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Versailles, 27 novembre 1641.
Le séjour du maréchal de Brézé ' dans le Roussillon est très à propos, et me semble qu'il serait bon qu'il y demeurât jusques à temps que Gassion '; que vous
Lettre 55R. - Archives des affaires étrangères, à Paris. - Topin.-(CCXXXVin.) I. Les armées françaises venaient de remporter divers petits succès aux frontières. Lettre 559. - Archives des affaires étrangères, à Paris. - Topin.-(CCXXXIX.)
Lettre "^ôo. — Archives de Chantilly. , n- u i- c,
,. Urbain de Maillé, marquis de Brézé, avait épousé M- du Plessis ^«ur de R.cheheu Sa parenté, comme ses services, le mirent en évidence; il fut nomme maréchal ^" f 3^' J^^^.^'^^^^^* , 1635. et mou.ut en ,650. - 2. Gassion, comme on l'a vu, ayaU d abord «/^!,' ""/^^^f^^^^^'p^,^^ depuis 1635 >1 était au'service du roi ; son zèle et ses qualités '^^-^n^^J.f .^^ f "^ "PP^""'' faut remarquer que beaucoup de généraux de Louis XIII étaient « de la Rehg.on ».
nommez pour cet emploi, y fût arrivé. Après y avoir bien songé, je n'en vois point d'autre que lui, et je crois qu'il s'en acquittera bien ; il n'y a qu'à craindre que les peuples de ce pays-là, à cause qu'il est huguenot, croient qu'on voulût permettre cette maudite religion dans leur pays, et que les Espagnols ne leur fassent glisser ces méchants bruits parmi eux.
Je vous dis tout ce qui me vient dans la pensée, mais ne voyant que lui présentement propre à cet emploi, il faut passer par-dessus ces difficultés, et faire connaître aux peuples par d'autres voies qu'il n'a point cette intention. Il n'y a point de temps à perdre ; c'est pourquoi il faut envoyer quérir Gassion, et le faire partir le plus tôt qu'on pourra.
Je me porte bien ; je fus hier six heures à cheval ; j'ai pris cette nuit un petit remède, parce que mon ventre était un peu serré. Je vous donne le bonjour.
Louis.
Si le temps me le permet, je courrai aujourd'hui le cerf.
Saint-Germain, 7 décembre 1641.
Envoyant ce gentilhomme pour savoir de vos nouvelles, je vous assurerai que je me porte très bien, et suis fort gaillard. M. Bouvard* assure que ce que je pris hier tira tout le fond, et qu'il n'y a plus rien ; c'est un discours qu'il y a plus de deux ans qu'il n'a fait. Je m'en vas courre le loup. Je vous donne le bonjour, et vous recommande d'avoir toujours bien soin de vous.
Louis.
Le pont du Pecq ' rompit hier comme M""^ de Lorraine'* en sortait.
Saint-Gcrmain, 18 décembre 164 1.
Je pensais aller à Versailles, mais le mauvais temps m'en a empêché. Je vous prie à notre voyage de Paris d'avoir toujours bien soin de vous. La prise de
Lettre 561. — Archives de Chantilly.
1. M. Bouvard, premier médecin du roi depuis 1628. — 2. Le pont du Pecq, au bas de la côte de Saint-Germain, sur la route de Paris à Saint-Germain.
3. La duchesse Nicole de Lorraine, réfugiée à Paris, femme du duc Charles IV de Lorraine.
Rogles ' commence à faire du bruit dans l'infanterie, et donne de la peur à beaucoup ; il faut continuer ces châtiments, autrement on ne saurait faire la guerre. Guitaut-' me dit hier tout haut en jouant qu'il était parti du camp le 9 de ce mois, et qu'on disait dans l'armée que j'allais en Catalogne ^ mes valets de chambre m'ont dit ce malin qu'on disait que je devais partir le 15 de février, et que la Reine venait avec moi, que je prenais la route de Bordeaux, et que vous
alliez h Richelieu.
Je vous mande toutes ces nouvelles pour vous faire voir les choses qui se disent.
Je vous donne !e bonjour.
Louis.
Versailles, 19 décembre 164 1.
Je vous remercie de la bonne nouvelle que vous me mandez; je prie Dieu qu'elle soit véritable ; cela, et le fracas que nous prétendons faire dans l'Espagne, les pourra porter à la paix, ce que vous et moi souhaitons il y a longtemps.
Je me porte bien, hors une tiuxion qui m'est tombée sur le col et les épaules, qui m'empêche de pouvoir tourner la tête ; si elle me dure encore cette nuit et qu'il fasse mauvais temps, je m'en retournerai demain à Saint-Germain. Je vous donne
^^ b°^^°'^- Lou.s.
Versailles, 20 décembre 164t.
Je vous remercie du soin que vous avez de ma santé. Ma fluxion ' a tellement augmenté cette nuit, qu'elle m'a empêché de dormir ni de pouvoir avaler ; )e pen-
Lettre ^62. — Archives de Chantilly.
X Te sieur de Roç;les était un brave colonel, qui s'était distingué en ma.nte occasion; .1 ne fau Voir dtn . sa prise, qu'un acte de discipline militaire. Comme il était de mode à cette époque, U ne se Sait pas pour s'absenter de son corps, et c'est à titre d'exemple qu .1 fut arrête - 2 Franco^ de Comm^nges, seigneur de Gu.taut, était capitaine aux gardes. Connu pour sa rude franct^e et sa fidélité, il fut nommé gouverneur de Saumur en 1650, chevaher de 1 ordre en .66. et
mourut en 1663
^ Les uns prétendaient que le roi voulait conquérir la Catalogne et en faire une province français", d'utres'qu'il voulait iimplement aller à larmee du Rouss.llon comme .1 ava.t ete alarmée de Flandre.
Lettre 563. — Archives de Chantilly.
Lettre 564. — Archives de Chantilly.
I. C'est la première fois que dans ses lettres Louis XIII avoue être aussi soulTrant.
sais m'en aller à Saint-Germain, mais, m'étant levé, je me suis trouvé avec de si grandes douleurs que j'ai été contraint de me mettre au lit, ne pouvant souffrir le branle du carrosse.
M. Bouvard a envoyé quérir Bontemps pour me faire saigner ce soir; j'espère que ce remède me fera grand bien, m'ayant toujours soulagé dans tous les maux que j'ai eus. M. Bouvard écrit plus au long les particularités de mon mal à M. Citois'-. Je vous remercie de la nouvelle d'Allemagne, qui est très bonne. Excusez-moi si je ne vous écris pas de ma main, ayant une telle douleur entre les épaules, que je ne saurais du tout me remuer. Je vous recommande d'avoir toujours soin de vous.
Louis.
Saint-Germain, 23 décembre 1641.
Je vous remercie du soin que vous avez de moi; je vous puis assurer que (excepté le col, qui me fait encore un peu douleur, quand je le tourne), il y a dix ans que je ne me suis si bien porté. De mes gens qui sont venus aujourd'hui de Paris m'ont dit les mêmes bruits que vous me mandez sur ma santé.
Je vous donne le bonjour.
LOTIIS.
Saint-Germain, le 24 décembre 1641.
Le marquis Ville ' est venu me voir et me dire adieu. Il m'a demandé la réponse pour ma sœur-; je vous prie de me l'envoyer par ce porteur. La lettre qu'il m'a apportée était de créance sur lui et force compliments.
Je vous donne le bonjour et vous recommande d'avoir toujours soin de vous.
Louis.