Marie de Médicis. — 2. Envoyé de la reine mère
Lettre 9g. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin. -(XXXIV.)
I. Versailles, alors château de chasse pour Louis XIII, qui en était devenu propriétaire en 1632.
— 2. Le mémoire sur les demandes de la reine mère apporté par Villiers Saint-Genest, dont il est
question dans la lettre précédente.
Nouvelles intrigues du duc d Orléuns, qui traite avec les Espagnols. — L(juis Xlll fait casser le mariage de son frère et obtient sa rentrée en France. — Hostilités sur les frontières. — Campagneen Allemagne. — .\rrestati(m de l'"abert par les Espagnols. — Victoire d'Heidelberg sur les Impériau.\.
Pendant l'année i(i-;4, on voit la confiance sans bornes qu'avait Louis XIII dans le cardinal de Richelieu, s'augmenter d'une vive etétroite amitié. La santé ducardinal e.xige de grands ménagements, auxquels il ne consent que difficilement, absorbé qu'il est par le travail. Mais c'est le roi qui prescrit et impose ces ménagements, en évitant à son ministre toutes les fatigues matérielles inutiles. On réunira le conseil des ministres chez le cardinal et c'est le roi qui se déplacera; le roi ira le trouver à Rueil, à Chantilly, partout oîi Richelieu ne pourra se rendre.
La politique française, tout en étant gênée par les intrigues de cour et par les manœuvres de Gaston d'Orléans , peut exercer une action directe sur les événements européens. Richelieu veut abaisser la maison d'Autriche ; pour cela il faut des troupes et des alliances: le roi se charge des unes et lui des autres.
Avec les Hollandais, on pourra prendre les Espagnols à revers dans les Flandres, et, avec les princes protestants allemands, menacer les Impériaux en Allemagne.
Cette année se termine par deux succès : la rentrée de Gaston d'Orléans en France, et la victoire d'Heidelberg en Allemagne.
Saint-Germain', 23 janvier 1634.
Mon cousin, j'ai reçu votre lettre à la chasse, qui est cause que j'ai retenu Vaugeles si tard. Pour répondre à votre lettre, je vous dirai qu'il est vrai que j'ai quelque mélancolie-, laquelle se passera avec le temps, faisant tout ce que je puis pour me réjouir.
J'irai demain à deu.\ ou trois lieux d'ici, à la chasse, pour demeurer sur le pays;
Lettre too. — Archives de Chantilly.
I. Le château de Saint-Germain-en-Laye, résidence assez fréquente de la cour, depuis la construction du château neuf. — 2. C'est la première fois que Louis XIII parle de mélancolie; le fait ne devait pas être fréquent, puisqu'il le signale.
mais je ne sais encore de quel côté sera. Je finirai en vous assurant de mon affection, qui sera toujours telle que vous la pouvez désirer.
Louis
Je me suis trouvé un peu enflé', cette après dinée, qui sera cause que je prendrai un petit remède ce soir.
Versailles, ce 28 janvier 1634.
Mon cousin, comme le Jeune' est arrivé, j'allais vous écrire pour vous témoigner la joie que je reçus en vous voyant, et le contentement qui m'en est demeuré ; lequel m'a redonné la santé parfaite; je vous puis assurer que le feu de Versaillesest plus enflammé que celui de Rueil % et qui durera jusqu'à jamais.
Louis.
Saint-Germain. 4 février 1634.
Mon cousin, me voyant accablé, en ce lieu, de fâcheux', je me suis résolu d'aller aujourd'hui coucher à Ecouen -, et, si les affaires me le peuvent permettre, aller pour huit jours à Chantilly: je ne passerai Ecouen que je n'aie de vos nouvelles.
Je vous prie me mander si je le puis ou non, ne voulant rien faire sans votre avis.
Je ne vous saurais témoigner le contentement qui me reste depuis votre voyage de Versailles, et n'aurai point de satisfaction qu'il ne se présente quelque occasion où je vous puisse faire voir la grande affection que j'ai toujours eue pour vous,
3. Enflé du ventre. Le fait se reproduira de temps en temps. Louis XIII le signalera. Ce n'est du reste pas étonnant, avec les remèdes excessifs par lesquels Bouvard traitait le roi.
Lettre loi. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-[XXXV.)
