LE 4 JUILLET
D'après le tableau de la Galerie du Château de Richelieu actuellement au Musée de Versailles. n"6ii.
Monceaux, ii juin 1635.
Mon cousin, je suis cxtrOmemcnt fâche de la continuation de votre mal. Je vous prie, que je puisse avoir de vos nouvelles le plus souvent que faire se pourra pour m'ôter de la peine où je suis. Tout ce que je puis faire est de prier le bon Dieu de tout mon cœur qu'il vous redonne la santé telle que je la désire.
Louis.
(En marge.) On vient de m'assurer que les vaisseaux hollandais', qui sont à la rade de Dunkerque-, en ont coulé à fond 3, qui venaient d'Espagne.
Miincf-aux, 13 juin 1635.
Mon cousin, j'ai vu ce que vous avez écrit à M. Bouthillicr, et les bonnes nouvelles que le sieur du Bois a apportées. Je vous avoue que le mot de fièvre', qui est dans votre lettre, m'atHige plus que ne me réjouit ces bonnes nouvelles. J'ai vu une lettre que M. Citois écrit à M. Bouvard", par laquelle il mande que les accidents du passé ne sont point à craindre, et que la tumeur est toute en dehors, et qu'il espère que ce ne sera rien. J'en prie le bon Dieu de tout mon cceur, et qu'il vous conserve aussi longtemps que je le souhaite.
Louis.
Que je sache de vos nouvelles le plus souvent qu'il se pourra, pour m'ôter de la peine où je suis.
Monceaux, 15 juin 1635.
Mon cousin, j'ai appris par M. Bouthillier comme votre mal avait été heureusement percé, et que vous vous portiez bien à cette heure. Je n'ai pas voulu dcmeu-
Lettre i6.). — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.- J-XXIII.) I. Les Hollandais, malgré leur traité d"alliance, n'avaient pas encore fait avancer leurs troupes de terre ; aussi le roi se hàtait-il d'informer Richelieu de leur premier acte d'hostilité sur mer contre les Espagnols. — 2. Dunkerque, port de Flandre, sur la mer du Nord, chef-lieu d'arrondissement du département du Xord.
Lettre 165. — Archives de Chantilly.
I. Richelieu était fort souffrant, à son château de Rueil. — 2. Bouvard, premier médecin du Roi.
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rer plus longtemps sans m'en envoyer réjouir avec vous, et vous témoigner la joie que j'en ai, priant Dieu qu'il vous conserve et garde aussi longtemps que je le désire.
Loris.
Un gentilhomme français, qui était avec le prince Thomas', lequel est connu de Gordes, arriva hier ici, lequel, sachant la déclaration de la guerre par le héraut La Guitte -, a dit à Gordes qu'il était arrivé audit prince un homme de la part de AL de Savoie nommé Tarter\', lequel apportait toute sorte de contentement audit prince de la part de M. de Savoie, et qu'il devait passer ensuite en Espagne par Dunkerque. Il a dit aussi que ledit prince perdit à cette dernière affaire tout son équipage, et qu'il ne lui resta rien que ce qu'il avait sur le dos et le cheval sur quoi il était.
Monceaux, i6 juin 1635.
Mon cousin, vous saurez par l'abbé de Coursan ' l'état des affaires du côté de AL de La Force': elles sont très bien, grâce au bon Dieu.
.Te ne saurais vous dire quelle joie j'éprouve d'apprendre que vous vous portez de mieux en mieux; Bontemps en a assuré encore ce matin M. Bouvard par une lettre qu'il m'a fait voir. Il ne me reste qu'à prier le bon Dieu de tout mon cœur qu'il vous conserve en santé aussi longtemps que je le désire.
Louis.
Monceaux, 18 juin 1635.
Mon cousin, étant dans l'impatience de vous voir, j'ai résolu d'aller demain à Rueil, où je serai à 2 heures après midi, pour vous témoigner la joie que j'ai de votre meilleure disposition, et vous assurer toujours de la continuation de mon affection, qui durera jusqu'à la mort.
Lettre 166. — Archives de Chantilh-.
I. Le prince Thoinas de Savoie, frère du duc de Savoie, qui commandait les Espagnols à la bataille d'Avein. — 2. Le héraut La Guitte avait été à Bruxelles pour déclarer solennellement la guerre au cardinal Infant, le ig mai 1635.
Lettre 167. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-i'LXXIV.)
I. Bruillart, abbé de Coursan, chargé de mission près du maréchal de la Force. — 2. Commandant Tarmce française en Lorraine avec le cardinal de la Valette.
Lettre 168. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-;LXXV.)
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Finissant cette lettre, je prierai Dieu de tout mon cieur qu'il vous tienne en
sa sainte garde.
Louis.
Knntainobleau ', 22 juin 1635.
Mon cousin, ayant longtemps que je n'ai eu de vos nouvelles, j'envoie ce gentilhomme pour m'en apporter: je l'ai chargé de vous présenter quatre faisandeaux, que mes crécerelles- ont pris cette après-diné : je prie le bon Dieu qu'ils vous fassent autant de bien que le désire celui qui vous les envoie, et qu'il vous redonne la santé telle que vous la souhaite la personne du monde qui vous aime le plus.
Louis.
Chantilly, 27 juin 1635.
Mon cousin, j'ai reçu votre lettre d'aujourd'hui, par laquelle je vois que votre santé va tous les jours de mieux en mieux, de quoi j'ai une extrême joie.
Crouzilie m'ayant dit, l'autre jour, que vous aviez trouvé les faisandeaux bons, je vous en envoie encore quatre par Neuilly, porteur de cette lettre, lequel vous assurera de ma bonne santé. Je finirai celle-ci en priant le bon Dieu de tout mon
C(cur qu'il vous tienne en sa sainte garde.
Louis.
Fontainebleau, 4 juillet 1635.
Mon cousin, voyant comme les troupes diminuent, et que les régiments qui partent du rendez-vous avec mille hommes, n'en ont que 6 ou 700. huit jours après, ce qui est arrivé à ceux de Bellefonds', je vous fais ce mot pour vous dire qu'il faut faire des levées, pour nous rafraîchir, h la fin d'août. Nous ne paierons que la levée davantage^ : si M. de BuUion ' en fait ditUculté, je vous prie emprunter l'argent, et
1. Le château roval de Fontainebleau, où Louis XIII avait l'habitude de passer une partie de létc. — 2. Les crécerelles, oiseaux de proie du genre faucon, étaient employées à voler, c'est-à-dire à chasser au vol les gros oiseaux. Leur dressage est difficile.
Lettre 170. — Archives de Chantilly.
Littre 171. — Archives de Chantilly.
I. Le rétriment de Bellefonds. — 2. Pour augmenter nos effectifs, la levée ne nous coûtera, en plus, que ce temps supplémentaire d'entretien.