ET AGENT DE RICHELIEU EX FLANDRE
D'apris Crispin de Passi;. — Cabinet des Estampes, Bibliothèque Nationale.
Fontainebleau, ce 12 juin 1634.
Mon cousin, je ne saurais vous témoigner la joie que j'ai d'apprendre qu'il n'y a rien à craindre pour votre vieux mal '. Je prie que le bon Dieu vous donne la parfaite santé ; la mienne va toujours de mieux en mieux.
Je vais aujourd'hui à la chasse pour essayer si je pourrai endurer le cheval.
Je vous conjure d'avoir plus de soins que jamais de votre personne et croire
que la même affection que j'ai eue pour vous est plus grande, si cela se pouvait
jusqu'à ce moment, et durera éternellement, priant le bon Dieu de tout mon cœur
qu'il vous tienne en sa sainte garde.
Louis.
Fontainebleau, 14 juin 1634.
Mon cousin, étant en impatience de savoir de vos nouvelles me fait envoyer Livry ' pour m'en apporter. Je commence aujourd'hui mon jubilé, et ferai demain ma fête-, où mes prières ne seront pas oubliées pour vous. Je me porte bien, grâce au bon Dieu, et le prie de tout mon cœur qu'il vous donne la santé telle que vous la souhaite la personne du monde qui vous aime le plus.
Louis. .
Je ne fais pas état de partir d'ici plus tôt que lundi ou mardi, si ce n'est qu'il y ait quelque affaire, ou que je vous sois utile en quelque chose.
Fontainebleau, ce 18 juin 1634.
Mon cousin, je pars pour aller coucher à Juvisv ', après-demain à Rueil -, où je serai, vers 4 heures du soir. Je ne vous ferai réponse sur ce que vous avez écrit à
Lettre 114. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-JXLI.) I. Les rhumatismes dont souffrait le cardinal.
Lettre 115. — Archives de Chantilly.
I. Charles Sauguin, chevalier,' seigneur de Livry, maitre dhotel et gentilhomme ordinaire, mort le 23 novembre 1666. — 2. Louis XIII se servira dorénavant de cette expression pour signifier qu'il s'approchera des sacrements.
Lettre 116. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(XLII.)
I. Juvisy, bourg de l'Ile-de-France, près Paris, où se trouve le château de Juvisy ; Louis XIII y
faisait souvent étape pour les vo)-ages de Fontainebleau. — 2. Rueil, près Paris, où se trouvait le
château de plaisance de Richelieu.
'634 Mj
M. Bouthillier'', parce qu'étant parti ce matin, je n'ai osé ouvrir son paquet*; seulement vous assurerai-je que j'aurai toujours pour vous la même affection que je vous ai promise, et prierai le bon Dieu de tout mon C(cur qu'il vous tienne en sa sainte garde.
Louis.
Javis)-, 19 juin 163 |.
Mon cousin, je viens de recevoir votre mémoire, auquel je répond à la marge'. Je vous prie de ne trouver point étrange, si je n'ouvris point hier la lettre de M. Bouthillier'^ (puisque vous désirez que j'en use autrement, je le ferai une autre fois), et croire que ce n'a été que par respect, qui va toujours avec l'affection, qui me durera pour vous tant que j'aurai de la vie.
Louis.
Saint-Gcrmnin-cn-Lave, cp 27 juin 1634.
Mon cousin, je viens de recevoir votre billet ; si ce n'était que j'ai commencé aujourd'hui à prendre mes eaux '. et que je n'ose aller au chaud, j'irais vous porter ma réponse moi-même.
Je vous dirai donc que vous pouvez mander le conseil demain, à trois heures après-midi, en ce lieu ou à RueiP, si votre santé ne vous permet de venir ici; laquelle il vous faut préférer à toutes choses, priant le bon Dieu qu'il vous la conserve telle que je la désire.
Louis,
3. Claude Bouthillier, surintendant des finances. — 4. Le paquet de dépêches et de rapports sur les affaires de l'Etat envoyé par le cardinal et apporté par le surintendant.
Lettre 117. — .Archives de Chantilh'.
I. C'était une des façons habituelles pour Louis XIII de répondre aux mémoires ou rapports du cardinal. Il donne dans ses lettres des instructions d'ensemble; les réponses aux détails se trouvent en marge des mémoires. — 2. Claude Bouthillier avait mis dans le paquet de dépêches une lettre à l'adresse du cardinal. Louis XIII et Richelieu font, en cette circonstance, comme en beaucoup d'autres, assaut de confiance réciproque.
Lettre 118. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(XLIII.)
I. Après la cure de Forges-les-Eaux, Louis XIII en faisait une autre et était soumis à ce régime désastreux qui finira par ruiner sa robuste constitution. — 2. On voit ici tous les ménagements dont use Louis XIII envers la santé du cardinal. C'est chez Richelieu que se réunira le Conseil. Le roi s')' rendra, et, malgré la mauvaise santé du cardinal, les affaires seront expédiées.
Cette lettre nous montre que les intrigues de cour continuent toujours autour Je la reine Anne d'Autriche, et que Louis XllI y portait une grande attention.
Saint-Germain, 6 juillet 1634.
Mon cousin, arrivant ici, je trouvai chez la Reine un nomme Plainville, de quoi vous m'avez parlé autrefois (qui est celui qui fait les allées et venues de ]\Inie jg Chevreuse), lequel était caressé de tous chez la Heine comme le messie. Je vous écris ceci pour savoir si vous êtes d'avis que, quand je saurai qu'il sera dépêché, je le fasse arrêter et prendre ses lettres '.Je vous prie me mander votre avis là-dessus.
Je vous renvoie le billet de hier dans ce paquet, et finirai en priant le bon Dieu qu"il vous tienne en sa sainte garde.
Louis.
Chantilly, ce 15 juillet 1634.
Mon cousin, j'ai répondu h votre mémoire à la marge ; je vous assurerai par celle-ci de ma bonne disposition. Je prie le bon Dieu que toujours il vous tienne en
sa sainte garde
Louis.
Louis XIII faisait continuer par ses troupes l'occupation de la Lorraine; quelques villes résistaient, malgré le traité. Le maréchal de la Force dut assiéger la Mothe qui fut prise le 28 juillet 1634. Le roi attachait beaucoup d'importance à cette opération, qui devait pacifier tout le pays.
Chantilly, 19 Juillet 1634.
Mon cousin, j'avoue qu'il me semble qu'il y ait plus de si.K mois que je vous ai vu ; mais ce qui me console est que j'espère que, quand vous aurez achevé les
Lettre iig. — Archives de Chantilly.
I. Louis XIII consulte toujours le cardinal même sur les affaires de cour; mais on voit qu'il n'hésite jamais à employer les grands moyens.
Lettre 120. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-'XLIV.)
affaires que vous me mandez, nous ne serons plus si longtemps sans nous
voir.
Sur le sujet de La .Mothe', je vous dirai que M. de La Force- m'a écrit pour