LE DUC BERNARD DE SAXE-WELMAR
Daprùs la gravure do Balt„.v...r Monxorxet. - Cabinet des Estampes. Bibliothèque Nationale.
Si ceux du Parlement de Rouen'' font la bête, comme c'est mon opinion, je les traiterai comme nous prîmes résolution en votre présence.
Je parlerai de l'affaire d'Angleterre, en cas qu'on m'en parle, comme vous me mandez ; autrement je n'en parlerai point du tout le premier.
Je n'ai pu empêcher mon frère d'aller à Paris, m'ayant promis d'être ici lundi de bonne heure, ne pouvant avoir réponse du Parlement plus tôt que dimanche soir ou lundi matin. Il est temps de songer à ce qu'on peut faire cette année ; j'en mettrai des pensées que j'ai eues par écrit pour vous les faire voir à mon retour.
Le jeune Saint-Chamond assure que Ermerstein' a eu des vivres pour trois mois; il a porté à M. de Chavigny les dépèches de son père, lesquelles je n'ai pas encore vues, M. de Chavigny étant logé aux Noyers à une demi-lieue d'ici.
Louis.
. Dangu, i6 mars 1637.
Mon cousin, le sieur de Gassion ' a désiré que je vous écrivisse comme il m'a fait la proposition que mon cousin le maréchal de Chàtillon lui avait commandé de faire, laquelle j'ai trouvé très avantageuse; mais, comme en telles affaires il y faut bien penser avant que les entreprendre, je lui ai dit que je voulais y penser jusques à samedi prochain que j'espère être à Saint-Germain, pour dimanche vous aller voir et conférer avec vous sur ses propositions, et que cependant il pouvait aller m'attendre à Paris, si vous ne jugez à propos qu'il soit mieux à son régiment.
Celle-ci n'étant h autre fin, je finirai en vous assurant toujours de la continuation de mon affection, et prierai le bon Dieu de tout mon cœur, qu'il vous tienne en sa sainte garde.
Louis.
6. On soumettait des édits, généralement relatifs à de nouveaux impôts, aux parlements de province, qui faisaient toutes sortes de difficultés pour les enregistrer.
7. Ehrenbreitstein, forteresse sur la rive droite du Rhin, au confluent de la Moselle, en face la ville de Coblentz.
Lettre 353. — Archives de Chantilly.
1. Gassion. comme on l'a déjà vu, avait servi dans l'armée suédoise sous Gustave-Adolphe. Après la mort du roi de Suéde, il était passé au service de Louis Xlllj dont il était fort apprécié.
Dangu, 18 mars 1637, 10 heures matin.
Depuis mon billet écrit, Vervins m'est venu trouver, qui m"a dit qu'il venait d'avoir avis de ^'ervins ' que 4 000 hommes de pied et 4 000 chevaux s'assemblaient entre Avesnes- et Maubeuge ' pour faire quelque course dans la France'.
Je lui ai parlé de la cavalerie qu'il avait promise; il m'a dit qu'il avait déjà 120 chevaux, et que, s'il avait de quoi les faire subsister, il achèverait ce qu'il a promis, et qu'il en a parlé à AI. de Noyers' souvent, de quoi il n'a eu aucune réponse. M. le Chancelier vient de venir, qui m'a dit que le Parlement avait tout vérifié, excepté l'édit de création d'officiers, et celui du contrôle des greffes, que on croit que ils vérifieront au premier jour; c'est pourquoi, n'ayant plus que faire ici, je partirai demain pour venir coucher à Vigny \
Louis.
Saint-Germain, ce 28 mars 1637.
Le jeune Brùlon qui vint hier soir, dit que le duc de Weimar ' presse toujours son audience de congé (et que Ponica - témoigne être plus satisfait qu'il ne l'était avant-hier\ Je vous prie de me mander ce que j'ai à faire là-dessus.
Louis.
Dans beaucoup des lettres suivantes. Louis XIII entretiendra Richelieu de toutes les péripéties de l'affaire de M' de La Fayette, ce qui montre l'importance qu'il attachait à son entrée au couvent.
Lettre 35.1. — Archives de Chantilly.
1. Vervins, en Picardie, chef-lieu d'arrondissement du département de l'Aisne. — 2. Avesnes, en Flandre. chef-Ueu d'arrondissement du département du Nord.
3. Maubcuge, sur la Sambre, en Flandre, chef-Ueu de canton du département du Nord. — 4. Les Espagnols préparaient continuellement des incursions contre la France.
5. De Noyers, secrétaire d'État à la guerre. — 6. Château, prés de Pontoise, où Louis XIII a déjà été plusieurs fois.
Lettre 355. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-{CLXXIV.) 1. Le duc Bernard de Saxe- Weimar. — 2. Ponica, envové du duc Bernard.
