‹ Louis XIIIChapitre 59 sur 166 · Le duc d'Elbeuf · texte numérisé non relu

Le duc d'Elbeuf

5. Le duc d'Halluin, fils du maréchal de Schomberg. — 6. M. Servien, secrétaire d'Etat à la guerre.

7. Le marquis de Saint-Chamond. — 8. Livry, bourg du département de Seine-et-Oise, sur la route de Paris à Meaux.

Lettre 67. — ..\rchives de Chantilly.

I. Crosne, près de la route de Paris à Melun, sur la rive droite de l'Yéres. — 2. Villeroy, où devait aller le cardinal; château sur VEssonne. prés du village de Mennessy, à 7 kilomètres environ, en amont de Corbeil. Ce château a donné leur nom aux Neufville, marquis, puis ducs de Villeroy.

3. Louis XIII surveillait les événements politiques et militaires qui se produisaient en Hollande et dans la Flandre espagnole.

Essonne', i''' mai 16^3.

.Mon cousin, je commencerai par vous remercier du lévrier que vous m'avez donné, qui est le plus beau qui se soit jamais vu dans la bande pour loup, et a été trouvé tel par les experts.

Je vous avais mandé par M. d'Halluin" que j'irais demain coucher à Fleury'; j'ai changé depuis de dessein et séjournerai demain ici, parce que j'ai trouvé quantité de loups ici autour, à qui je ferai demain, et après demain, la guerre.

.le vous assurerai toujours de mon aiVection et prierai le bon Dieu de tout mon cteur qu'il vous tienne en sa sainte garde.

Louis.

Comme j'achevais cette lettre, j'ai reçu la lettre que vous écrit Le Plessis-Praslin; je ne vous parlerai point sur icelle. attendant la venue de M. Bouthillier% que vous me mandez devoir venir demain me trouver.

Louis.

Je n'ai su lire la lettre de ma sœur% tant elle est mal écrite.

Malesherbes ', 9 mai 1633.

Mon cousin, je commencerai par me réjouir de votre bonne santé et de ce que l'on me dit que vous montez tous les jours à cheval -. Pour changer de discours, vous voyez bien par les places, que demande d'Elbène % la continuation des mauvais desseins de mon frère ', choisissant des iieu.x proches ou des Espagnols ou de la Savoie; je crois que le plus tôt qu'on le pourra renvoyer sera le meilleur.

I. Essonne, bourg sur TEssonne, prés de Corbeil, en Seine-et-Oise. — 2. M. d'Halliiin, fils du maréchal de Schomberg.

3. Le château de Fleury-cn-Biére, proche la foret de Fontainebleau. — 4. Claude Houthillier, surintendant des finances.

5. Christine de France, sœur de Louis XIH, surnommée, en son enfance, la petite MaJaiiie, née le 10 février 161)6, mariée le 10 février 1619 a Victor .\niédée, duc de Savoie, en 1630, à la mort de son père le duc Charles-Emmanuel. Madame Christine mourut le 27 décembre 1663.

Lettre 69. — .\rchives de Chantilly.

I. Malesherbes, ville de l'Orléanais, chef-lieu de canton du Loiret. — 2. La santé de Richelieu était momentanément tout à fait rétablie.

3. D'Elbène, commandant la compagnie des chevau-légers de Monsieur, était resté son compagnon et son agent. — 4. Gaston d'Orléans.

ii6 LETTRES DE LOUIS XIII A RICHELIEU

Je suis très aise que l'affaire de Margueritte se soit découverte être pour quelque prisonnier.

Je suis bien en impatience d'avoir des nouvelles de Charnacé"; j'ai brûlé votre mémoire comme vous me le mandez.

Je me porte très bien, grâce au bon Dieu. Assurez-vous de mon affection, qui sera toujours telle que je vous l'ai promise, et prierai le bon Dieu de tout mon cœur qu'il vous tienne en sa sainte garde.

Louis.

Versailles ', le 9 juin 1D33.

