain coucher ici, j'irai demain matin voir le passage de Serizy et Sailly (qui sont les deux seuls où les ennemis peuvent passer la Somme), parce que du quartier où je dois aller il y a quatre lieues, et d'ici il n'y en a que une et demie ; le quartier de Tezy, où je dois aller, est le seul que vous pouviez prendre, si vous voulez sortir d'Amiens.
Je viens d'envoyer un gentilhomme à mon frère pour le presser de faire travailler. Il est très à propos de faire faire l'hôpital pour les blessés, y en ayant plusieurs de blessés tous les jours qui ne sont point secourus.
Louis.
"N'annes demande congé de revenir, n'ayant plus rien à faire à Noyon; mandez moi si je lui dois donner ou non.
Lettre 311. — .\rchives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CLXII.) I. Roger Bostot d'Espenan était un agent de Richelieu.
Lettre 312. — Archives de Chantilly.
I. Demuin, où Louis XIII va séjourner de longs jours, et d'où il va diriger les opérations du siège de Corbie, est une petite localité de Picardie, dans le voisinage de Corbie.
Demuin, 3 octobre 1636.
Je dépêcherai demain à la pointe du jour à .M. le Comte suivant ce que vous m'avez mandé. Il m'a fait savoir ce soir par Marandé qu'il partirait demain à la pointe du jour. Il ne peut rien ajouter à l'ordre que vous avez donné à Hocquincourt d'aller à Guise.
J'ai eu réponse de mon frère, lequel était à son poste dès 7 heures du matin, oii il a attendu Argencourt' jusques à midi, duquel il se plaint fort; il promet faire telle diligence que j'en serai content ; M. d'Angouléme ira le voir demain pour le chauffer encore.
Il est besoin de mettre quelque garde à Sailly : si vous jugez h propos, je ferai venir une des 4 compagnies de Roye pour faire cette garde. J'enverrai demain Lambert h mon frère. Je vous prie de dire à M. de la Meilleraye de commander à la Boissière qu'il soit un peu plus soigneux de faire fournir ce qu'il faut pour les travaux, et surtout des gabions pour l'esfalsade que on fait sur le pavé. Il serait bon de faire donner 100 écus à Meigneux, auquel je donne la charge de faire le fort de Sailly, pour payer ses soldats qui le feront. Si il y a, comme oïl dit, des chevaux de frise à Amiens, je vous prie de les envoyer au parc de l'artillerie.
Louis.
Je vous prie qu'on raccommode les deux ponts entre ici et Amiens, les eaux étant si hautes qu'on a très grand peine à passer au gué.
De.la campagne, près Sailh-', le 4 octobre 1636.
Mon cousin, l'Epinois, un de mes mousquetaires, que j'avais envoyé dans l'armée, revint hier au soir à Amiens, donner avis à M. de Chàtillon de l'entreprise de Jean de Werth. Il vous dira tout ce qu'il a appris parmi eux et l'état de leurs
forces.
Louis.
I,ettre 313. — Archives de Chantilly.
I. D'Argencourt était un ingénieur militaire protestant fort distingué. Il avait défendu Montpellier, en 1622, contre Louis .XIll; Richelieu, cependant, n'hésita pas à l'attacher au service du roi.
Lettre 314. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — lopin. -(CLXIII.) I. Sur la Somme, près Corbie.
Gravure anonyme. — Cabinet des Estampes, Bibliothèque Nationale,
Demuin, 5 octobre 1636, 2 heures soir.
Le gué de Sailly est rompu. On n'a pu travailler au fort, manque d'outils; nous en avons grand besoin en ce quartier de deçà ; le marquis de La Force en demande aussi. L'un de nos ingénieurs, nommé Beauvais, nous a quitté depuis la pre-
mière fois que j'allai h Amiens; je crois qu'il est bien aise de travailler où on ne tire point ; je vous prie de le renvoyer au marquis de la Force, qui en a grand besoin. Nous avons ouï le signal des trois coups de canon'; nous sommes mis sous les armes aussitôt, et avons envoyé Fresques au camp pour savoir ce que c'était ; il est revenu sur les i heure, et nous a rapporté que c'était de la ville, et qu'il n'v avait aucun bruit ; sachant que ce n'était rien, tout le monde s'est retiré.
M. de Bléraucourt a donné avis en même temps qu'il était averti que les ennemis avaient quantité de pontons, et qu'il croyait que c'était pour entreprendre sur quelque quartier de deçà l'eau: j'ai fait partir sur le champ 8 parties de 5 chevaux chacune, pour aller battre l'estrade depuis ici jusques à Péronne, afin qu'il n'arrivât de deçà ce qui est arrivé de delà. J'ai aussi donné ordre au marquis de la Force de faire faire le même depuis Corbie jusques à Sérisy.
Bien qu'il y ait une garde à Sailly de 50 mousquetaires et 20 chevaux, je mettrai demain tel ordre à faire battre l'estrade du long de l'eau qu'on ne sera plus en soupçon de rien de ce côté-là ; ce n'est pas mon opinion qu'on puisse faire un pont et passer en une nuit; toutefois il ne faut rien mépriser.
Demuin, 6 octobre 1636.
