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LE CHATEAU DE VERSAILLES

sous LOUIS XIII

D'après Isr.\f,i. Sylvestre.

Cabinet des Estampes. Bibliothèque nationale.

son, de remettre le plus tôt possible le trône au Dauphin, pour se retirer ensuite à son château de Versailles devenu un véritable ermitage.

Louis XIV fut séduit par le site, et remplaça le château de son père par les magnifiques constructions conservées de nos jours.

En outre de ses châteaux personnels, Louis Xlll allait fréquemment faire des déplacements de chasse dans des châteaux des environs de Paris, où les bois se prêtaient à sa distraction favorite.

Comme nous l'avons déjà vu, le Roi voyageait à petites journées, suivi de tout son train de maison dont l'allure était fort lente. Les routes, généralement détestables, se réduisaient souvent à de simples pistes, poudreuses en été, horriblement boueuses en hiver. On versait assez souvent, et les ruptures de roues et d'essieux, aussi bien que les passages des rivières, étaient des incidents désagréables, mais ordinaires. Les voyageurs, entassés dans les grands carrosses de l'époque, y étaient fort mal. L'étiquette voulait qu'il n'y eut pas une place

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vacante : aussi, comme pour parcourir des distances un peu considérables, il fallait rester longtemps en route, les vovages semblaient interminables. Le jeune dauphin avait été « mis en carrosse », de bonne heure. Vif et remuant, il ne se plaisait guère à être enfermé dans ces machines roulantes; il cherchait des distractions de toute sorte. L'une d'elles lui laissa un désagréable souvenir. Un jour de voyage, qu'il avait emmené une guenon dans son carrosse, il eut la singulière idée de faire partir une fusée pour effrayer l'animal. Le Dauphin réussit au delà de ses désirs; car la guenon eut tellement peur que le carrosse fut « tout empuanti et gâté ». Les habits du Dauphin furent aussi tellement gâtés qu'il fallut enlever les uns, couper les autres, et laver le reste.

Depuis cette aventure, il se montra fort strict sur la tenue. Le 27 juin 161 1, le jeune Roi était en route. Après une halte, le baron de Vitry, sortant de l'hôtellerie, avait pris des cerises et les mangeait dans le carrosse; le Roi l'en reprend aigrement : " Coiniiiciit, Vi'/rv, vonle{-vons faire des vilainics ici, et gâter mon carrosse. » Peu après, M. de Vendôme se met à manger des abricots tirés de sa pochette : « Quoi ! voiile{-voiis /aire un cabaret Je mon

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