A la chasse au vol
Lettre 358. — Archives de Chantilly.
I. M. le comte de Soissons dont on négociait toujours la soumission.
Lettre 359. — .archives des Affaires Étrangères, à Paris. — Topin.-(CLXXV.) I. Le comté de Bourgogne, appelé ensuite la Franche-Comté.
298 I.lvTTRES DE I.Ol'IS XIII A RICHELIEU
côté de Laon et Soissons ; il n'a pas voulu me le dire ouvertement, mais j'ai jugé que cela venait du côté de Sedan'.
La "S'rillière m'a dit que ceux du Parlement de Dijon' ont bien fait la bête ; il ne faut laisser cette faute impunie, pour faire différence de ceux de Rouen, qui ont obéi, d'avec ceux-ci qui sont désobéissants : s'il est besoin que j'y aille, je suis tout prêt : peut-être aussi que ce voyage pourrait faire quelque bon effet pour la Provence ': et sera fait en 10 jours.
Louis.
Saint-CuTmain, 5 mai 163^.
Je crois que le rendez-vous de l'armce de Picardie sera mieux à Aumale' qu'à Bray -, comme nous avions résolu, l'autre jour, quand je fus à Rueil.
Louis.
Saint-Gt-rmain. 8 mai 163".
Le porteur de ce paquet est Lille-Bellebrune que j'envoie pour major à Amiens, lequel je crois s'en acquittera très bien. J'ai fort entretenu le comte d'Alais ' sur les régiments de cavalerie, auxquels je l'ai trouvé fort contraire, mais fort porté aux brigades de 5 compagnies chacune.
Saint-Ravy n'a encore été payé de la moitié de la dépense qu'il lit l'année passée pour la conduite des cerfs que je donnai au roi d'Angleterre-; cela est un peu honteux; j'en écris un mot à M. de BuUion ; vous lui en parlerez encore si vous le voyez.
Je me porte assez bien, a la mélancolie près de ce que .AL de Noyers vous dit
2. Par les relations de Gaston d'Orléans avec le comte de Soissons réfugié à Sedan.
3. Comme ceux du parlement de Rouen, ils faisaient des difficultés pour l'enregistrement des nouveaux impots. — 4. Ce voyage dans la direction du Midi activerait peut-être l'expédition en Provence contre les Espagnols.
Lettre 363. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin- CLXXV.) 1. Aumale sur la Bresle. en Normandie, chef-lieu de canton de la Seine-Inférieure. — 2. Bray-sur- Somme, prés Corbie, en Picardie, chef-lieu de canton du département de la Somme.
Lettre 361. — Archives de Chantilly.
I. Louis de Valois, comte d'Alais, fils du duc d'Angouléme. C'est lui qui fut nommé gouverneur de Provence après la disgrâce du maréchal de Vitry. — 2. Charles ï"', roi d'Angleterre, beau-frère de Louis XIII.
hier; je crois qu'elle s'en ira ^ dans 7 ou H jours exécuter son dessein, auquel je ne m'oppose point.
LA PORTE SAINT-BERNARD, à Paris
Dessinée par I. Silvestre, gravée par Pérelle. — Cabinet des Estampes, Bibliothèque Nationale.
Saint-Germain-en-Laye, 9 mai 1637.
Ceux du régiment des Gardes se plaignent que Senante est venu à Paris avec de l'argent pour leur débaucher' leurs soldats, et même qu'on fait déjà courre le bruit dans leurs quartiers qu'il donne beaucoup d'argent aux soldats qui veulent aller avec lui.
-AI. dcCréqui m'a parlé pour donner un brevet de maréchal de camp à Maleissye.
,V Toujours l'ontrce au couvent de M""^^ de la Faj'ette. Lettre 362. — .\rchives de Chantilly.
I. Débaucher, comme on l'a déjà vu, veut dire faire déserter les soldats pour les t embaucher » dans un autre corps.
gouverneur de Pignerol - : je lui ai répondu qu'il en parlât a M. de Noyers, auquel je ferais entendre mon intention.
La fille ^ me parla encore hier de son dessein, me disant que si ce n'était une forte vocation de Dieu, que pour rien du monde elle n'eut songé à me quitter présentement: bien est-il vrai que si ce n'eût été à cette heure que c'eut été dans un an et demi pour le plus tard, comme elle m'avait toujours dit : toutefois, si je le voulais absolument, qu'elle se forcerait jusqu'à tant que j'allasse à l'armée, où on disait que je devais aller au mois de juillet.