Mon cousin, je trouve bon que le sieur de Bullion- donne de bonnes assignations au trésorier de la Reine ^ de l'argent que je lui ai accordé pour le payement de ses dettes; mais je désire qu'il soit emplo3'é à l'acquit des plus justes; quant à ce que vous me demandez, si vous verrez M""' de Chevreuse ' qui veut vous dire adieu, vous savez bien quel plaisir m'a fait la Reine en désirant la voir. Je sais que sa visite ne vous peut être utile; vous savez bien qu'elle ne me sera pas agréable"; après cela, faites ce que vous voudrez, et vous assurez que je vous serai toujours le meilleur maître qui ait jamais été au monde.

Je ne vous écris pas de ma main, parce que je viens d'être saigné.

Louis.

Versailles, le 10 juin 1633.

Mon cousin, je vous renvoie les- lettres de ]\LAL de Charnacé et de Baugy'; je suis très aise de savoir par celles-ci qu'il y a grande apparence que la trêve ne se fera pas ; pour l'autre affaire, je m'en mêlerai en façon du monde.

Je me porte très bien, assurez-vous de mon aflection qui sera toujours telle que je vous l'ai promise.

Louis.

5. Hercule Girard, baron de Cliarnacé, ambassadeur du rni vn Hnllande.

Lettre 70. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-fXXIV.)

I. Le château de Versailles. — 2. Claude de Bullion, surintendant des finances, nommé en 1632. 3. La reine Anne d'Autriche. — ^. La duchesse de Chevreuse, qui va être e.xilée en Touraine. 5. La façon dont Louis XIII conimunic|Ue son avis à Richelieu mérite d'être signalée.

Lettre ;i. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-{XXV.)

I. Le sieur de Bar, seigneur de Baugy, envoyé du roi en Hollande, accompagnait Charnacé.

Rebais ', 15 juin 1633, au soir.

Mon cousin, je vous envoie la lettre que vous m'avez demandée; mais il faut prendre garde que, pendant ces allées et venues du sieur Perrochel, on ne coupe la tète à ce pauvre gentilhomme.

Pour changer de discours, je suis ici à une maison qui est très jolie et en fort beau pays de chasse, et crois que c'est votre vraie couchée au partir de Pontoise".

Je vais demain coucher à (lournay '. et après-demain à Forges ', où je commencerai à me purger pour commencer à boire vendredi.

Je vous y attendrai avec grande impatience, y ayant bien longtemps que je ne vous ai vu. Assurez-vous toujours de mon allection.

Louis.

La reine mère, Marie de .\lédicis, était assez sérieusement m.ilade: le ^ juin. I.uuisXlIl lui avait envoyé le sieur des Roches, pour en avoir des nouvelles. 11 semble qu'elle n'ait iioint voulu désarmer contre le cardinal, et ait préféré s'adressera son fils. Celui-ci, comme on le voit, n'hésite pas à informer le cardinal de tous les détails.

Forges, 16 juin 1633, ;i 9 hcuri-;^ du suir.

Mon cousin, je vous envoie les lettres que j'ai reçues de la Reine ma mère, et aussi une du père Suffren '. Son gentilhomme m'a fait trois demandes : la première, la liberté de \'autier-: sur quoi je lui ai répondu ce qu'il fallait; voyant donc qu'il ne pouvait obenir cela de moi, il m'a dit qu'il a\ait apporté la consultation de la maladie, et que la Reine ma mère me priait que .M. Breicr en put consulter avec \'autier, ce que j'ai cru ne lui pouvoir refuser; mais il faut donner ordre que ce soit en présence de quelqu'un qui entende le latin ', afin qu'il ne parle que de la maladie, h quoi vous mettrez ordre en écrivant au Tremblay '.

Lettre j-2. — .Archives de Chantilh .

I. Rebetz, village du canton do Buchv. arrondissement de Rouen 1 Seine-Inférieure). — 2. Pontoise, ville de l'Ile-de-France, chef-lieu d'arrondissement de Seine-et-Oise.

3. Goiirnay, dans le pavs de Brav en Normandie, chef-lieu de canton de la Seine-Inférieure. — 4. Forges-les-Kau.x, ville d'eaux du pays de Bray, en Xormandie. Ces eaux, recommandées par Bouvard, premier médecin du roi, devinrent à la mode ;i la suite du séjour du roi; plus tard, .Anne d'Autriche s'y rendit également, avant la naissance de Louis XIV.

Lettre 73. — .Archives de Chantillv.