1. Le Jeune : le roi désigne sous ce nom dans l'intimité, le jeune Léon Bouthillier, fils de Claude Bouthillier, surintendant des finances depuis 1632. Léon Bouthillier fut nommé successivement conseiller d'État, secrétaire d'État, comte de Chavign}' et de Buzan^ais. Il conserva toujours la confiance intime de Louis XIII et fut désigné par lui pour faire partie du conseil de régence de Louis XIV mineur. Il se retira, son père. Claude Bouthillier, ayant été disgracié par Anne d'Autriche, et mourut en 1652. — 2. L'affection que j'ai pour vous, à Versailles, est encore plus grande que celle que vous pouvez avoir pour moi, à Rueil.
3. Rueil, chef-Ueu de canton de Seine-et-Oise, où se trouvait le château de Rueil, résidence préférée de Richelieu aux environs de Paris.
Lettre 102. — Archives de Chantilly.
I. Les importuns et les courtisans. — 2. Le château d'Écouen. confisqué au duc d<- Montmorency en 1632.
qui durera jusqucs h la mort ; c'est le ceur qui parle; et finirai en priant le bon
Dieu de tout mon cieur qu'il vous tienne en sa sainte garde.
Louis.
^'fS^Ltfj'.y:/}^^'^-^
LE CHATEAU D'ECOUEN, près Paris
D'après un dessin de Duviert, au
Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale.
Chantilly, ce 14 février 1634.
Mon cousin, Saint-Simon' s'en allant à Paris, je l'ai chargé de vous dire mon affection ; il vous dira l'état de ma santé et à quoi je passe le temps.
Celle-ci n'étant à autre fin que de vous assurer combien je vous commuerai
Lettre 103. - .\rchives des affaires étrangères, à Paris. - Topin.-^.XXXVl.)
I Claude de Rouvrov, sire de Saint-Simon, nommé duc et pair en 1635, mort ^'\\^r3-^^^}^ pèrê'de " uteur des Mémoires. Il était grand louvetier, fonction très importante sous Lou.s XIII. p émir ^ ntilhomme de la Chambre, et gouverneur de la place forte de Blaye sur la Gironde.
mes prières envers le bon Dieu, afin qu'il vous tienne en parfaite santé, ainsi que le souhaite la personne du monde qui vous aime le plus.
Louis.
Ch;mtilly. 15 février 163.1.
Mon cousin, j'ai toujours bien cru que le vovage de d'Elbène ' n'aboutirait à rien. J'approuve fort votre avis de mettre garnison dans toutes les places importantes de Lorraine- : je crois que le plus tôt, que l'on le pourra faire, sera le meilleur.
Je donne les trois mille écus à Cato à votre prière, car, sans cela, elle n'en eût pas tant eu. Je n'appellerai pas de la sentence que vous avez donnée contre moi de donner deux mille écus à Falquerolle. Je partirai vendredi d'ici pour me rendre samedi à Saint-Germain " et, si vous venez a Rueil '', vous y aller, dimanche, trouver, m'ennuyant extrêmement d'être si longtemps sans vous voir.
Je vous rassurerai encore de mon atïection, qui ne vous manquera jamais tant
que je vivrai, et prierai le bon Dieu de tout mon cœur qu'il vous tienne en sa
sainte garde.
Louis.
SMint-Gcrmain-en-Laye, 24 février 1634.
Mon cousin, Fournier' m'est venu trouver de la part des princesses de Lorraine'-, qui m'a conté tout ce qui s'était passé, et m'a prié de leur part de les vouloir prendre en ma protection. Je lui ai répondu en paroles générales de peur de m'engager à quelque chose, et lui ai fait connaître le mécontentement que j'avais du cardinaP. Ensuite il m'a parlé du marùige de mon frère % sur quoi j'ai répondu comme il faut. Il prie d'être bientôt dépêché pour ôter ses princesses de la peine oii elles sont ; je lui ai dit qu'il le serait au plus tôt.
Mandez-moi comme je dois parler h Lenoncourt.
Lettre 104. — Archives de Chantilly.
I. D'Elbène, agent de Gaston, duc d Orléans. — 2. Depuis le traité de Charmes, le roi occupait la Lorraine.
3. Le château de Saint-Germain-en-Layc. — 4. Le château de Rueil, résidence favorite du cardinal.
Lettre 105. — Archives de Chantilly.
I. Fournier, envoyé des princesses de f.oi raine. — 2. Les princesses de Lorraine, abandonnées par le duc Charles IV, se trouvèrent bientôt dans un grand dénuement, à Paris, où elles s'étaient réfugiées. Louis XIII fut obligé de subvenir à leurs besoins.
3. Louis de Lorraine, fils du duc Henri de Guise le Balafré, assassiné à Blois, appelé le cardinal de Lorraine. — 4. Mariage de Gaston d'Orléans avec la princesse Marguerite de Lorraine, contracté sans Tautorisation du roi.