CHARLES IV^ DUC DE LORRAINE
Daprès Pierre de Jode.
Cabinet des Estampes, Bibliothèque Xationale.
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ECLAIRCISSEMENTS POUR LES ]. ETIRES
« Se passèrent là-dessus force compliments, et montèrent en haut où ils furent enfermés ensemble trois heures, sans rien faire; Taprès-diner, ils traitèrent pour le moins quatre heures au logis du Cardinal-Duc. où ne se purent accorder.
« Tout le monde croyant que tout était rompu, l'ordre lut donné aux troupes qui étaient venues avec le Cardinal-Duc, de se tenir prêtes pour s"en retourner. Le lendemain matin, 20, à 5 heures, comme le Cardinal-Duc vint pour dire adieu au Duc en son logis, ils parlèrent quelque temps ensemble, demandant une écritoire qui leur fut apportée, et le traité fut signé à l'heure t|ue Us parties s"v attendaient le moins.
* A l'heure même, le Cardinal-Duc envoya au Roi le comte de Nogent ', pour lui donner avis que le traité était signé, et que le duc de Lorraine serait le lendemain, après diner, auprès de Sa Majesté. *
Puis Louis XIII continue à donner des détails pendant deux pages. C'est très bien que le traité soit signé, mais il fallait régler tous lesdétails; alors on envoie Bouthillier. le secrétaire d'Etat, et le Père Joseph du Tremblay, le célèbre capucin. Ceux-ci devaient s'aboucher avec Jeannin, secrétaire d'Etat du duc de Lorraine. Par un sort bizarre, Jeannin fut d'abord introuvable ; il finit par arriver, mais voici qu'il reste enfermé « deux grosses heuresavec M. de Lorraine ».
* Là-dessus on vint dire au Roi que le Duc avait, suivant son habitude, quelque mauvais dessein et voulait s'échapper à la nuit. Sa Majesté ne le crut, mais pour éviter tout mauvais événement, il commanda qu'on fit bonne garde dans le quartier, ce qui est l'ordinaire, et quelques officiers du régiment des gardes eurent ordre de se promener autour du logis, de peur que si M. de Lorraine eût voulu sortir la nuit, les sentinelles ne lui fassent quelque mauvais tour, de quoi le Roi eut été au désespoir. *
On remarquera la façon amusante et narquoise dont Louis Xlll fait surveiller M. de Lorraine dans son intérêt.
L'un des articles les plus importants, et d'une longueur telle qu'il faut se contenter aussi de quelques extraits, apprend au public dans quelles conditions s'est faite, en 16-54, la rentrée en France de Monsieur, duc d'Orléans. Louis XIII tenait particulièrrement à ce que, pour des affaires de famille aussi délicates et qui lui tenaient tant à cœur, il n'y eût pas la plus légère indiscrétion ou la plus petite erreur; le texte a été corrigé plusieurs fois par le Roi.
I*.iris. i> octobre 1634,
» Monseigneur, frère du Roi, ayant fait savoir à Sa Majesté qu'il désirait revenir en son royaume et se remettre en bonnes grâces. Sa Majesté reçut cette nouvelle avec grande joie, et lui envoya les ordres pour tous les gouverneurs des places en Picardie, afin qu'ils eussent à le recevoir. »
Puis, suivent tous lesdétails. Gaston d'Orléans quitte Bruxelles, simulant une chasse au renard, et se dirige tout d'une traite sur la Capelle, qui est la place la plus rapprochée de Bruxelles à vingt-cinq lieues. Son cheval meurt à la dix septième lieue ; il monte un cheval de main, et arrive en pleine nuit, mais heureusement par un clair de lune, sous les murs de la Capelle, à dix heures du soir, essayant de se faire reconnaître.
* I^s sentinelles prirent l'alarme; toute la garnison prit les armes et allèrent chacun à leur poste. Le gouverneur qui est le baron du Bec, fils de feu M. de "Vardes, alla promptement sur le bastion du Roi pour voir ce que c'était. Il entendit une voix qui dit, comme les sentinelles demandaient : r Qui va là! > — f C'est Monsieur frère du Roi *. Le voilà bien surpris, ne sachant rien de
1. Le comte de Nogent était capitaine des gardes de la porte du Roi.
. ions XIII JOURNALISTE