J'ai dit à mon cousin le duc d'Angoulème de vous mander que je trouvais très bon que vos compagnies entrassent demain en garde, comme vous m'avez mandé; je vous l'eusse écrit moi-même sans que j'aie reçu votre bil.let à la chasse, où je n'avais point d'écritoire ; j'ai envoyé mon dit cousin au galop, pour vous faire savoir que je le trouvais bon, parce qu'il était tard.
Je vous envoie la lettre pour Saint-Simon toute ouverte, pour voir si vous la trouverez bien; en ce cas, vous l'enverrez par qui vous jugerez à propos. Je vous envoie l'ordre que j'ai fait pour les gardes de cavalerie que nous devons fournir, pour voir si vous le trouverez bien aussi.
Votre voyage a été très utile au quartier de delà.
Louis.
Lettre 315, — Archives de Chantill}-.
1. Le signal des trois coups de canon est encore usité aujourd'hui, pour donner l'alarme aux troupes d"une ville forte et indiquer le rassemblement.
Lettre 316. — Archives de Chantilly.
lû.jô 271
Demuin, 7 octobre 1636, 8 heures soir.
M. d'Angoulôme partira demain à la pointe du jour pour faire ce qui est porté dans votre mémoire, qui est très à propos, auquel j'ai ajouté quelques pensées que j'ai eues.
Le cornette du marquis de Gesvres est ici, qui m'a assuré que le passage d'Offov est rompu ; je le renvoie demain matin pour y faire encore travailler, et y mettre garde, moitié de la garnison de Péronne et moitié \ie Ham. Il ne se peut rien ajouter à ce que vous avez fait pour faire avancer les travaux.
Si vous jugez à propos, je retiendrai les compagnies des Roches Baritaut et Saint-Géran pour deux jours, pour fortifier nos gardes de cavalerie. Je renforcerai demain la garde des lignes de 600 hommes des gardes et 200 Suisses. J'envoie demain loger à '\'ert 8 compagnies des gardes et 3 de Suisses pour monter au retranchement en cas d'alarme.
Louis.
Si on pouvait faire fournir quelque avoine pour faire subsister la cavalerie quatre jours et qu'elle se tint ensemble, il serait très à propos.
Il serait très à propos de faire un peu approcher vos chevau-légers pour quatre jours. Envoyez ici 6 chevaux de poste.
Louis.
Entre Heilly ' et Montigny, 9 octobre 1636.
J'ai donné ordre que les régiments qu'a Fontena\' camperont demain dans les lignes, lesquelles sont en défense. Je trouve très bon qu'on fasse arrêter Bournonville, lequel est allé à Amiens. M. de La Meilleraye fera marché avec les Suisses pour les huttes. Je viens d'avoir nouvelles par un prisonnier, que Gassion a pris cette nuit, que Jean de "V\'erth est parti pour aller au siège, de quoi nous doutons fort, et que ce ne soit pour donner dans nos quartiers qu'il ait fait cette feinte.
Lettre 317. — Archives de Chantilly.
Lettre 318. — Archives de Chantilly.
I. Heillv, village sur la rivière d'Ancre, au nord de Corbie, entre .\illy et Corbie.
J'ai retiré le quartier d'Allonville de peur qu'il ne lui arrivât accident. Je fais faire cette nuit, une garde de i ooo chevaux par Gassion, Silar et Miche entre la rivière d'Ancre et celle qui passe au quartier de inon frère, et, en cas d'alarme, donné ordre à mon neveu de Beaufort de se rendre à la tète du fort de M. de Chatillon avec 2. ooo chevaux. Je m'étonne comme ils n'ont jeté par là un secours dans Corbie, ne s'y faisant aucune garde ; nous avons été contraints de faire des gardes extraordinaires, c'est pourquoi vous ordonnerez à vos gendarmes et chevaux-légers de rentrer en garde demain matin au poste où ils ont déjà été. ~\'ous parlerez à M. le chancelier pour le pain, qui est très mauvais. Depuis avant-hier la nouvelle des prêts a réjoui toute l'infanterie.
On vient de prendre un espion, qui vient de l'armée des ennemis, qui dit que ceux de la ville l'avaient envoj'é pour dire qu'ils n'en peuvent plus \ je ne l'ai pas
encore vu, je l'ai envoyé quérir.
Louis.
La cavalerie disent que si les villages de M. de Chaulnes ne leur laissent
prendre du fourrage, ils ne peuvent pas subsister ici. Ils ont tué S cavaliers et pris
40 chevaux de notre cavalerie.
Louis.
J'approuve le dessein d'envoyer Praslin avec 500 chevaux à Guise; je les ferai tenir tout prêts à partir, après que j'aurai reçu nouvelles de Rambures, pour savoir au vrai si Jean deWerth est parti. J'avais déjà dit à Gassion que je trouvais bon que le reste de Plancy et de Miche fussent joints à lui; M. de Noyers fera ce qui est nécessaire là-dessus; je vous renvoie la lettre du comte de Launoy et celle de Guébriant.
Mon frère m'a mandé qu'il était impossible de faire demain la revue à cause
du changement de camp, et qu'il fallait attendre à dimanche matin. J'irai demain
matin voir les travaux.
Louis.
Il est très à propos de donner le prêt, et commencer le plus tôt possible aussi le pain à la cavalerie. Il serait également à propos de faire passer la revue aux
Lettre 319. — Archive^:; de Chantill)-.