‹ Louis XIIIChapitre 86 sur 166 · I. La fête de rAssoraption, le 15 août · texte numérisé non relu

I. La fête de rAssoraption, le 15 août

Lettre 185. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(LXXXIII.)

1. De Chantilly. — 2. D'Argencourt était un ingénieur militaire réputé. Étant protestant, il avait dirigé le siège de Montpellier, en 1622, contre Louis XIII. Il fut fort apprécié de Richelieu, qui le fit passer au service du Roi.

3. Du Chàtelet. ancien avocat général à Reims, envoyé à l'armée de Lorraine pour y remplir les fonctions d'intendant de justice. — 4. Le comte de Boissons et le duc de Longueville.

19 août 1635 '.

Comme je montais à cheval, le comte deTresmes- m'a fait voir une lettre du sieur de Blerencourt, son frère, qui lui écrit qu'un gentilhomme venu de Calais à Péronne l'a assuré que le fort de Schcnck '' avait été repris par les Français, où il y avait eu quatre cents Espagnols de tués et des nôtres que cent cinquante, un capitaine et un enseigne, qui est la confirmation de l'autre nouvelle.

Louis.

20 août 1635 '.

Il ne se peut rien ajouter aux ordres que vous avez donnés pour la Champagne tant à Vaubecourt qu'à Arpajon - ; il ne faut que les faire exécuter promptement.

Vous donnerez les ordres nécessaires au troisième corps, qui doit marcher avec moi, de se rendre à Joinville', au lieu de Langres, où toutes les troupes ont leur rendez-vous.

Se souvenir de mander les 200 gardes du corps, qui sont avec M. de Chaulnes ', parce que, s'ils sont dans le Boulonnais, ils ne pourront plus rattraper.

Le Hallier ' m'a dit qu'il avait visité toutes les pièces de batterie de la citadelle de Metz, et qu'elles étaient toutes éventées: c'est pourquoi, s'il faut faire le siège de Sierck, il en faudra prendre ailleurs. Pour celles de Nancy, elles seront de 40 livres de balles, par conséquent trop difficiles à mener; il faut savoir de bonne heure du lieutenant de l'artillerie où on en pourra prendre aux lieux les plus proches de Metz, et s'il y en a à Moyenvic \ et MarsaP, en état de tirer.

Lettre 186. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(^LXXXIV.)

1. De Chantilly. — 2. René Potier, comte, puis duc et pair de Tresmes, en 1648, commandant de

la compagnie des gardes du corps; mort en 1670.

3. Le fort de Schenck, situé à la séparation du Rhin et du Wahal, avait été pris aux Hollandais

par les Espagnols, le 28 juillet 1635. Comme il empêchait la navigation, Français et Hollandais

essayaient de le reprendre. Mais la nouvelle de ce succès était inexacte, comme le roi l'annonce le

22 août.

Lettre 187. — .\rchives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(LXXX^'.)

I. De Chantilly. — 2. Vaubecourt et Arpajon avaient été chargés de conduire à l'armée de Lorraine les troupes organisées à Chàlons-sur-Marne par M. le comte de Soissons.

3. [oinville en Champagne. — 4. M. de Cadenet, nommé duc de Chaulnes, en 1621.

5. François de l'Hôpital, seigneur du Hallier, d'abord ecclésiastique, puis capitaine des gardes du corps général au service du roi, dont il était fort apprécié, maréchal de France en 1643, gouverneur de Paris en 1649, mort le 20 avril 1660. Louis XIII l'appelle généralement le Hallier, et décline son nom ; « J'ai reçu du Hallier, j'écris au Hallier ». — 6. Places fortes de Lorraine.

i84 LETTRES DE LOUIS XllI A RICHELIEU

Les mineurs liégeois sont avec le cardinal de la ^'alette; c'est pourquoi il faut avertir le petit de Serre, qui est à Paris, de se tenir prêt et de chercher des ouvriers pour les mines.