2q6 LETTRES DE LOUIS XIII A RICHELIEU
Saint-Germain, ji niar?^ 1^)57.
J'accorde volontiers à Boisrobert le dévolu de quoi vous m'écrivez. Je vous prie de vouloir éclaircir et de pousser l'affaire de quoi vous me parlâtes hier, pour savoir si ces bruits ne viennent pas de la dame que vous savez ; pour celui d'Orléans j'en réponds, et crois que le reste vient de la même boutique. Cela est bien étrange qu'on veuille se mettre en réputation au dépend de celle d'autrui, qui n'y ont jamais pensé ; je vous avoue que cela me touche extrêmement.
J'entretins hier, tout bas, le petit Lalande, qui venait de Paris, une heure entière, de sornettes' devant des gens qui ne manqueront pas de l'aller dire.
J'entretiendrai encore aujourd'hui quelqu'un qui viendra de Paris, afin que j'aie lieu de dire à la fille-, quand je voudrai, que des personnes, qui sont venues de Paris, m'ont dit l'affaire d'Orléans; du reste je n'en parlerai pas.
Je me suis toujours bien porté depuis que je vous vis hier, et ne prendrai point de médecine.
Louis.
Pour payer les frais de l'année de Corbie, il avait fallu établir de nouveaux impôts soumis à l'enregistrement des parlements. Souvent ceux-ci opposaient une résistance opiniâtre, car ils se sentaient naturellement soutenus par les populations.
Dangu. 16 avril 1637.
Ceux du Parlement de Rouen ont déjà enregistré 9 édits, et on espère qu'ils achèveront le reste des 13, à 2 près qui sont de peu de conséquence; sur quoi on leur enverra une fusion et les fera-t-on venir ici. Ceux des aides et des comptes ont tout fait, à ce que dit hier M. le. Chancelier à M. de Chavigny. Je crois que les choses étant ainsi, il ne sera pas besoin que j'y aille ; toutefois, s'il le faut, je suis tout prêt.
J'ai vu Gassion et entendu les propositions qu'il fait de la part de M. de Chiltillon, qui sont bonnes, pourvu que les Hollandais' jouent de leur côté. Je fais un
Lettre 356. — Archives de Chantilly.
I. On voit par cette réflexion du roi le cas qu'il faut faire des faits et anecdotes citées par les courtisans dans leurs mémoires, puisqu'il s'amusait lui-même à les induire en erreur. — 2. La fille — veut toujours dire M"'- de La FaA'ette, fille d'honneur de la reine Anne d'Autriche. Il faut remarquer que dans le langage de l'époque, le mot n'était pas pris en mauvaise part ; on disait toujours les •? filles de la reine » pour -r les filles d'honneur *.
Lettre 357. — Archives de Chantilly.
I . Pourvu que les Hollandais alliés continuent de menacer les Espagncjls dans les Pays-Bas.
mémoire sur tout cehi. que je vous montrerai ii mon retour, qui sera dès aussitôt que je n'aurai plus riea à taire en ce pays.
Je m'en vas mener M. le Chancelier à la voleric ' assisté de MM. de Léon et Courmoulin:, si le vent était aussi froid qu'hier, je prendrais grand plaisir à les faire rafraîchir quatre ou cinq heures le nez dans le vent. Je me porte très bien grâce au bon l)icu. .le vou.»^. recommande d'avoir toujours soin de votre santé.
Loris.
M. de Chavigny fait réponse à ^L de Noyers sur tout ce qu'il lui a envoyé pour me faire voir.
Versaillrs, 17 avril 1537.
Je ne manquerai de me rendre demain samedi à Rueil à 2 heures après-midi. Je trouve les propositions de M. le Comte' bien impertinentes; vous verrez la réponse au bas du mémoire que je vous renvoie dans ce paquet, comme aussi la lettre que me donna hier le Hrion.
Je suis bien en peine de votre santé, de laquelle je vous recommande d'avoir
plus de soin que jamais.
Louis.
Saint-Germain, 21 avril 1637. 5 houros après-midi.
Je n'ai rien su de votre maladie que par ce porteur. J'avoue que j'en suis en peine. J'enverrai demain matin un gentilhomme pour me rapporter de vos nouvelles. Si vous avez besoin de moi en quelque chose, je vous irai trouver aussitôt.
J'ai dit à Gordes l'avis que vous m'aviez donné pour lui de l'abbaye de la Rouve. Je suis très aise que les montres des armées soient prêtes, et l'artillerie. Le duc de Weimar me dit hier que le colonel Roze avait défait, dans le Comté', le régiment du baron de Suisse, et que ses gens avaient pris plus de 1000 chevaux.
J'ai parlé à mon frère comment il savait que les ennemis voulaient entrer du