Je lui répondis là-dessus, qu'elle savait bien que je n'avais jamais désiré qu'elle se contraignit en rien pour l'amour de moi, et qu'en cette affaire ici qu'elle regardât son sentiment et qu'elle le suivit entièrement. Elle a été voir le Père Caussin', lequel est très satisfait d'elle. J'ai dit encore audit Père la même chose pour lui dire, et aussi à .AI""= de Senecey, qui lui en a parlé pour savoir mon intention. Si quelqu'un vous en parle, comme on commence à en parler ici, vous pouvez dire la réponse que j'ai faite.
Pour moi, si elle est demain en la même résolution, ce que je crois, bien que M"'' de Senecey la tourmente de lui donner quelque temps, je m'en irai lundi à Versailles ou Chantilly pour essayer de passer mon affliction, qui me reprend de fois à d'autre extrêmement forte, surtout quand je suis seul; cela ne mérite pas que vous preniez la peine de vous approcher d'ici. J"espère que le bon Dieu me donnera de la consolation. Je vous manderai demain au soir si je m'en irai, ou oui ou non.
Si les filles de Sainte-Marie ^ envoient vers vous pour savoir si je trouverai bon qu'elles la reçoivent, vous leur pouvez répondre que je le trouverai bon; si elles ne vous en font point parler, vous ne leur en ferez semblant de rien.
Louis.
13 mai 1637, à 11 heures du soir.
Mon cousin, vous saurez, par le sieur d'Oinville. la capitulation du fort Sainte- Marguerite'. J'espère que le bon Dieu nous continuera, le reste de cette année, ses
2. La forteresse de Pignerol en Piémont, était toujours occupée par les troupes françaises, ce qui gênait singulièrement M. de Savoie.
3. M'"' de la F"ayette. Après ce récit de Louis XIII, il ne reste pas grand'chose des on-dit des contemporains. — 4. Le Père Caussin, nommé confesseur du roi, le 25 mars 1637, disgracié en décembre de la même année, et exilé à Quimper pour avoir voulu contrecarrer la politique du cardinal.
5. Le couvent des filles Sainte-Marie, rue Saint-Antoine, à Paris.
Lettre 363. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CLXXVI.)
I. Le fort Sainte-Margerite est le chef-lieu de Tile Sainte-Marguerite, occupée en même temps
que Tile Sainte-Honorat par les Espagnols. — Les Espagnols évacuèrent l'ile Sainte-Marguerite le
12 mai. et l'ile Saint-Honorat le 15.
bénédictions pour avoir une bonne paix, ce pourquoi je le prie de tout mon cœur, et qu'il vous tienne toujours dans sa sainte garde.
Lons.
S;iint-< iirmain, iH m:ii 1637.
Je trouve bon le papier qu'on enverra à M. le Comte '. 11 est à propos de prendre soigneusement garde à Metz. ,Ie ne pailerai de l'all'aire de Saint-Honorat, bien que le tils de M. de Nouveau en dit hier quelque chose chez la Reine.
Il est besoin de penser à cette révolte de Périgord ', y envoyant quelqu'un d'autorité. J'ai quelques petites pensées sur ce que peut entreprendre l'armée de M. de La Meilleraye '. que je vous dirai à la première vue. Je me porte bien.
Lovis.
Villeroy, 29 mai 1037.
Je vous renvoie la lettre de Limoges ' ; je crois qu'il fait ces croquants beaucoup plus forts qu'ils ne sont : je juge que ce prince dont il entend parler est AL le Comte, car pour mon frère je ne crois pas qu'il y songe. Si le père Caussin ou autre me parlent de faire venir l'évèque ■, je leur ferai connaître que je ne le désire pas, et qu'il est à propos qu'il demeure à son évéché en ces temps de brouillerie. Il est besoin de prendre garde au.\ brouilleries de Paris et autres lieux, et châtier les premiers qui voudraient commencer.
J'ai un peu de goutte, qui ne m'empêchera pas d'aller demain à Fontainebleau.
Je vous prie, en ce temps ici, de n'aller à Paris que le moins que vous pourrez. et de prendre bien garde à vous.
Louis.
I. Toujours les négociations avec M. le comte de Soissons. à Sedan. — 2. Les paysans du Périgord. que Louis XIII appelait les » croquants *, s'étaient révoltés en refusant les nouveaux impôts.
