‹ Louis XIIIChapitre 83 sur 166 · I. Sans date, probablement de Chantilly · texte numérisé non relu

I. Sans date, probablement de Chantilly

,;6 I.F.TTRES Dr. LOUIS XIII A RICHELIF.U

Je ne sache aucun des officiers des vieux régiments pour les recrues, étant tous ou presque tous allés à leur charge, de peur d'être cassés, et, ceux qui n'y sont allés, se cachant de moi". — Je trouve bon que M. le Prince fasse le régiment de 1500 hommes qu'il demande .

Il est très à propos que -M. de la Meilleraye * mène la noblesse à la façon que me le mandez, puisque M. de Longueville n'y va pas^

J'approuve la proposition de cette nouvelle façon de cavalerie pour servir en Allemagne. Quant au nom qu'on leur doit donner, je suis bien empêché d'en trouver un ; j'v penserai un peu. — Je vous prie que dès qu'il sera venu des nouvelles de Thibaut, de me les faire savoir, pour m'ôter l'inquiétude où je suis de ce combat.

Kéroel a exécuté mon ordre pour le prince de Marcillac ■ et marquis d'Hautefort'; ils sont partis ce matin.

Je vous envoie Ceton auquel j'ai donné ordre de faire le même commandement à ceux qui sont encore à Paris, et aussi d'arrêter Tavannes % qu'on m'a dit être à Paris et le mettre à la Bastille, si vous le jugez ainsi à propos.

Il a pris, cet après-diner, une grosse lièvre à M. Bouthillier. et M. Bouvard dit qu'il est menacé d'une grande maladie. Il a voulu aller à la ^'ictoire, où il est à présent. ^'ous vous pouvez assurer que M. Bouvard en aura eu tout le soin qui se pourra.

Zamet' m'a dit que M. Servien'" lui voulait donner un enfant de- Paris, pour

enseigne; je lui ai commandé de ne pas le prendre et de choisir une personne de

commandement.

Louis.

De ce mémoire écrit, j'ai pensé qu'il est à propos que le chevalier du Guet s'enquiert doucement si ces Messieurs, qui auront reçu le commandement de se

2. Louis XIII avait signé, le 26 juillet, une ordonnance prescrivant à chacun de rejoindre son poste, sous peine d'être cassé.

3. Le prince de Condé avait demandé de lever un régiment pour son fils, le duc d'Enghien, le futur grand Condé, qui n'avait pas encore quatorze ans. — 4. M. de la Meilleraye, gentilhomme normand, nommé marquis de la Meilleraye, en i6g8.

5. M. le duc de Longueville, chargé d'aller quérir la noblesse en Normandie, n'avait montré aucun zèle dans cette mission. — 6. Le prince de Marsillac devint duc de la Rochefoucauld. C'est l'auteur des o Maximes u.

7. Le marquis de Hautefort était le frère de Marie de Hautefort, amie de Louis XIII. — 8. Tavannes n'alla à la Bastille que le 11 septembre, sur le conseil de Richelieu, qui lui fit part de l'intention du roi.

9. Sébastien Zamet, originaire de Lucques, naturalisé français avec ses frères, en 1581, surintendant de la maison de Marie de Médicis, avait eu deux fils : le second, Sébastien, devint évéque de Langres ; Tainé, Jean Zamet, baron de Muret et de Billy, gentilhomme ordinaire de la maison du roi, capitaine et surintendant des bâtiments de Fontainebleau après son père, maître de camp du régiment de Picardie, maréchal de camp, fut blessé d'un coup de canon au siège de Montpellier, le 3 septembre 1822, et mourut le 8 du même mois, laissant un fils : Jean II Zamet, mort à Compiègne, à l'âge de vingt-deux ans, le 16 janvier 1636. — 10. Abel Servien, secrétaire d'Etat de la guerre, depuis 1630. Il fut disgracié en 1636, et mourut en ib.Sq.

retirer chez eux, l'auront exécuté, et en cas qu'ils ne l'aient fait, les faire mettre à la Bastille pour leur apprendre à obéir.

Chantilly, ce i" août 1635.

Je trouve très à propos ce que vous proposez pour Gassion' et Bideran ; je voudrais que nous eussions beaucoup de gens pareils.

