‹ Louis XIIIChapitre 29 sur 166 · I.ODIS XIII lorRNAI.ISTK · texte numérisé non relu

I.ODIS XIII lorRNAI.ISTK

bu du vin clairet fort triTtipé, assez sfiif, !<•« ailes de 2 pigeonneaux rôtis et lardés, l'estomac de

2 cailles, bigarreaux, 14, cerises confites, 12. sirop, pain peu. dragées de fenouil, la petite cuillerée.

Va chez la Reine ;i 10 heures, revient, dévêtu, mis au lit, pouls plein, égal, pansé, chaleur douce, prie Dieu, s"endort à 10 heures et demie iusqu'à 7 heures et demie après minuit.

Samedi 1''' août i8i6, à Xantes. — Le roi a vingt-quatre aux. — Kveillé à 8 heures et demie anrcr, minuit, douceur, pouls plein, égal, pansé, chaleur douce, levé, bon visage, gai, p... jaune beaucoup, peigné, vêtu, prié Dieu.

A q heures et demie déjeuner, cerises crues. 6, pain pou. bu, va à la messe aux Péri s Je l'Oratoire, va chez la Reine, sa mère ', à 11 heures et demie revient.

Dîner, 7 cuillerées de fraises au vin et au sucre, bouillie, 4, pois sur un potage au Ijiurre, 5, un peu d'une petite plie, le dos d'une sardine salée, cerises crues, 12, cerises dans une petite tarte, 14.

3 cuillerées de framboises au vin et au sucre, i poire crue, orange, pain assez, bu du » potus divinus-' ». dragées de fenouil, la petite cuillerée.

Va chez la Reine, sa mère, au Conseil, revient à 6 heures en sa Chambre et son Cabinet.

A 7 heures et demie, souper, cerises crues, 14, potage au lait. 12, pois en potage, 14. pain et citrouille, fraises. 6, une t-ourte de prunes, bu du ' potus divinus *, quatre rissoles d'amandes, le dedans d'une tarte à la poire. 3 cuillerées de groseilles rouges confites, cerises crues, 12, cerises confites, 10, pain assez, bu du ' potus divinus », dragées de fenouil, la petite cuillerée.

Va chez la Reine sa mère. Revient à g heures, dévêtu, mis au lit, prié Dieu : bien fait * ses affaires * jaune, mol, beaucoup; bu 2 coups de • potus divinus, remis au lit à 10 heures, s'endort jusqu à 7 heures et demie après minuit.

On voit à quelle alimentation intensive était soumis Louis XIII suivant la mode de l'époque, cela ne ressemble guère à ce qu'on appellerait aujourd'hui une nourriture légère.

On trouve Je tout dans le " Journal «, même des étymologies. Héroard, par exemple, au lieu d'omelette ' écrit œuf meslette, une meslettè d'œufs, ou œufs mêlés, que l'on prononçait eumelette. Cette prononciation étant difficile, on arriva rapidement à omelette, et c'est probablement la véritable étymologie de ce mot qui excita l'imagination de tant de chercheurs.

Louis XIII s'était aperçu de bonne heure de la puissance de la presse ; au lieu de l'accuser de toutes sortes de méfaits, il savait à la fois la diriger et s'en servir. Comme on le verra dans ses lettres, il écrit souvent au cardinal : '< il faudrait faire mettre telle ou telle chose dans la Ga{ettc\ il faut faire attention à la Galette ». C'était la Gj{cttc de FraiiLC, fondée par Théophraste Renaudot. et dont Louis XIII fut pendant presque tout son règne le collaborateur régulier. Persuadé qu'on n'est jamais mieux aidé que par soi-même, et pour que le public fut renseigné comme il le désirait, le Roi faisait les articles.

En général il écrivait lui-même ; on reconnaît sa grosse écriture ferme et parfaitement lisible; mais il raturait et corrigeait beaucoup. S'il s'apercevait que son style était trop pom-

1 La Reine mère Marie de MéJicis. — 2. Potus divinus, plus tard le cacao fut appelé théobromine, boisson des dieux. — 3.Liitré propose des étymologies qui paraissent bien bizarres.

