‹ Louis XIIIChapitre 155 sur 166 · I. M. de Chavigny, secrétaire d'État · texte numérisé non relu

I. M. de Chavigny, secrétaire d'État

I. La visite, ci-dessus mentionnée, à Tarascon, de Louis XIII à Richelieu le 28 juin.

du duc de Bouillon et du sieur de Cinq-.Mars', que j'ai cru devoir donner ordre à M. le Chancelier- de s'avancer jusqucs à Lyon, afin que si vous l'estimez à propos, il puisse conférer avec vous et vous faire les ouvertures, par son intelligence et pour l'expérience qu'il a en de semblables affaires, qui peuvent mettre celle-ci en l'état que je désire.

Je vous prie de voir avec lui tout ce qui se pourra faire en conscience, et de résoudre tout ce que vous verrez être du bien de mon service. Je m'en remets entièrement à votre jugement, et je me suis trop bien trouvé jusques h cette heure de la confiance sans réserve que j'ai eu en vous pour ne continuer pas à vous en donner des marques en cette occasion. Je vous conjure de faire tout ce que vous pouvez pour hâter votre guérison, car jamais je n'eus tant d'impatience de vous voir.

Louis.

Chantilly, 20 août 1642.

J'ai eu grande joie quand j'ai appris que vous deviez partir de Tarascon, car c'est un signe que votre santé s'allermit de jour à autre. J'avoue que j'appréhende le Rhône pour vous ', et n'aurai point de contentement que je ne vous sache à Valence '.

Je ne vous parlerai d'aucune affaire, .ADL de Chavigny et de Noyers vous écrivant tous les jours ce qui se passe de deçà; seulement je vous dirai que notre armée ' et celle des Espagnols ont si grand peur l'une de l'autre, qu'il n'est pas à croire que la dernière entreprenne rien d'important. Elles sont très aises toutes deux d'avoir de bonnes et creuses rivières devant eux, ou de bonnes villes h leur derrière.

Pour changer de discours, je vous témoignerai l'impatience que j'ai de vous voir, qui ne sera jamais si tôt que je le désire.

Louis.

Lettre 587. — Archives do Chantilly.

I. M. le Grand, cassé de son emploi, redevenait le sieur Cinq-Mars. — 2. Le chancelier Séguier.

Lettre 588. — .Archives de Chantilly.

I. Le Rhono, dont la navigation est difficile. — • 2. \'alonce en Dauphiné, sur le Rhône, chef-lieu du département de la Drôme.

j. La réflexion du roi est bien curieuse et vient à l'appui de certains philosophes qui prétendent que les peuples et les armées n'aiment point la guerre, mais que ceux qui n'ont point de coups à recevoir la leur font faire.

Chantilly, 27 août 1642.

J'ai reçu deux bonnes nouvelles en même temps parChamarande ' ; la première, l'augmentation de votre santé ; et la seconde, que vous croyez que Perpignan capitulera tout de bon cette fois-ci, ce que je crois, étant à l'extrémité, oiî ils sont, et aussi que leur secours, qu'il y a si longtemps qu'ils attendent, ne parait point. Je vous envoie le mémoire que vous avez désiré ; j'ai admiré votre mémoire, car vous n'y avez pas oublié un mot de tous les discours que nous eûmes à Chaulnes où cette affaire fut résolue. Je ne saurais que je ne vous témoigne la joie que j'ai de votre approche vers ces quartiers ; je prie le bon Dieu de vous \' revoir bientôt en telle santé que je vous la souhaite: la mienne va toujours de mieux en mieux.

Louis.

La lettre suivante est particulièrement intéressante à noter, car elle montre comment Louis Xni travaillait en l'absence ou pendant la maladie du Cardinal.

Monceaux', 7 septembre 1642.

Je n'ai pas voulu laisser retourner ce gentilhomme sans vous témoigner la joie que j'ai de votre approche et de ce que votre santé va de mieux en mieux.

MM. de Chavign\- et de Noyers vous mandent tout ce qui se passe par deçà, et comme j'ai fait avancer les gardes françaises et suisses à Rethel -, les ordres que j'ai donnés pour la Lorraine, où il semble être nécessaire de pourvoir promptement. Je travaille à des mémoires pour essayer que, l'année qui vient, l'infanterie soit plus forte qu'elle n'a été cette année et à moins de dépenses.

J'ai tiré les avis de tous les officiers généraux et particuliers des armées sur ce

sujet. J'en prendrai ce qu'il y aura de meilleur pour joindre aux miens, auxquels,

sans savoir mes pensées, la plus grande part se rapportent. Je travaille avec soin

à cette affaire, parce que, si nous n'avions point la paix cet hiver, nous n'aurions

point d'infanterie l'année qui vient. Ma santé va très bien; je suis tous les jours six

et sept heures à cheval, je souhaiterais que la vôtre fut aussi bonne, pour laquelle

je prie le bon Dieu tous les jours.

Louis.

Lettre 589. — Archives de Chantill)'.

Page 1