‹ Louis XIIIChapitre 38 sur 166 · AVEC · texte numérisé non relu

AVEC

LE CARDINAL DL RICIll-LlLU

Kct.iiir de I.niiis NUI il.- I.il)ournc ;\ Paris. — D.- Paris en Vcndco par la Loiro. — T.p roi r.-mportP la victoire lU- l'ili' de Riez sur les prot<;stants. — Voyage en I.antiuedoc et en Provence. — Le samedi lo déceniljn', à Lyon, Louis XIII remet à Richelieu le chapeau de cardinal. — Retour à Paris.

La première lettre connue adressée à Richelieu, par Louis XIII. est datée d'Apremontsur-Vic, commune Je la Vendée, entre Challans et La Roche-sur- Yon.

Revenant de la bataille de l'ile de Riez, gagnée sur les protestants commandés par Soubise, Louis Xill arriva au château dWpremont (détruit plus tard par Richelieu), le i() avril 1622, à 8 heures du soir.

Le roi était resté vingt heures sans se coucher, dont dix-huit à clieval, dit Héroard. Aussitôt après le débotté, il écrivit à la reine mère le résultat de la journée, et à Richelieu, alors évèque de I.ui,-on, en N'endée, la lettre suivante.

Aspreniont, m avril 1022.

iMonsieur l'cvèquc de Luçon. j'estime que les soins que vous avez de me faire savoir la disposition de la reine ma mère', ce sont nouvelles que je ne puis apprendre sans grand déplaisir, qui serait plus grand, n'était que vous m'assurez qu'il ne peut arriver aucun accident fàciicux, ce qui me sera à consolation, attcn-

Lettre i. — Bibliothèque nationale. — Topin-^L)

I. La reine mère, Marie de Médicis, qui avait voulu rejoindre le roi pendant sa campagne, était tombée malade à Nantes.

dant que j'en sache la guérison entière. Je souhaite que ce soit au retour du marquis de T., que j'envoie pour la visiter de ma part, et lui dire des nouvelles qui la réjouiront, comme aussi tous ceux qui aiment la prospérité de mes affaires, dont vous tenant du nombre, je serai bien aise que vous en sachiez le sujet, ainsi que j'ai dit audit marquis de T., auquel me remettant, je prie Dieu qu'il vous tienne en sa garde.

Louis.

Louis XIII, en se rendant de La Roche-sur- Yon au siège de Royan. apprit par Richelieu la rechute de la reine mère, qui dut renoncer à le rejoindre. Elle se rendit à Pougues-les- Eaux, où elle fut retenue par la maladie jusqu'au mois d'août 1622.

(Fin d'avril 1622.)

Monsieur l'évèque de Luçon, m'ayant assuré par vos lettres que la reine ma mère était en bonne disposition, j'avais reçu une très grande joie du recouvrement de sa santé, qui m'a été de peu de durée, apprenant par vos secondes le changement survenu. Je vous prie d'accompagner mon affection de vos soins près d'elle pour lui faire rendre tout le secours qu'il sera possible, vous assurant que ne sauriez me rendre service plus agréable.

J'ai bien du regret de n'avoir à présent près de moi que mon premier médecin', ne me pouvant quitter. Je lui envoie celui de X., et me promets que vous ne manquerez pas de rendre tous les devoirs que vous jugerez nécessaires; partant je prie Dieu qu'il vous tienne en sa sainte garde.

Louis.

Lettre 2. — Bibliothèque nationale. — Topin.-[II.)

I. C'était le fidèle Hèroard qui mourut, en 1628, pendant le sièsje de La Rochelle.

Le cardinal de Richelieu prend séance au Conseil du roi, le lundi 29 mai 162.). — Mariage d'Henriette de France, le u mai 1625, avec Charles I", roi d'Angleterre.

1626. — Edit de pacification pour les protestants. — Intrigues contre Richelieu, qui offre sa démission, refusée par le roi. — Louis XIII fait arrêter, le 13 juin, le duc de Vendôme et le grand prieur. — Monsieur, duc d'Anjou, reçoit le titre de duc d'Orléans, et épouse, le 6 août, Marie de Bourbon, fille du duc de Montpcnsier. — Voyage de Louis XIII à Chartres et à Nantes.

