PLAN DE LA VILLE FORTE DE PERPIGNAN
D'après une gravure du Cabinet des Estampes de la Bibliothétiue Xaticmali-.
sur quoi me remettant, je finirai en vous assurant que quelque bruit qu'on fasse courir, je vous aime plus que jamais, et qu'il y a trop longtemps que nous
Lettre 580. — Recueil d'Aubéry, à Paris. — Topin.-(CCXLlV.)
I. M. de Chavignv, a le jeune » des années précédentes, secrétaire d'État, employéde préférence par Louis XIII pour ses rapports avec le Cardinal. On a vu qu'il avait eu ([uelques moments de défaveur. — 2. Le maréchal Antoine de Gramont. comte de Guiche. commandant l'armée française en Flandre, s'était laissé surprendre par les Espagnols, et battre à Honnecourt prés Cambrai. Cette défaite dans un pays que l'on croyait pacifié, à un moment où le roi et le Cardinal avec les forces vives de la France étaient si loin de Paris, avait eu un retentissement considérable et provoqué un effroi général.
sommes ensemble pour jamais nous séparer, ce que je veux bien que tout le
monde sache.
Louis.
Au camp devant Perpignan, 7 juin 1642.
Je me suis un peu trouvé mal à la messe; mais à cette heure je me porte mieux. J'ai envoyé à .Maine et à Montpellier par l'avis des médecins pour savoir si les eaux dudit .Maine se portent jusques à .Montpellier, comme on m'a assuré, et, en ce cas, j'irai à Béziers, où je les ferai porter, attendant que ceux de Perpignan' parlent, ce que je ne crois pas être devant la Saint-Jean".
Pour les affaires, je m'en remets à ce que M. de Noyers vous en écrira de ma part. Songez à votre santé ; pour la mienne % pourvu que je prenne des eaux, j'espère qu'elle ira bien.
Louis.
29 juin 1642.
Je ne me trouve jamais que bien de vous voir'. Je me porte beaucoup mieux depuis hier et ensuite de la prise de ^L de Bouillon ', qui est un coup de partie.
J'espère avec l'aide de Dieu que tout ira bien et qu'il me donnera la parfaite santé ; c'est à cette tin que je le prie de tout mon cœur.
Louis.
Lettre 581. — Archives de Chantilly.
1. En attendant que la garnison de Perpignan parle de se rendre. — 2. Fête de la Saint-Jean, le 24 juin.
3. On voit que depuis son départ de Xarbonne, Richelieu allait un peu mieux, et que le roi le considérait comme en état d'expédier les affaires avec le secrétaire d'État de la guerre, JM.de Noyers.
Lettre 582. — Le père Griffet. — Topin.-(CCXLV.)
I. Louis XIII avait été voir Richelieu la veille, 28 juin, à Tarascon. — 2. L(- duc de Bouillon venait d'être arrêté le 23 juin précédent à Casai, capital.- du Montf(.-rrat, i-n Italie. Il était en fuite depuis la bataille de la Mariée.
I.e 2.) juin, Louis XIII s'était mis en route pour reg.igner Paris, laissant en Provence le Cardinal dont la santé était toujours mauvaise, mais qu'il jugeait capable d'agir en véritable lieutenant-général. Le ton de cette lettre officielle ne ressemble en rien à celui des lettres intimes.
Bagncils'. 30 juin 1642.
Mon cousin, étant contraint par la consiJéraiion de mes alfaires et par l'état auquel est votre santé de vous laisser en ce pavs à mon très grand regret, je vous écris cette lettre pour vous dire que, ayant entière confiance en vous, mon intention est que vous fassiez les choses qui regarderont le service avec la même autorité que si j'y étais.
Que les ordres que vous enverrez soit dans les provinces de deçà, soit dans les provinces en dehors du royaume à mes lieutenants généraux d'armée ou à mes ministres, soient aussi ponctuellement e.xécutés que les nriens propres, et que vous pourvoyez aux choses pressées sans m'en donner avis.
Je SUIS assuré que je ne saurais jamais mettre mes affaires en meilleure main; je vous conjure seulement de les faire sans altérer votre santé. Je finis en priant Dieu qu'il vous la redonne comme je la désire.
Louis.
Loriol', 3 juillet 1642.
Je VOUS remercie du soin que vous avez de moi; je me renforce tous les jours et, sans le mal que j'ai au derrière, je serais en état de monter à cheval.
J'ai eu depuis hier la goutte à la main gauche, mais à cette heure je m'en porte mieux, et espère jouer demain au mail. Je me réjouis de quoi votre bras se porte toujours de mieux en mieux. Je vous donne le bonsoir.
Louis.
Lettre 583. — Le père Griffet. — Topin.- CCXLVI.)
I . Bagnols, petite ville du Languedoc, sur la rive droite du Rhône, en amont d'Avis^non, et presque en face d Orange, située sur la rive gauche. ' -ri
Lettre 584. — Archives de Chantilly.
I. Loriol, petite ville du Dauphiné sur la Drôm.- et la rive droite du Rhône entre Valence et Montehmar.
4j6 LETTRES DE LOUIS XIII A RICHELIEU
s. 1., 9 juillet 1642.
J'ai commandé à M. de Chavigny ' de vous aller trouver pour vous rendre compte
de toutes choses. Nous avons bien à remercier Dieu des grâces qu'il nous fait tous
les jours. Assurez-vous que j'ai plus d'atïection et de tendresse pour vous que je
n'en ai jamais eu.
Louis.
Fontainebleau, 27 juillet 1642.
Je vous écris ce mot pour vous assurer que je me porte beaucoup mieux depuis que je suis en ce lieu. Je montai hier une demi-heure à cheval; aujourd'hui j'y ai été deux heures, sans sentir nulle incommodité; si vous étiez ici, je serais entièrement guéri. La visite que je vous lis à Tarascon ' m'ayant redonné de la santé, votre venue ici me la donnerait entière. Je prie Dieu que vous soyez bientôt en état de partir; l'impatience me tient si fort de vous revoir que je ne la puis plus
supporter.
Louis.
Le duc de Bouillon, qui n'avait cessé de conspirer contre Louis XIII, avait fait un traité d'alliance avec les Espagnols, dont une armée sous son commandement devait envahir la France. Nous avons vu qu'il avait été arrêté à Casai en Italie. Richelieu avait fait surveiller étroitement M. le Grand Écuyer Cinq-Mars, que Louis XIII avait avec lui au siège de Perpignan, et avait pu avoir la preuve qu'il avait trahi avec le duc de Bouillon et avait signé tin traité avec les Espagnols. Louis -XIII avait donné l'ordre d'arrestation de M. le Grand et de ses complices. D'après le ton de la lettre, il semble que Louis XIII, qui avait vu autour de lui tant de trahisons, n'ait pas vu dans ces événements autant de drames que certains historiens.
Fontainebleau, 3 août 1642.
Mon Cousin, je juge qu'il est si important pour ma personne et pour celle de mes enfants et pour le bien de mon État d'éclaircir entièrement les preuves du crime
Lettre 585. — .\rchives de Chantilly.