I. Le P. Suffren, jésuite, confesseur du roi, dévoué à Marie de Médicis. — 2. Vautier, médecin. 3. Les médecins se servaient beaucoup du latin barbare qu'a ridiculisé Molière. — 4. Charles le Ci.>rc, sieur du Tremblay, frère du P. Joseph, et gouverneur de la Bastille.

ii8 LETTRES DE LOUIS XIII A RICHELIEU

L'autre a été de me prier d'envoyer quelqu'un à Péronne % pour conduire ceux que la Reine ma mère m'enverra, afin de prendre garde à leurs actions, pour m'ôter de soupçon qu'ils vinssent ici pour autre chose que pour savoir de mes nouvelles et pour m'apporter des siennes.

Je ne lui ai pas répondu sur ce dernier article, sinon que je ferais réponse dans un jour ou deux à la lettre qu'il m'avait apportée. Il y a à penser si on doit entretenir ce commerce ; je crois que pour encore un ou deux, durant sa maladie, il n'y aurait point de danger : mais, après cela, je voudrais vivre comme on a fait jusques à cette heure.

Mandez-moi ce que j'ai à dire là-dessus. Je suis arrivé à trois heures en ce lieu: j"ai été à la fontaine, asisté de M. Bouvard", laquelle nous avons trouvée très pure, ne se sentant en façon du monde des pluies qu'il a fait. Je trouve ce lieu assez beau pour la chasse, et n'est point si laid que l'on me l'avait dit.

Je boirai demain à votre santé, pour laquelle je prierai le bon Dieu qu'il vous

la donne telle que vous la souhaite la personne du monde qui vous affectionne

le plus.

Louis.

Aussitôt la lettre précédente partie, Louis XIII reçut la lettre de Richelieu qu'il attendait ; pour ne pas embrouiller les événements, il envoie de suite un billet au cardinal pour presser sa réponse.

Forges', le i6 juin 1633, à 10 heures du soir.

.Mon cousin, depuis mon autre lettre écrite. Dumont - est arrivé, qui m'a apporté la réponse pour la Reine ^ ma mère, laquelle je ne ferai pas que je n'aie la réponse de la lettre que je vous écris le premier.

Louis.

Louis XIII et Richelieu cherchent à diriger la politique extérieure de la France dans une voie nouvelle et à conquérir la suprématie en Allemagne ; l'attention du roi et du cardinal s'attache particulièrement aux événements qui se passent dans ce pays. C'est le commencement de ce que les historiens appellent la période française de la guerre de Trente ans.

5. Péronne, ville forte de Picardie, chef-lieu d'arrondissement de la Somme. — 6. Bouvard, premier médecin du roi, depuis la mort d'Héroard.

Lettre 74. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(XXVI.) I. Forges-les-Eaux. — 2. Dumont, agent et courrier de Richelieu. 3. Marie de Médicis.

Forges, ce i; juin 163,5.

Mon cousin, j'ai reçu votre lettre et la dépèche de Charnacé ' par laquelle je vois qu'il n'v a encore rien de certain pour la trêve ou pour la guerre ; ces longueurs sont bien fâcheuses ; si la nouvelle de la Grange aux Ormes ■' est vraie, cela les doit bien échautrer pour la guerre ', car ils n'auront jamais si beau ni nous aussi contre laCroce' ; car Wallenstein mort, je tiens les allaires 16, 17, 22, 13, 24, -'6, 2S, ,7, 3., 28, 26, 17, 28, ,6, 31, 17, 29, 17, 24. Importune par conséquent Bourelier ne 26, 17,31, 30, .3, 31, -'5, -'•, ^S- -'9, '7, ï5,25< 31,^8,29,16,17, i5, '7, 15, -^5, -'9, 30, >7, -'-'' >3 i'^ "'-■ r-^'''^ '^'■' '^"' ^1"''^"^'''^ ''^^^ --' '3- 30; 28, 17. 24, •7- 29, 17, 18, 13, 15, i7> 26, 13, 29 ■.

Je me porte bien, Dieu merci, et vous attends avec impatience.

Louis.

Forges ', 19 juin 1633.