3. Claude de la Porte, marquis de la Meilleraye. était de plus en plus apprécié de Louis XIII. Cousin germain de Richelieu, il avait été nommé grand maitre de Tartillerie. puis lieutenant-général en 1636. Il fut nommé maréchal de France en 1639, duc et pair en 1663, et mourut en 1664.
Lettre 365 — .\rchives de Chantilly.
I. Contenant les nouvelles relatives aux révoltes de Limoges qui éclataient en même temps que celles du Périgord, à cause des nouveaux impôts. — 2. L'évèque de Limoges.
Fontainebleau, 31 mai 1637.
Je VOUS envoie la lettre pour faire voir au premier président ; je crois que vous la trouverez bien.
Il ne se pouvait faire mieux que de faire jeter le régiment de Brézé dans Ardres». J'ai peur qu'ils aient quelque avis du dessein du prince d'Orange % et qu'ils assemblent là leurs troupes pour l'empêclier. Il faut presser le cardinal de la Valette de marcher, si tout son fait est prêt, pour faire diversion ; la dépèche que vous avez faite h M. de La Valette est très à propos pour le renvoyer vers la frontière % au lieu de s'amuser aux croquants.
J'accorde à M. de Saint-Malo l'abbaye de Saint-Armel. J'oubliais à vous dire que l'abbaye du ^'alsecret est en règle, et non en commande. Je crois qu'il est très à propos d'envoyer un maréchal de camp pour ces croquants, puisque M. d'Epernon n'y peut aller ; vous songerez h quelqu'un ; j'y songerai de mon côté.
Louis.
Il faut expédier l'affaire des croquants, s'il se peut, avant que le roi d'Espagne ■• s'avance vers Ba}'onne, afin qu'on n'ait pas ces deux affaires sur les bras en même temps.
Fontainebleau, 3 juin 1637.
Un de mes gardes du corps, qui est de Mouzon ', m'est venu trouver pour me dire que on lui a envoyé un homme.exprès pour lui donner avis qu'on avait amené à Arlon^ 18 pièces de canon et qu'on disait qu'il y devait venir force troupes. Je crois cela difficilement ; si cela était, ce pourrait être pour donnera M. le Comte pour faire quelque diversion vers Mouzon.
Lettre 366. — Archives de Chantilly.
I. Ardres près Calais, chef-lieu de canton du département du Nord. — 2. Le prince d'Orange devait secourir les Espagnols dans les Pays-Bas.
3. Au lieu de s'arrêter à réprimer les troubles du Limousin et du Périgord. — 4. Phihppe IV, roi d'Espagne depuis 1621, beau-frère de Louis XIII. Né en 1605, il avait épousé en 1615 M'"" Elisabeth de France, née en 1602, sœur du roi. A ce moment il menaçait la frontière des Pyrénées.
Lettre 367. — Archives de Chantilly.
I. Mouzon sur la Meuse, près Sedan, actuellement chef-lieu de canton du département des Ardennes. — 2. .\rlon, dans le Lu.xembourg, chef-lieu du Luxembourg belge.
Les nouvelles compagnies des gardes qui ont logé dans Saint-Denis ' et autres villages d'autour de Paris ont fait tant de désordres qu'il serait bon d'y cnvovcr voir pour faire payer les pauvres gens, sur la montre qu'ils vont recevoir. La Gazette ' dit que Jean de VVerth' a donné deux assauts à Hermerstein' desquels il a été repoussé avec perte de beaucoup de gens ; si vous en avez quelques nou-
LA VILLE DE SALXT-DEXIS, près Paris
Daprès le dessin de Jo.achim Duvif.rt. — Cabinet des Estampes, Bibliothèque Nationale.
velles, je vous prie me les faire savoir. Egenfelt me vient de dire qu'il a nouvelles qu'une partie des troupes de Gallas tournent vers ledit Hermerstein.
Si vous avez des nouvelles de Rantzau', faites-les-moi savoir. Souvenés-vous de presser le duc de A\'eimar de marcher.
Espenan ' avait fait une proposition pour les garnisons des ilcs d'Hyères % que je ne trouve point mauvaise ; vous y penserez.
LoLi;;.
3. Saint-Denis-sur-Seine, près Paris. — 4. La Gj;///,- Je Frjiue.
5. Jean de Werth. le chef de partisans à la solde de lEspaçne, dont il a été souvent parlé — 6. Ehrenbreitstein, forteresse sur le Rhin en face Coblcntz. Klle était occupée par les Français.
7. Rantzau. officier étranger au service du roi. - 8. Roger Bostot dEspenan, gentilhomme agent de Richeheu.