‹ Louis XIIIChapitre 133 sur 166 · Les officiers de bouche du roi · texte numérisé non relu

Les officiers de bouche du roi

Saint-Germain, 5 janvier 1640.

Je rcardai hier au soir dans mes commissions; j'en ai trouvé encore une de Champagne', de façon que vous pouvez faire la proposition à Mayolas.

Les marchands et officiers de ma maison étaient prêts à partir demain pour Sedan % je les ai arrêtés. Je vous prie de me mander quand je pourrai parler au Maître de la Chambre aux deniers, parce qu'il a entre ses mains de l'argent qui est dû il M. le Comte % et je crains que si je ne lui parle promptement, il s'en dégarnisse. Il faut achever l'affaire de M. le Comte etM.de Bouillon' le plus tôt qu'on pourra, suivant ce que nous parlâmes hier.

Je vous envoie par de Grave les poires de bon chrétien, que je vous ai promises; elles sont de ^'ersailles- ; je suis bien marri qu'il n'y en ait davantage. Je

vous donne le bonjour.

Louis.

Si le régiment de Turenne" était proche de Sedan, il serait bon de le mettre ailleurs.

Saint-Germain, 27 janvier 1640.

Je trouve très bon que on mette Gomin' dans la Bastille, que on interdise ScarronS et que Laisné' demeure à Rueil le reste du Parlement. Je suis très aise des bonnes espérances que Estrade apporte de Hollande, et aussi La Mothe • du

Lettre 462. — Archives de Chantilly.

I. Le réo-iment de Champagne. 11 s'agit ici de commissions ou brevets d"officiers. On dit encore actuellement un employé commissionné. — 2. Sedan-sur-Meuse où s'était retiré le comte de Soissons.

3. Le comte de Soissons, dont on a vu les tentatives de rébelUon aux années précédentes. — 4. Le duc de Bouillon avait succédé en 1623 à Henri delà Tour d'Auvergne, duc de Bouillon, maréchal de France.

5. On voit combien Louis XIII s'inquiétait des détails de sa « maison de Versailles ». Le potager du roi, devenu si célèbre, donnait ici ses prémices. — 6. Le régiment de Turenne était composé en partie de gens levés dans le pays. Ici encore Louis XIII signale l'inconvénient de ce qu'on appelle actuelloment le recrutement régional.

Lettre 463. — Archives de Chantilly.

I. 11 y a probablement confusion de nom entre Gomin et Boivin. Celui-ci était maître des requêtes. A la suite d'un refus par le Parlement de vérification d'un édit du roi. il fut mis à la Bastille. — 2. M. Scarron, conseiller de la grande chambre, eut ordre de se retirer à sa maison de Blois.

3. M. Laisné. conseiller au Parlement, eut à la même occasion commandement de s'en aller à sa maison de Rueil. — 4. La Mothe-Houdancourt, maréchal de camp, qui va être employé à l'armée de Rouisillon.

côté d'Italie. Si les affaires vont bien de ces deux côtés, j'espère que nous ferons une bonne année.

Si la nouvelle de M. d'Avaux^ est véritable, c'est une bonne affaire, mais la principale pour moi est votre santé, laquelle j'apprends par votre lettre n'être pas en bon état, ce qui me met en peine. Je vous conjure d'en avoir soin sur toutes choses. Je me porte bien.

L'affaire de Pologne, comme on disait alors, occupa beaucoup les conversations et un peu le gouvernement du Roi. Le prince Casimir, frère du roi de Pologne, Vladislas VH, avait été arrêté en 1638, en Provence, par le comte d'Alais, gouverneur. Ses prétentions de simple voj-ageur avaient paru suspectes; il fut enfermé au château de Sisteron ; puis, sur ses protestations appuyées par les réclamations du roi de Pologne, il fut conduit à Vincennes. Ayant pris et signé l'engagement de ne point combattre la France, il sortit de Vincennes à la fin de février 1640. Avant de quitter la France, il fut reçu par Louis XIll, et ensuite par Richelieu, avec les honneurs royaux. On chercha à lui faire oublier ce que son séjour, en France, avait eu plutôt de désagréable.

Saint-Germain. 8 février i6.|o.

J'oubliai hier à vous prier de vouloir bien faire faire l'essai' des sangliers et autres bêtes qu'on vous portera de ma part, parce que celui qui a les chiens pour noir- (lequel m'a prié que, les ayant pris, il vous les pût présenter) est neveu du président de Novion, et que je ne tiens pas toute cette maison bien afiectionnce pour vous.

Je vous prie de prendre garde h vous en toutes façons et de tous côtés.

Louis.

Poissy', ce 26 février 1630.

Je trouve très bon qu'on loge le prince Casimir à l'hôtel de Schomberg-, je ne

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