Le prince Virtemberg- qui est ici, m'a baillé un mémoire que je vous envoie dans ce paquet : je crois qu'il lui faudrait faire donner quelque chose.

Je suis en grande impatience de savoir la vérité de la dernière nouvelle de ce combat'. Je crois que la nouvelle de Dieppe* se trouvera la plus vraie. M. Bouthillier" se portait mieux hier au soir: mais cette nuit a été très mauvaise, à ce que m'a dit M. Bouvard. Je me réjouis de votre bonne santé, et prie le bon Dieu vous la vouloir conserver aussi longtemps que je la désire.

Louis.

(Eh niaj-g-e.) J'attends le Jeune* avec impatience. M. Bouthillier, qui se porte bien. Dieu merci, me vint ici voir.

Louis.

t'h:mtiUy, 4 ai>i"it 1635.

Il est à propos de changer de la garnison de Nancy les régiments de Saint- Etienne et Brassac, et y en mettre deux autres à la place, parce que ils ont trop de connaissances dans la ville. Bretagne m'a dit qu'il est du tout nécessaire pour maintenir la dite garnison forte de leur faire faire deux prêts de neuf jours chacun par-dessus les huit montres, et que par ce moyen on se sauvera de faire faire 10 montres, et que les soldats seront aussi bien, et qu'il n'y aura que les capitaines et ofliciers qui y perdront. Savoir si, à mesure que les compagnies nouvelles du régiment des gardes arriveront, on les fera loger avec les huit vieilles qui sont ici, et s'ils entreront en garde devant mon logis, parce que celle du chevalier Saint- Lettre i;6. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-^LXXVllI.) I. Gassion avait servi d"abord sous Gustave- Adolphe ; il venait de passer au service de la France, et fut nommé plus tard maréchal. — 2. Le prince de Wurtemberg. 3. Livré en Flandre. — 4. Venue par le port de Dieppe.

5. Claude Bouthillier, surintendant des finances. — 6. Léon Bouthillier, secrétaire d'Etat, fils de Claude.

178 LETTRES DE LOUIS XIII A RICH ELI El'

Simon' est toute prête, et prennent aujourd'huy leurs armes à Pont Sainte- Maxence-. Personne ne sait que je vous écris ceci : c'est pourquoi vous me pouvez mander librement votre avis là-dessus: de quoi je ne parlerai à personne. Si vous n'aviez point affaire du Jeune pour un jour, je serais bien aise de le voir.

Louis.

Chantilly, 5 août 1635.

Nous apprenons bien par Mayolas' comme le duc Charles-, Gallas% et le roi de Hongrie ne sont si forts comme on nous le fait entendre : Mayolas m'a aussi dit que les Hongrois du duc Charles, sur le bruit qui avait couru que je m'avançais vers ce pays, se voulaient tous retirer vers Brisach'. Quand M. Bouthillier le jeune' sera ici, nous en parlerons plus au long.

Louis.

s. 1., 5 août 1635.

C'est une chose étrange de la légèreté des Français. Je crois que le meilleur remède pour faire revenir les officiers à leurs charges est ce que vous proposez ; c'est pourquoi vous ferez faire toutes les expéditions nécessaires là-dessus. Pour ceux qui ont demandé congé, on leur peut donner trois semaines pour revenir, comme vous êtes d'avis.

Si le marquis de La Force' fait le mécontent, M. d'Angoulème étant arrivé là, je lui voudrais permettre de revenir. Je vois aussi le peu d'armes qu'il y a dans notre cavalerie; c'est pourquoi pour faire exemple, et aussi qu'on y gagnera la moitié, ne payer ceux qui n'ont ppint d'armes que comme carabins, et les chefs aussi des compagnies qui n'en ont point du tout.

Lettre i". — Archives de Chantilly.

I. Le chevalier de Saint-Simon, frère de Claude de Rouvrov, nnmnié duc de Saint-Simon le l"' février 1635. Celui-ci avait été autorisé à former un régiment des gardes, dont son frère avait une compagnie. — 2. Pont Sainte-Maxence, sur la rivière d'Oise.

Lettre 178. — Archives de Chantilly.

I. Ma3-olas, lieutenant des gardes de Richelieu. — 2. Le duc Charles IV de Lorraine. 3. Le comte de Gallas, commandant l'armée impériale en Lorraine. — 4. Brisach, ville forte sur le Rhin, en Alsace.

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