Mon cousin, je vous envoie les deux lettres pour M. le (uirde des Sceaux. Les eaux n'ont encore point de force, mais nous espérons que si le beau temps dure, elles seront mardi bonnes. Je me porte bien et suis en grande impatience de vous voir, attendant quoi je prierai le bon Dieu de tout mon C(éur qu'il vous tienne en

sa sainte garde.

Je vous prie de me mander si la nouvelle du Wallenstein continue \

Lettre 75. - .Vchives des affaires étrangères, à Paris. - Topin.-;XXVII.)

I. Ambassad.-ur du roi en Hollande. - 2. La grange aux Ormes, envoyé du ro, près les électeurs et les villes libres d'Allemagne.

-, L.> reste- de la lettre est un mélange de jargon et de chiHres.

':i. La Croce, en italien la croix (de Lorraine) = la Lorrain.-.

Bc.urelier = le duc de Lorraine Charles IV.

Importune =: Allemagne.

Les chiffres sont une simple cryptographie par substitution. ,,,,-,"

,, i- m 16 17 18 iq 20 il 22 23 24 25 26 27 28 29 30 ji j2 j3 j4 jo

Ils nauront jamais 'si betu ni nous aussi contre la Lorraine, car, Wallenstem mort, je t.ensles affaires de IVmpereur perdues en Allemagne; par conséquent le duc de Lorrame n;^ Pj;"' ;;^ :>■■ ^' secours de ce c6té-là. Je ne parle de ceci quen cas que la trêve ne se fasse pas. - Topm, p. ,b.

Lettre 76. — Archives de Chantilly.

, Forges-les-Eaux, en Normandie. - 2. Si la nouvelle de la mort de Wallenstem est vra.e^ Wallenstein, duc de Friedland, général en chef de l'armée nnperiale. assassme ^' Eg"- e" Bohème suM-ordre de l'empereur, comme visant à l'indépendance: ma.s la nouvelle de sa mor ftait prématurée. Ce qui avait donné naissance à cette nouvelle, c'était la mort de son neveu, qui s'appelait aussi Wallenstein.

LETTRES DE 1,0 IIS XIII A K If H ELI EU

Forges, iq juin 1633.

Mon cousin, j'ai dépêché le gentilhomme de la Reine ma mère ', comme vous me le mandez ; j'ai écrit une lettre au Tremblay - par lui suivant ce que je vous ai mandé. Je trouve bon que M'- de Bulion^ et Bouthillier ' demeurent à Paris. Je suis bien aise de quoi Oxenstiern '" tourmente M'' de Lorraine".

Je ne prends point encore d'eau.x, parce que les pluies de hier les ont toutes gâtées et ne sentent rien.

Je me porte très bien, et vous assurerai que j'aurai toujours la même affection pour vous que j'ai eue jusqu'à cette heure et plus grande si il se peut, et prierai le bon Dieu qu'il vous tienne en sa sainte garde.

Louis.

La lettre suivante est une des rares où Louis XIII fasse allusion h un désaccord passager avec le cardinal. Probablement il avait différé d'avis, exigé Texécution de ses ordres, et il craignait que Richelieu ne lui en voulût un peu.

Chantilly, 6 juillet 1633.

Mon cousin, je vous avoue que votre lettre m'a été une grande consolation, car j'avais peur qu'il vous restât quelque chose sur le cœur, ^'ous avez très bien fait d'aller à Paris pour les raisons que vous m'écrivez. Je vous envoie un petit mémoire des lieux où les recrues se peuvent faire, craignant que, les faisant toutes en Champagne' et aux environs, ils ne se nuisent les uns aux autres, et aussi que les Lorrains"' auront eu tous ceux de ces frontières, qui nous viendront trouver dès que l'armée sera en campagne, qui sera une seconde recrue.

Je quitterai ce discours pour vous assurer que j'ai et aurai toute ma vie la même

Lettre 77. — Archives de Chantilly.

I. Marie de Médicis réfugiée à Bruxelles. — 2. Le Tremblay. On remarquera que Louis XIII décline les noms propres précédés de l'article, comme on le fait encore dans certaines provinces ; on dirait aujourd'hui j'ai écrit à du Tremblay.

3. Claude de Bullion et Claude Bi.uthillier, surintendants des finances depuis 1632. — 4. Oxenstiern, général suédois, commandant les troupes qui menaçaient les États du duc de Lorraine.

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