‹ Louis XIIIChapitre 136 sur 166 · LA VILLE D'ARRAS · texte numérisé non relu

LA VILLE D'ARRAS

D'après la gravure de X. Cochix (1654). — Cabinet des Estampes, Bibliothèque Nationale.

camp sans infanterie, on combattrait les ennemis, et puis dire que je crois qu'on les battrait. Je vous dis ma pensée ; toutefois je m'en remets à ce que vous jugerez à propos.

Je crois que les ennemis étant logés où ils sont, il est bien malaisé de sortir de l'infanterie du camp ; mais de la cavalerie, qui va plus légèrement, aura fait une lieue avant que les ennemis en aient avis. Si vous me voulez envoyer quelqu'un, je lui dirai mes pensées plus long.

Louis.

Arras ayant capitulé le 9 août 1640, Louis XIII revint à Chantilly. Richelieu était resté à Amiens d'où il dirigeait l'occupation de l'Artois. Mais cette nouvelle conquête exigeant de nombreuses troupes, on verra le soin que Louis XIII mit à les recruter.

3. Guise-en-Thicrache, sur l'Oise, chef-lieu du département de l'Aisne. — 4. Péronnc, place forte sur la Somme, en amont d'Amiens, chef-lieu d'arrondissement du département de la Somme.

LETTRES DE LOUIS XllI A RICHELIEU

Chantilly, i" septembre 1640.

Plusieurs des capitaines ' qui s'étaient offerts se sont excusés sur la brièveté du temps que je leur donne ; il m'en reste encore onze qui m'ont promis être au rendez-vous, qui est à Chambly % le dernier de ce mois. Ils voudraient bien avoir les armes : je leur ai dit qu'il ne fallait pas qu'ils s'y attendissent.

J'ai envoyé de tous côtés pour trouver des gens pour achever les vingt compagnies. J'ai envoyé quérir des marchands de Senlis et Compiègne pour essayer à faire marché avec eux pour de la mèche \

Je fis hier arrêter 46 soldats qui se sauvaient. Je vous prie que je puisse savoir

souvent de vos nouvelles, autrement je serai toujours en peine de votre santé. L'air

étant à cette heure très mauvais à Amiens, sortez-en le plus tôt que vous pourrez.

Je suis toujours prêt à retourner au moindre mot.

Louis.

Si vous savez des nouvelles des ennemis, je vous prie de me le faire savoir.

Les députés de Catalogne étaient venus offrir aide et service à Louis XIII contre le roi d'Espagne. Cette diversion pouvait être fort utile surtout au moment où l'on préparait la campagne de Roussillon ; en effet, sur cette frontière, les Espagnols auraient été pris à leur revers, suivant la tactique que nous avons déjà signalée en Flandre et en Allemagne. Naturellement aussi les Espagnols, ayant un surcroit d'occupation du côté du Roussillon, étaient obligés de renoncer à toute attaque sur la frontière de la Navarre.

Chantilh', 2 septembre 1640.

Je vous renvoie le papier touchant l'affaire des Catalans ; celui de l'espion, je l'ai brûlé après Tavoir vu. Pour l'affaire des Catalans, je crois que c'est une affaire de quoi nous pouvons tirer grand avantage, tant pour l'embarras que cela donnera au roi d'Espagne' dans son pays, que pour la crainte que nous pouvions avoir du côté de Leucate", et de toute cette frontière, qui sera à couvert par ce moyen; et

Lettre 476. — Archives de Chantilly.

I. Des capitaines, qui s'étaient offerts pour lover chacun une compagnie, se plaignent du peu de temps que je leur laisse pour réunir l'effectif convenu. Il ne faut pas oublier que la nouvelle armée régulière organisée par Louis XIII se composait de troupes soldées, mais enrôlées volontairement. — 2. Chambly, sur la route de Paris à Beauvais, sur la rive droite de l'Oise, en Seine-et-Oise.

3. De la mèche à canon ; l'artillerie se développait beaucoup et cette question de la mèche va encore occuper le roi dans différentes lettres.

Lettre 477. — Archives de Chantilly.

1. Philippe IV, roi d'Espagne, beau-frère de Louis XIII. — 2. Leucate, place forte sur la Méditerranée, non loin de la frontière du Roussillpn, chef-lieu de canton du département de l'Aude.

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