LE CORTÈGE DU ROI A LA PRISE DE PRIVAS
LE 28 .^lAI 1629
Détail du tableau de la Galerie du Château de RicheUeu actuellement au musée de VersaiUes, n» 610.
Je VOUS prie de m'cnvo\er le Jeune' demain, à 8 heures du matin, parce que je
fais état d'aller dincret coucher à Mareuil % si il n'y a rien qui m'en empêche, et
achèverai cette lettre en vous assurant de mon amitié, qui sera toujours telle que
vous la pouvez désirer.
Louis.
J'écrirai la lettre de la Reine ma mère ' et l'enverrai au Jeune.
En fermant cette lettre, Fournierest revenu parler à moi, pour me prier que je fisse bientôt savoir mes intentions à M. de Brassac, parce que ces princesses croient être prisonnières. Je lui ai répondu que je lui ferai savoir mes volontés dans deux fois vingt-quatre heures.
Chantilly, ce ii mars 1634.
Mon cousin', je ne changerai point mon discours ordinaire qui a toujours été de vous assurer de mon alVection; je continuerai toute ma vie dans cette volonté et, s'il était nécessaire de vous en donner des témoignages, faites-moi connaître en quoi et vous verrez que je m'y porterai avec plus de chaleur que je n'ai jamais fait; en attendant quoi, je prierai le bon Dieu de tout mon cœur qu'il vous tienne en sa sainte garde.
Louis.
Chantilly, ce 19 mars 1634.
-Mon cousin, ce mot n'est que pour vous assurer de la continuité de mon affection, qui durera jusqu'à la mort; je suis en bonne santé, grâce au bon Dieu. Je le prie que la vôtre soit telle que vous la souhaite la personne du monde qui vous aime le plus. ,
Louis.
5. Léon BoLithillier, conseiller d'État. — 6. Mareuil-sur-Mauldre. en Seine-et-Oise. 7. La reine mère, Marie de Médicis. On voit que Louis XIII continue à tenir le cardinal exactement au courant de toutes les lettres de sa mère.
Lettre 106. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin. -(XXXVII. J I . Richelieu redoutait toujours de voir aboutir une conspiration de cour. C"est ce qui explique les nombreux et variés témoignages d'affection,, que ne cesse de lui donner Louis XIII.
Lettre 107. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.- XXXVIII.)
13» LETTRES DE LOL'IS XIII A KlfllELIEU
Chantilly, ce 25 mars 1634.
Mon cousin, j'envoie ce gentilhomme vers vous pour me rapporter des nouvelles de votre santé, sans lesquelles je ne puis être en repos. Je vous recommande d'avoir toujours soin de votre personne, principalement à Paris'.
Il est passé ici deux ouvriers qui viennent d'Allemagne et qui sont allés trouver M. Bouthillier. Je vous prie me mander les nouvelles qu'ils ont apportées, en étant en impatience.
Je finirai cette lettre en vous assurant de mon affection qui sera toujours telle que vous le pouvez désirer.
Lot:i
Chantilly, 25 mars 1634.
Mon cousin, je me réjouis bien fort de votre bonne santé. Je n"ai manqué de brûler votre lettre aussitôt que je l'eus lue. Le père Maillant', m'a dit que les curés n'étaient point encore rétablis dans les villages dépendant de Haguenau " et Saverne' et que M. de La P^orce * l'avait empêché. Cela n'est pas bien; il faudrait donner ordre promptement afin que l'on leur fit savoir qu'ils eussent à revenir à leurs cures, et, en cas qu'il y en eût quelques-uns de qui on eût soupçon d'être mal affectionnés, y mettre quelque autre prêtre en leur place.
Il m'a aussi parlé des Jésuites de Bouquenom, pour les faire rétablir dans leur maison, étant fort mal traités par le comte de Nassau % qui tient cette ville. J'ai fait mon bon jour * aujourd'hui et ai prié le bon Dieu pour vous, afin qu'il vous
Lettre 108. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin. -[XXXIX.)
I. Louis XIII, comme on l'a déjà vu, redoutait toujours un attentat contre le cardinal, attentat plus facile à Paris qu'ailleurs.
Lettre log. — Archives de Chantilly.
I. Le P. Maillant, confesseur de Louis XIII, jusc[uen 1635. année où il mourLit. — 2 et 3. Villes d'.\lsace occupées par les troupes françaises.
4. I^c maréchal de la Force, commandant l'armée française sur le Rhin. — 5. Le comte Henri de Nassau, frère du prince Maurice de Nassau. Il était général dans l'armée suédoise, alliée de la France. Farouche protestant, il avait dii plutôt maltraiter les jésuites. 11 devint prince de Nassau Dillemburg, et mourut en juillet 1662.
6. Cest-à-dire qu'il avait communié (25 mars, fètc de l'Annonciation). Plus tard le roi dira « j'ai fait la fête », ou « j'ai fait ma fête ».
donne la santé parfaite et qui vous tienne toujours en sa sainte garde, ainsi que je le souhaite de tout mon C(cur.
Louis,
Vigny', 21 avril lô^).
Mon cousin, De Serre dit qu'il n'a point d'arqcnt pour faire le voyage, et demande que l'on lui avance la moitié de sa pension de cette année, ce que je crois raisonnable; c'est pourquoi vous le ferez savoir aux surintendants.
Pour changer de discours, je vous témoignerai l'impatience que j'ai de vous voir; c'est pourquoi je ne manquerai de me rendre à Rueil, demain, à trois heures après midi, pour vous assurer toujours de la continuation de mon aflection, qui durera jusques à la mort.
Louis.
• Essonnes ', 28 avril 163 (