.Monsieur le Prince, Henri de Bourbon, prince de Condé, père du grand Condé, avait quitté la (-our après le siège de .Montpellier et était en disgrâce. \'oyant la puissance du cardinal de Richelieu se consolider, il cherchait à se remettre bien avec lui. Le roi fixe nettement à " son cousin //, le cardinal, les limites de l'entretien qu'il doit avoir avec .^Ionsieur le Prince.

Paris, le 50 mai 1020.

Mon cousin, ayant écrit il y a trois ou quatre jours à mon cousin le prince de Condé, sur ce qu'il m'a fait dire avoir un très grand désir de vous voir, que j'aurais fort agréable votre entrevue, je vous fais la présente pour vous disposer à le recevoir, et afin que vous ayez plus de liberté de causer avec lui, je vous commande d'ouïr et d'entendre tout ce qu'il vous dira et voudra dire, hors et excepté pour ce qui concerne son retour du Gué.

S'il vous parle, vous lui direz n'avoir aucune liberté de lui répondre sur ce sujet, que tous discours en seraient inutiles, puisque l'ordre qu'il peut recevoir pour ce regard dépend de moi seul et de l'état de mes affaires.

Il sait la croyance que j'ai en vous, me servant comme vous faites. Je la témoigne avec satisfaction et prie Dieu, mon cousin, qu'il vous ait en sa garde et vous donne une parfaite santé.

Louis.

Lettre 3. — Bibliothèque nationale. — Topin.-JIII.)

68 LETTRES DE l.Ol'IS XIII A RICHELIEU

Monsieur, duc d'Anjou, venant d'être nommé duc d'Orléans aussitôt après son mariage avec Marie de Bourbon, fille du duc de Montpensier (6 août 16261, se livra, entraîné par ses partisans, à toutes sortes d'intrigues contre Riclielieu, et, en réalité, contre Louis XIII.

Le cardinal fit arrêter et mettre à la Bastille le maréchal d'Ornano, gouverneur du duc d'Anjou, et plusieurs de ses complices. Il fut efifrayé de trouver à la tête du mouvement les frères du roi. et craignit d'être désavoué dans la répression nécessaire. II offrit par deux fois sa démission, que Louis XIII refusa par la lettre suivante, très significative.

Blois. le q juin 1626.

Mon cousin, j'ai vu toutes les raisons qui vous font désirer votre repos, que je désire avec votre santé plus que vous, pourvu que vous le trouviez dans le soin et la conduite principale de mes affaires.

Tout, ^ràce à Dieu, }' a bien succédé depuis que vous y êtes : j'ai toute confiance en vous, et il est vrai que je n'ai jamais trouvé personne qui me servît à mon gré comme vous. C'est ce qui me fait désirer et vous prier de ne point vous retirer, car mes affaires iraient mal. Je veux bien vous soulager en tout ce qui se pourra, et vous décharger de toutes visites, et je vous permets d'aller prendre du relâche de fois à autre, vous aimant autant absent que présent, ,1e sais bien que vous ne laissez pas de songer à mes affaires.

Je vous prie de n'appréhender point les calomnies; l'on ne s'en saurait garantir à ma cour. Je connais bien les esprits, et je vous ai toujours averti de ceux qui vous portaient envie, et je ne connaîtrai jamais qu'aucun ait quelque pensée contre vous que je ne vous le dise. Je vois bien que vous méprisez tout pour mon service. Monsieur', et beaucoup de grands vous en veulent à mon occasion ; mais assurezvous que je vous protégerai contre qui que ce soit, et que je ne vous abandonnerai jamais. La reine-, ma mère, vous en promet autant.

■ Il V a longtemps que je vous ai dit qu'il fallait lortitier mon conseil ; c'est vous qui avez toujours reculé de peur des changements, mais il n'est plus temps de s'amuser à tout ce qu'on en dira; c'est assez que c'est moi qui le veux. Au reste si ceux que j'y mettrai n'ont habitude avec vous, ils ne suivront pas vos avis, principalement vous étant quelquefois absent, à cause de vos indispositions.

Ne vous amusez point h. tout ce qu'on vous en dira : je dissiperai toutes les

Lettre 4. — Histoire Je Lniiis XIII, par le P. (iriffet. t. I, p. 500. — Tupin.- IV ) I. Gaston d'Orléans, frère de Louis Xlll. — 2. La reine mère Marie de Médicis, deuxième f<mme de Henri IV.

calomnies que l'on saurait dire contre vous, faisant connaître que c'est moi qui veux

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