Je parlerai au marquis de Nesle, s'il vient ainsi que vous me le mandez. Parlez à iM. de BuUion pour envoyer Pons avec moi, pour la montre des nouvelles compagnies des gardes, à mesure qu'ils arriveront.

Launoy m'écrit de Picardie qu'aux gens d'armes de MM. de Chaulnes et de Soyecourt. il n'y a que vingt-neuf maîtres à chaque compagnie.

J'irai coucher mercredi h Livry ', pour me rendre jeudi à Noisy ", h la maison de M. Coulon, à une heure après midi ; vous ferez trouver vos compagnies au bac à Brie, jeudi, à midi, du côté dudit Noisy.

M'""' de Lorraine' se plaint fort du mauvais traitement qu'elle reçoit de M. de BuUion pour la pension ; je lui en ai écrit; vous lui en direz encore un mot.

Louis.

Chantilly, ce 2Z août 1635.

A'ous apprendrez par les dépêches que porte Beaumont, comme le fort de Schenck n'est point pris ni près de l'être, de tout cet hiver. Ce porteur dit que si le prince d'Orange eût voulu, ils eussent battu les ennemis plus de quatre fois depuis la bataille, et que c'est une honte de voir la peur qu'il a de tout.

Je trouve très à propos que mes deux cents gardes demeurent avec M. de Chaulnes, afin qu'il n'ait point d'excuse.

Louis.

Lagn)-', 24 août 1635.

Le premier corps est parti de Chàlons-, hier au soir; il est composé de I 200 gentilshommes de Normandie, 500 de Champagne et Brie, 190 de Niver-

7. Livry et Noisy, à l'est de Paris. —8. Nicole de Lorraine, fille de Henri II, duc de Lorraine, avait épousé le duc Charles. II abdiqua en faveur de son frère, et abandonna Nicole en 1634. Elle vint alors s'installer à Paris, où Louis XIII donna ordre de subvenir à ses besoins.

Lettre 188. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(LXXXVI.)

Lettre 189. — Archives de Chantilly.

I. Lagny, sur la Marne, à 28 kilomètres est de Paris. — 2. Chàlons-sur-Marne. Dans cette lettre comme dans beaucoup d'autres, qui vont suivre, on voit que le roi même, avant d'avoir pris le commandement effectif, communique ;i Richelieu l'ordre de bataille, et les ordres de marche des différents corps d'armée.

nais, loo du Lyonnais, des gendarmes de M. de Longucville, de M. d'Estrée, chevau-légers de Marolies, et plusieurs autres compagnies de cavalerie, que ce porteur ne m'a pu nommer ; outre cela. Arpajon est à Bar avec les dragons de Quinçay, Brulon et Bernicui, qui attend cette noblesse (qui s'y doit rendre samedi;, pour la conduire à .M-M. d'Angoulémc ' et de La Force, suivant nos ordres. J'ai témoigné h ce porteur la satisfaction que j'avais de M. le C;omte',de la promptitude dont il avait usé à exécuter mes ordres. Il m'a assuré que tout cela ensemble fera 5000 chevau.x; je ne crois pas que le duc Charles attende à cette heure, et crois qu'il se retirera à l'arrière de ses troupes.

M""-" de Lorraine se plaint toujours des assignations qu'on lui donne ; j'en ai

écrit encore à AL de Bullion.

Louis.

Monceaux, 25 août 1635.

J'ai VU les nonces, au.xquels j'ai parlé suivant votre mémoire, et encore un peu plus sec sur l'affaire du mariage de mon frère' ; ensuite ils m'ont parlé pour donner réponse à mon ambassadeur sur l'afl'aire de Jérusalem : je leur ai dit que je le ferai.

M. de Tresmes est venu me dire cet après-diner que Bourdonois lui avait dit de me dire qu'un Président de Paris l'avait chargé de me faire savoir que, si je sortais du royaume, je courais fortune de la vie ; il me semble qu'il serait bon que vous envoyassiez quérir Bourdonois, pour savoir de lui, qui est le Président, et parler ensuite au Président pour savoir ce que c'est et éclaircir un peu cette atîaire.