4» ÉCLAIRCISSEMENTS POUR LES LETTRES

peux, il simplifiait, ettel incident, tel détail, telle nouvelle àla main, commeon dirailaujourd"hui, avait l'air de provenir d'un petit correspondant de province ou d'un vivandier des armées; et pourtant le texte était entièrement de la main du Roi.

Une singulière remarque, c'est que par moments il répète les mots ou les fractions de mots; il bégave en écrivant — si l'on peut risquer cette expression, — comme il bégayait parfois en parlant, suivant les reproductions que donne le fidèle Héroard. Mais cette infirmité, qui agaçait le Roi, diminue avec les années et finit par disparaître.

Sans doute beaucoup d'articles ont été perdus. Ce qui est conservé est extrêmement curieux, et chacun peut le lire au cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale sous l'indication: Manuscrits français 5840. C'est une sorte d'in-folio, bien relié, en parfait état de conservation, intitulé :

« Relations particulières fort curieuses, écrites de la main du Roi Louis XIII, qu'il faisait de temps à autre, et qui m'ont été données par M. Lucas, secrétaire de son cabinet, après la mort du Roi, et qui étaient dans la cassette que Sa Majesté faisait toujours porter avec elle. «

Le Roi emportait beaucoup de choses dans ses déplacements, et, pour employer l'expression alors à la mode, il menait avec lui un très grand train. Mais le fait de voyager toujours avec sa collection d'articles de journaux montre l'importance qu'il y attachait. Il faisait copier son texte par Lucas ou un autre secrétaire de confiance, et c'est cette copie qui était remise à la Ga^elte de France. 11 faut noter aussi que Louis Xlll ne parle jamais au cardinal de cette collaboration, et peut-être Richelieu l'a-t-il toujours ignorée.

Les articles conservés dans le manuscrit de Paris embrassent une période de dix années, de 1633 à 1642. ^'oici le sommaire de quelques-uns de ces articles avec des extraits de genres divers qui suffiront pour en donner l'idée et en montrer l'intérêt :

1633. 'f. Du camp devant Nancy, le 17 septembre, publié dans la Gci^ctfc du 17 septembre. >/

1633. « Relation très particulière de ce qui s'est passé depuis que le cardinal de Richelieu est arrivé à Charmes pour traiter avec le duc de Lorraine 13 octobre jusqu'à l'entrée du Roi dans la ville de Nancy. >/

On remarquera que, d'ordinaire, le Roi ne laisse à personne le soin d'informer le public de ce que faisait, d'après son ordre, le cardinal-duc. Quelques extraits seulement de l'article royal sont reproduits, sa longueur ne permettant pas de le publier intégralement.

La rencontre du cardinal et de M. de Lorraine a l'air d'être réglée comme une entrée de ballet.

* Le Cardinal arriva à Charmes à 7 heures du soir, attendit le duc de Lorraine jusqu'à 9 heures du soir; voyant qu'il ne venait pas et qu'il n'en avait nulles nouvelles, se coucha et s'endormit. Sur les II heures, le duc arriva accompagné de vingt gentilshommes et vint mettre pied à terre au logis du Cardinal-Duc, lequel dormait il }• avait deux heures. Ses gens le voulant éveiller, le dit Duc ne le voulut jamais permettre.

Ce que sachant, le lendemain 19, le Cardinal-Duc se fâcha de quoi on ne l'avait éveillé et incontinent alla voir le dit Duc sur les 7 heures du matin, lequel il trouva endormi et ne voulut que l'on l'éveilla et alla entendre la messe.

« En sortant de l'égUse, il trouva le dit Duc, où se firent de grands compliments, le Cardinal-Duc voulant mener le dit Duc en son logis et le Duc le Cardinal au sien. Sur ces compliments qucl(|u'un dit : «• M. de Lorraine n'a pas ouï la messe. » Sur quoi le Cardinal Duc lui dit : « Monsieur, vous ferie\ mieux d'entendre la messe, et après nous traiterons *.

« Il s'y en alla; le Cardinal-Duc avait mis des gens pour prendre garde quand la messe serait dite

LOUIS XIII JOLRNALISTK

pour aller attendre M. de Lorra

ine en son lo^is. Ses gens nétant

pas assez prompts pour lave

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[Barri Dvx. etc

SeRENîS5IMV5 PRINCE!

LOTHARINGIA-ET

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