‹ Louis XIIIChapitre 6 sur 166 · LE DAUPHIN A 3 ANS · texte numérisé non relu

LE DAUPHIN A 3 ANS

Daprés Le Pileur et P. 1-"irexs.

Cabinet des Estampes, Bibliothèque nationale.

le bon Henri IV etait-il dans le ravissement. On ne lui trouva qu'un seul défaut : un petit tilet à la langue, du reste un peu grosse. M. Guillemeau, chi-

rurgien du Roi, fit de suite une petite opération; mais il en resta un peu de bégaiement, qui disparut a\ec le temps.

Aussitôt après sa naissance, le dauphin fut remis à sa gouvernante la baronne de Montglat; elle lut chargée de la surveillance et de la première éducation de l'enfant, dont Marie de Médicis s'occupa tort peu. Dès qu'il commença à parler, il appela sa gouvernante MiViidugit, et lui conserva ce surnom pendant bien des années.

Malgré toutes les précautions, il fallut changer trois fois la nourrice; enfin la troisième convint; le dauphin la surnomma Dondon, qu'il prononçait Doundoun. Elle resta très longtemps dans sa maison, et lui tut tort dévouée.

Dés la fin d'octobre 1601, Henri IV fit mettre son fils « en carrosse » et, après une solennelle traversée de Paris, l'installa au château de Saint-Germain, résidence habituelle de la Cour.

Héroard signale, dès le début, l'intelligence rare et toujours en éveil de son royal client, qui se développe vite, jouissant d'une santé parfaite avec le minimum de misères.

Tout d'abord, le jeune Dauphin subit les effets d'un entourage dont la grossièreté et la licence dépassaient ce qu'on peut rêver, allant bien au delà de ce que le joyeux Rabelais a pu imaginer pour l'éducation d'un prince. Aussitôt qu'il peut parler, il tient des propos extraordinaires; mais, à mesure qu'il grandit, il réagit contre ces premières influences : la tenue invraisemblable de la Cour, les propos et les exemples pires encore du bon Henri IV. Le caractère du Dauphin s'affirme vite avec l'âge et on remarque chez lui une volonté " opiniâtre », que le fouet, principal instrument de son éducation, n'arrive pas à diminuer. Il aime le bruit, les armes, et Héroard signale sa grande gaieté et son extraordinaire mémoire.

A deux ans, il écrit sa première lettre, le médecin lui tenant la main :

« Papa, Dieu vous donne h bonjour el à marna ) i ; 'f ai bien envie de vous voir pour vous faire rire. Dauphin.

Son affection pour son père est très vive ; il cherche à l'imiter de toute façon. Si Henri IV le taquine, il entre dans des colères, parfois épouvantables. Il paraît plutôt indifférent envers sa mère.

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