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Mon cousin, il n'y a rien à redire aux réponses qui sont en marge de ce mémoire, je trouve très bon que l'on les fasse exécuter.
Je suis très aise que mes oiseaux vous aient donné du plaisir.
Je me porte fort bien, Dieu merci, et suis fort gaillard en dépit de ceux qui ne nous aiment point.
Je vous puis assurer que je vous tiendrai ce que je vous ai promis jusques à la mort : satis est, comme dit Monseigneur'.
Louis.
Lettre 24. — Archives de Chantilly.
I. La Hougue, rade de Normandie au nord-est du Cotentin. Louis .\I1I y redoutait une agression.
I. Livry, bourgà i4kilomélres;i l'est de Paris, sur la route de Paris à Meaux. — 2. Monseigneur, homme de confiance de Louis XIII.
Pour réprimer sévèrement les intrigues ou complots qui visaient son ministre, afin de mieux atteindre le roi, Louis Xlll avait créé une chambre criminelle extraordinaire à lArsenal.
Cette chambre devait connaître, en dehors du Parlement, des crimes de lèse-majesté, haute trahison, sorcellerie, etc
LE C HATEAU DE LIVRY, près Paris
sous LOUIS Xlll D'après Cl. C[1Atillox. - Cabinet des Estampes. Bibhotheque Nationale.
11 aurait fallu traduire devant cette cour le frère du roi. Gaston dOrléans. et peut-être la Reine mère Richelieu se contenta de les effrayer en faisant juger leurs complices. Il livra à cette justice deux des médecins du roi, Senelle et Duval, et plusieurs autres seigneurs de peu d-importance. L'affaire de la dame Lebœuf parait avoir fort occupé Louis MIL
Saint-Germain-en-Laye', iSjuin i63i.
Mon cousin, jai pense cette nuit à mes affaires; je désire, tandis que vous êtes h Paris que vous fassiez ouïr en bonne forme la dame Le BœufS Senelle et Duval'. Cela mè touche de telle sorte que j'ai occasion d'y bien penser, vous tenant plus a moi qu-i. vous-même. Je massurc que vous n'y manquerez pas et que vous me rapporterez ce que je désire ; je finirai celle-ci en vous assurant de mon amitte qu. sera toujours telle que vous la pouvez désirer. ^^^^^
Lettre 26 Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-,XI II.) , , k
YZL de Saint-Germain-en-Laye. - 3. La dame Le Bœuf était traduite devant la chambre
""^t!:::;;r;!'^S"^decins d« roi. arr.t.s pour conspiration, et traduits devant ,a chambre
de 1" Arsenal, furent tous deux condamnés aux galères.
Saint-Germain', iSjiiin 1631, à 9 heures du soir.
Mon cousin, j'ai reçu votre lettre par le marquis de Brézé-, par laquelle je vois ce qui s'est passé avec la dame Lebœuf. Si vous jugez à propos de faire arrêter les deux dames que vous me mandez, je le trouve très bon et vous envoie Boislouet pour cet eifet ; assurez-vous que je garderai le secret et que je n'en parlerai à àme qui vive.
Assurez-vous de mon affection, qui sera toujours telle que je vous l'ai promise.
Louis.
Boislouet a charge de faire tout ce que vous lui commanderez et ne sait rien d'aucune affaire.
Louis XIII redoutait l'invasion des Espagnols par la frontière du Nord, la plus rapprochée de Paris, et prenait ses dispositions de défense.
Comme on le verra par cette lettre et plusieurs autres il s'occupe toujours lui-même de la direction des troupes et de la fi.xation de Tordre de bataille.
Versailles, 20 juillet 1631.
Mon cousin, vous trouverez écrit sur le dos de cette lettre les troupes de quoi
on se peut servir en Picardie', sans dégarnir la frontière de Champagne - ; c'est
pourquoi, si vous le jugez à propos, vous leur enverrez les ordres pour marcher.
Je juge aussi à propos d'envoyer saisir tous les meubles qui sont à Lu.xembourg,
et toute sa vaisselle d'argent, laquelle est encore à Compiègne en quantité', à ce que
j'ai ouï dire. Pour moi je suis tout prêt à partir pour aller en Picardie, et crois
que le plus tôt sera le meilleur. Assurez-vous de mon affection, qui sera toujours
telle que je vous l'ai promise.
Louis.
Lettre 27. — ^-Vrchives de Chantilly.
1. Au château de Saint-Germain-en-Laye, méine jour que celui de la lettre précédente. — 2. Urbain de Maillé, marquis de Brézé, et bêau-frére de Richelieu ; nommé maréchal de France en 1632, il perdit sa femme en 1635, et mourut en 1650.
Lettre 28. — Archives de Chantilly.
1. La Picardie, province frontière du Nord, était menacée directement parles Espagn ois. 2. La Champagne, province frontière de l'Est, pouvait être attaquée par les Impériaux. 3. Compiègne, chef-lieu d'arrondissement do l'Oise.
Infanterie : Champagne", 20 compagnies; 10 compagnies de Piémont', qui sont à Saint-Dizier" et à Vilry " : Normandie', 20; Des Réaux', 10; 10 compagnies de Navarre ', qui sont à Seniis; Turennc^ qui est à Péronne', Montdidier' et Roye": Lemont % 10 compagnies. — Cavalerie: La Colonelle, iiligny % Les Roclies-Iiaritaut'", La Roque % (iluy'. Hocquincourt% Laurière % Carabins de P'^'^ des Sales". — Pour l'artillerie, je crois que M' d'P^ftîat ' y mettra les ordres nécessaires. Je crois qu'il est aussi h propos que je mande mes deux compagnies de gendarmes et chevau-légers, et mander aux régiments qui doivent venir de se remplir le plus qu'ils pourront, étant fort faibles. Il n'y a rien à redire aux ordres que vous avez déjà donnés.
Dans la lettre Miivantc, comme dans plusieurs autres. Louis Xlll appelle l'attention du cardinal de Riciielieii sur le râle important des gouverneurs de places fortes. La fidélité des grands seigneurs était souvent douteuse ; il était nécessaire d'avoir des personnages moins considérables, mais plus sûrs, et dépendant directement du gouvernement du Roi.
Aussi Richelieu lit il détruire successivement toutes les forteresses ou châteaux qui étaient inutiles à la défense du pays: les autres avaient des gouverneurs, nommés directement par le roi.
Fresnes ', 2.\ juillet 1631. à II heun-s du matin.
Mon cousin, j'ai vu la lettre de M' de ^'ardes, par laquelle je vois qu'il est du tout nécessaire de pourvoir à cette frontière. C'est pourquoi je vous prie d'en prendre soin, ^'ous pouvez promettre tout ce que vous jugerez à propos aux gouverneurs des places pour les alfermir à leur devoir.
.le me porte bien, L)ieu merci, et vous assure que tant plus mes ennemis disent du mal de vous, tant plus cela m'augmente l'atVection que j'ai pour vous, qui sera toujours telle que vous la pouvez désirer.
Louis.