Les nouvelles que vous me mandez d'Allemagne sont très bonnes; je ne parlerai de l'affaire de Pologne à personne '\

]\L de Saint-Luc ■ vient d'arriver pour me parler encore de ce capitaine: je lui répondrai si sec qu'il n'y reviendra plus une autre fois.

Comme je fermais cette lettre, Saint-Simon m'a dit qu'il avait envoyé quérir Bourdonois, et lui avait mandé de venir ici, bien instruit de l'affaire.

Louis.

3. Le duc d'Angoulémc elle marcchal de la Force, commandants de rarméc de Lorraine. — 4. M. le comte de Soissons.

Lettre 190. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-{LXXXVII.)

I. Le mariage de Gaston d"Orléans avec Marguerite de Lorraine, sœur du duc de Lorraine, dont

Louis XIII avak décidé la cassation. — 2. L'affaire de Pologne, ce qui rendait plus libres les troupes

suédoises de leurs mouvements.

3. Louis d'Espinay Saint-Luc, né en 1613, fils du maréchal de Saint-Luc.

l86 LETTRES DE LOUIS XIII A RICHELIEU

Monceaux, 26 août 1635.

Le Hallier est arrivé ce soir, lequel s'en va demain matin; il arrivera vendredi à Joinville, où, étant, il me mandera les troupes qui y seront arrivées, et celles de qui il aura nouvelles. Je ne partirai d'ici que je n'aie de ses nouvelles, afin de ne séjourner pas à Chàlons, et aussi pour être plus proche de vous. Dès aussitôt qu'il y aura mille chevaux ensemble et quatre régiments d'infanterie, je partirai dès le lendemain, et irai jusques à Saint-Dizier, sans séjourner. Je vous envoie une lettre de M. de Baricourt, où vous verrez comme l'affaire de Saint-Mihiel s'est passée. Revenant ce soir de la chasse, le tonnerre est tombé sur le derrière de ma brouette, moi étant dedans, qui la menais. Grâce au bon Dieu, je n'ai point eu de mal ; j'ai senti seulement un peu de chaleur ; il n'y a que Laverdure, mon cocher, qui était derrière où se met le valet, qui a eu un côté de la joue et l'œil du même côté un peu incommodé, et un valet de pied qui avait la main sur la portière, de laquelle il ne se peut aider, ni du bras; l'un de mes chevaux de carrosse a donné du ventre à terre, et tous les chevaux de ceux qui étaient autour de moi en ont fait autant ; cela sentait si mauvais que Kéroel, enseigne de mes gardes, a été contraint de jeter sa casaque, sur laquelle le feu et la fumée avaient passé. Je vous ai voulu donner avis de ceci, afin que vous n'en fussiez point en peine, et que on ne vous fit le mal plus grand qu'il n'est.

J'irai demain à la chasse, dès le point du jour, à cause de la chaleur.

Louis.

Monceaux, 2g août 1635.

Je ne manquerai de parler aux nonces, ainsi que vous me le mandez. J'accordai à Saint-Étienne les supernuméraires du marquis de la Varenne, ne sachant point que vous eussiez dessein de faire ce régiment ; mais, à cette heure, je vous prie de les retenir, et que le dit Saint-Étienne fasse sa compagnie d'autres gens. Nogent sait bien comme il me demanda ce que deviendraient les dits supernuméraires ; je lui dis que, n'en ayant point affaire ailleurs, il valait mieux que Saint-Étienne les eût, que de les laisser retourner au pays. Si le dit Nogent m'eût fait connaître votre dessein, comme (après y avoir pensé) je crois qu'il le savait, je n'eusse eu garde de

Lettre 191. — Archives de Chantilly.

FRANÇOIS DE LHO^'-.4t^

MARÉCHAL DE FRANXE

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